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Le vaccin en connaissance de cause (6) : le coût de la désinformation

Le 28/10/2022 0

Article du 28 octobre 2022

 

La démocratie a besoin d’une population informée. Quand l’information manque, il faut enquêter. C’est ce que va faire la Procureure de l’UE puisque ni Ursula Von der Leyen, ni Pfizer ne veulent donner accès à des informations essentielles sur les contrats passés, sur les négociations.

Le corolaire c’est que l'on cherche partout à débusquer la désinformation. C’est la nouvelle mode. Ma livraison précédente parlait de la loi 2098 prise par la Californie pour empêcher les médecins de tenir des discours non conformes à un certain consensus (mais qui le définit ?) et de l’UE qui liait la désinformation sur le vaccin à des discours anti-occidentaux et anti-UE. Carrément !

À de multiples reprises, j’ai démonté dans ce blog des « informations » journalistiques ou des discours de politiques qui pourraient être aisément qualifiés de « désinformation ». J’ai déjà eu l’occasion mais je vais aujourd’hui mener une réflexion de fond : qu’appelle-t-on désinformation ?

Préambule 1 : Qu’appelle-t-on « désinformation » ? Quel sens vais-je donner ici à ce terme ?

En matière de vaccin comme sur d’autres sujets clivants, chaque camp accuse l’autre de faire de la désinformation. Mais qu’appelle-t-on désinformation ? Chacun d’entre nous a l’expérience de nouvelles qu’il considère comme fausses ou partielles. La loi californienne 2098, objet d’une analyse dans mon précédent article, Le vaccin en connaissance de cause (5) : le coût sociétal d'une médecine sous influence et sous contrôle, distingue deux catégories, « désinformation » et « mauvaise information » :

(2) "Désinformation" signifie une information erronée que le titulaire de licence a délibérément diffusée avec une intention malveillante ou une intention d'induire en erreur.

(4) "Mauvaise information" signifie une fausse information qui est contredite par un consensus scientifique contemporain contraire à la norme de soins.

La distinction que fait ce texte de loi entre deux notions voisines tient à un critère d’intentionnalité, qui me semble bien difficile à mobiliser. La désinformation serait une « mauvaise information » intentionnelle. Les cas où l’on peut prouver l’intentionnalité de l’auteur de l’information sont rares, même si, on va le voir ici, cela peut exister.

Je ne vais globalement pas reprendre cette distinction, insuffisamment opérante en raison de la difficulté à prouver l’intentionnalité, et j’utiliserai le mot « désinformation » pour parler de manière générique d’une information soit « mauvaise » (cf ci-dessus, « fausse ») soit, et c’est mon ajout personnel, « tronquée, trop partielle pour permettre une connaissance et une intelligence de la réalité ». Le point commun à ces deux types d’information est qu’il ne permet pas de se faire une idée correcte de la manière dont s’est déroulé un événement, dont fonctionne un secteur, etc.

Préambule 2 : La désinformation est partout !

Oui ! Partout ! Ne croyez pas que je sois dupe et que ma méfiance vis-à-vis des médias dominants m’empêcherait de voir la poutre de la désinformation dans le camp de ceux qu’on appelle les « antivax » (une dénomination caricaturale qui participe d’une forme de désinformation précisément, que je ne vais pas développer ici mais dont je traite dans mon livre à paraître  - enfin, j’espère !).

Sur les réseaux sociaux, dans ma quête… d’informations, je lis des trucs que je ne relaie jamais parce que je ne peux pas les vérifier et que je me refuse à participer de la désinformation précisément, en vous livrant des informations non recoupées et/ou non sourcées. Ce sont des discours que je vais donc vous balancer ici en vrac et auxquels je n’accorde pour l’heure, faute de faits avérés, aucun crédit : présence de graphène dans le vaccin, vaccin qui entre dans un plan de dépopulation généralisé, personnes vaccinées fonctionnant comme des aimants, personnes vaccinées émettant des signaux Bluetooth. Voilà pour l’essentiel ! Donc, ne pensez pas que je ne voie la désinformation que dans un seul camp : elle est partout !

Pourquoi alors, vais-je m’intéresser ici exclusivement à analyser des exemples tirés de la pensée pro-vaccinale ? Un parti pris personnel dénonçable ? Non, c’est seulement  que ce sont ces informations-là qui ont quasi exclusivement accès aux médias autorisés et que, ce qui m’intéresse, pour le fonctionnement démocratique, ce n’est pas la manière dont délirent des individus qui ont leur chaine Youtube, c’est comment les milieux qui nous gouvernent et les médias « autorisés » peuvent, bien qu’ils s’en défendent, faire de la désinformation (au sens générique défini plus haut : mauvaise information ou information trop partielle). Je développe ce point en préambule 3.

Préambule 3 : Nos attentes ne peuvent pas être les mêmes vis-à-vis de toutes les instances productrices d’information.

En gros, pour le bon fonctionnement de la démocratie, les individus doivent veiller à ce que la presse courante fasse bien son travail, et à ce que les personnes à qui nous déléguons une part de notre citoyenneté (les élus, le gouvernement) ne nous désinforment pas.

Je fais ici une distinction importante entre les médias.

D’un côté les médias « reconnus » (drôle de notion…) : on dira que ce sont ceux qui ont des rédactions, des journalistes. C’est vers eux que se tournent la plupart des gens quand ils cherchent de « l’information » : ne dit-on pas encore qu’on écoute/regarde les « informations » (carrément !) quand on allume ces chaines à certaines heures ? Une expression qui traduit une grande confiance.  

De l’autre, les médias qui sont seulement présents sur les réseaux sociaux, qui sont le fait d’une personne (ou d’un groupe de personnes), dont le discours n’est pas contrôlé et qui n’est pas obligée de répondre à une déontologie journalistique… Personnellement, je suis dans le second camp, par exemple ! Ma parole n’est contrôlée que par moi-même et livrée à votre seul jugement quant à sa pertinence. Si je raconte n’importe quoi, vous pouvez le dire en commentaire et cesser de me lire. Mes garde-fous, ce sont mes sources, qui vous permettent de vérifier. Rien ne dit a priori que ces personnes font de la désinformation. Mais le fait est qu’il n’y a aucun autre contrôle avant publication. C’est un critère qui vaut ce qu’il vaut, très relatif parce que la désinformation est bien présente sur le premier type de médias, mais je n’ai pas trouvé mieux.

Des premiers médias, de ceux qui façonnent l’opinion, qui ont pignon sur rue, qui reçoivent des dizaines voire des centaines de financement public de millions d’euros chaque année, qui ont des prétentions d’objectivité journalistique, les citoyens sont en droit d’attendre plus de respect de « l’information » que des seconds. Des seconds, on se méfie plus facilement.

En contre-point de ce que je viens de dire, cela vaut la peine de visionner ces quelques secondes de vidéo de France Télévision. Les gens des médias « autorisés » ne doutent de rien dans leur volonté d’éduquer aux médias :

Je vais donc me concentrer sur la manière dont les médias officiels et le Pouvoir font de la « désinformation », et exposer les procédés, les moyens, les types de désinformation. Certains leur sont spécifiques, du reste, vous le verrez. En effet, la désinformation sur les réseaux sociaux ne peut pas, vous comprendrez pourquoi à la lecture, user de l’ensemble de ces stratégies.

Pour étudier systématiquement les procédés de désinformation, je distingue deux « producteurs » d’information : « ceux qui détiennent les connaissances d’une part », producteurs d’une information première sur les vaccins en quelque sorte ; ceux qui relaient ces informations, politiques et journalistes, et qui font une information « seconde ». Vous verrez que la distinction n’est pas inappropriée…

Préambule 4 : Toutes les informations sont-elles de même nature au regard de la « désinformation » ?

Ce n’est pas le cas.

Une première catégorie d’informations concerne des faits, observables aisément : le prix d’un vaccin, par exemple. Il est simple de donner l’information, de la cacher, de ne la donner qu’à certains, ou de donner une fausse information sur ce fait.

Une deuxième concerne des informations qui nécessitent le recoupement d’un grand nombre de faits pour savoir si elles sont justes ou fausses. Il en va ainsi de l’efficacité des vaccins. Pour la connaitre réellement, il faut observer les effets du vaccin sur un nombre très important de personnes, et sur différents types d’effets possibles ; il faut aussi observer dans le temps, ce qui n’est pas toujours possible au moment de la vérification. Il faut faire pour cette deuxième catégorie un effort important de construction de l’information, qui rend plus difficile à établir la notion de désinformation. Mais là encore, la nature de l’information concerne des faits, qui sont à collecter, à recouper, à mettre en relation.

Un troisième type d’« informations » ne concerne pas des faits et ne relève pas, selon moi, du même régime de Vérité. Quand Macron dit que le passe sanitaire ne sera jamais utilisé pour entrer au restaurant, cette déclaration ne concerne pas un « fait » vérifiable. Personne ne peut dire sur le moment si l’information est vraie ou fausse. Avec le temps on pourra le faire, en comparant la déclaration aux actes, mais même dans ce cas, on ne peut pas dire que Macron a fait de la désinformation car on peut toujours penser qu’il était sincère au moment de faire cette déclaration, dire que les circonstances ont changé en quelques semaines également. On est dans l’ordre des déclarations politiques. Une part importante des « informations quotidiennes » concerne de telles déclarations politiques. Mais toutes les déclarations des politiques ne sont pas exemptes d’être évaluées en termes d’information/désinformation : quand Jean Castex dit au JT du soir à la France entière qu’avec le vaccin on n’attrape plus le Covid et qu’on ne le transmet plus, il fait comme si, en tant que politique, il avait, lui, des informations avérées sur ce fait et il nous demande de le croire. Or, il ne pouvait pas les avoir – et pour cause : Pfizer n’avait jamais évalué cela - et son discours ce jour-là participait bien de la désinformation. Il s’agit d’un cas de désinformation : il est plus grave quand il émane d’un responsable en charge de la conduite du pays que quand il vient émane d’un journaliste, car le premier a reçu des citoyens une délégation de sa citoyenneté qui devrait, en démocratie, l’obliger à être « vertueux », comme le posait déjà Montesquieu au 18e siècle. Mentir, ce n’est pas être « vertueux ». Et les citoyens perdent alors confiance en leurs élus, qui écornent le système démocratique.

Ces préambules étant posés, je peux étudier les procédés de désinformation.

1. La désinformation par ceux qui « détiennent les informations » : ne pas les donner, entièrement ou partiellement.

De qui est-ce que je parle ici ? Quelles sont ces sources qui « détiendraient les informations ? ». En matière de vaccin, il est faux de dire qu’il y a beaucoup de choses qu’on ne peut pas savoir. Si c’était vraiment le cas, du reste, il faudrait urgemment invoquer le principe de précaution pour tout stopper, non ?

Non, en matière de vaccin, il y a d’abord ceux qui savent de quoi il retourne exactement sur le vaccin : je veux parler des industries qui les fabriquent et qui ont fait les essais cliniques et qui les ont vendus. Eux ont les données exactes, connaissent la composition exacte, savent quelle est l’efficacité réelle, ont en leur possession tous les aspects liés à leur commercialisation. Eux détiennent des vérités et sont en mesure de livrer des informations du premier type que j’évoque ci-dessus… ou de ne pas le faire, on va le voir.

Ensuite, je parle des instituts statistiques nationaux, qui produisent chaque jour chaque semaine, chaque mois, du savoir sur la diffusion du vaccin, sur ses effets du vaccin en termes de santé publique et qui donnent au pouvoir, aux médias et au public des informations du second type que j’évoque et qui sont ensuite utilisées.

Je présente, sans ordre véritable mais avec numérotation, les divers procédés de désinformation utilisés par ces sources d’information.

a. Cacher une information

On a l’information et non seulement on ne la donne pas (désinformation par omission en quelque sorte) mais en plus on la dissimule. C’est le cas de Pfizer, Moderna et de la Commission de l’UE, qui ont signé des contrats dont des pages entières sont noircies.

De sinfo 1

Quels faits cachent ces pages noircies ? BBC Afrique  https://www.bbc.com/afrique/monde-55855150 nous dit :

Outre les prix, les informations sur la production et la logistique, ainsi que les clauses dites de responsabilité, sont souvent tenues secrètes.

Ces clauses prévoient les limites de la responsabilité des laboratoires en cas d'éventuels effets nocifs des médicaments et précisent que tout litige ne sera pas réglé par les tribunaux nationaux, mais par des tribunaux d'arbitrage internationaux spéciaux.

Le problème de cette désinformation étrange, « par dissimulation au grand jour » est qu’elle alimente toutes les désinformations possibles de la part de ceux qui… aimeraient savoir. Tous les discours deviennent possibles, non vérifiables par nature et entrant d’emblée dans la catégorie de la désinformation. Mais s’ils en sont responsables, ils n’en sont pas coupables et c’est le défaut d’information qui engendre donc doublement une désinformation.

b. Donner une partie de l’information

On désinforme parfaitement en n’informant que partiellement.

Lors de l’audition de J. Small par le Parlement européen, le député S. Limmer lui fait remarquer que dans l’information délivrée par Pfizer au moment de négocier les contrats, les résultats des études sur les premiers essais n’ont jamais été donnés et que donc, aucune commission indépendante ne peut pas les vérifier. Partant, sur ce sujet, toutes les informations non vérifiables sont possibles, y compris les plus alarmistes. Il évoque ainsi une étude qui aurait été enterrée par Pfizer sur les femmes enceinte et dit que, dans les médias qui parlent de cette étude, 83 % des femmes ayant reçu le vaccin dans le troisième trimestre auraient perdu leur enfant. Il demande où ces données sont disponibles. Il ne reçoit pas de réponse.

c. Cesser de produire des statistiques quand elles deviennent défavorables

C’est le rôle des divisions statistiques des États qui est ici questionné. C’est important d’informer les populations, en effet. Cela donne la juste mesure quantitative de la réalité sanitaire.

Jusqu’en juin 2022, pour prouver l’impact positif de la vaccination, on précisait le statut des gens à l’hôpital, en soins intensifs, décédés : non vaccinés, 1 dose, 2 doses, 3 doses. Mais les chiffres donnés commencèrent à montrer le non-effet du vaccin, et même parfois un « avantage négatif » : à les lire, on se dit qu’on va plus en soins intensifs, qu’on meurt plus vacciné que non-vacciné. C’est le moment que choisit la DREES pour littéralement désinformer, ne plus livrer l’information. Je ne refais pas l’analyse, elle est ici :

On casse le thermomètre : la France arrête de compter les non-vaccinés parmi les cas de Covid !

Pourquoi effacer des statistiques le statut vaccinal des hospitalisés ? Au tour du Québec !

Mais comme internet a de la mémoire, le site VaxImpact avait encore en ligne lors de la rédaction de ces lignes les 3 graphiques suivants, les derniers publiés, le 19 juillet 2022.

 

De sinfo 3

 

De sinfo 2

No (more) comment !

d. Laisser dire quand on pourrait/devrait démentir

Pfizer sait depuis le début que son vaccin n’a pas été testé sur la transmission. Pendant des mois, les médecins de plateau disent le contraire, et les gouvernements mettent en place des passes sanitaire et vaccinaux sur la base de la croyance dans le fait que le vaccin empêche la transmission. Pfizer, qui sait que ce n’est pas le cas, ne dit rien. On peut penser que ce fait capital est bel et bien dans les parties noircies des contrats. L’UE doit donc le savoir aussi. Ni Pfizer ni la Commission ne démentent. On laisse dire des contre-vérités, on laisse la désinformation opérer, on laisse mettre en place des dispositifs coercitifs et discriminatoires. Il faut une question posée de face à une responsable, mal préparée sur ce thème sans doute, insuffisamment briefée, pour que l’info essentielle soit lâchée. On verra plus loin comment, dans la mécanique de désinformation, Libération essaie de la minimiser J. Autre stratégie.

e. Délivrer – sciemment ou pas ? - une fausse information

On peut toujours faire crédit à l’institution (c’est même la chose à faire en première intention) et dire qu’au moment où elle délivre une mauvaise information, elle peut penser que celle-ci est vraie. Mais faire ce crédit est parfois un peu difficile et il est possible que les institutions délivrent parfois sciemment de fausses informations (répondre à « pourquoi ? », c’est prendre le risque d’être taxé de complotisme). Il me semble que c’est le cas avec l’exemple suivant :

L’OMS dit qu’il faut absolument vacciner l’Afrique au risque que l’épidémie ne reparte en force de là-bas.

https://www.tf1info.fr/sante/covid-19-epidemie-le-virus-pourrait-revenir-en-force-a-cause-de-la-faible-vaccination-en-afrique-avertit-l-oms-2236065.html

"La fin de la pandémie de Covid-19 est à portée de main, mais tant que l'Afrique sera loin derrière le reste du monde pour atteindre une protection globale, il y aura une faille que le virus pourra exploiter dangereusement pour revenir en force", met en garde Matshidiso Moeti, directrice régionale de l'OMS.

Voilà bien une « vraie » fausse information en ce qu’elle contrevient à l’état des connaissances solidement établies maintenant, et ce sur plusieurs points :

  • d’abord, elle fait comme si, encore une fois, vacciner allait stopper la transmission du virus, ce qui est une erreur avérée. Vacciner les Africains ne va donc servir à rien pour éliminer le réservoir de virus.
  • elle passe sous silence le très grand nombre d’espèces animales qui sont des vecteurs potentiels du Covid : pas que les visons mais les animaux domestiques, chiens et chats… Il faut tous les vacciner aussi ?
  • ensuite, elle inverse la réalité :  dans la plupart de ces pays africains, le Covid est terminé, en termes sinon de circulation du moins de décès, et c’est dans les pays les plus vaccinés que l’épidémie est la plus active. Voici rassemblées sur une seule figure les courbes de décès de 5 pays https://boogheta.github.io/coronavirus-countries/#deceased&places=Ethiopia,France,Germany,Kenya,Morocco&alignTo=deceased&zoom=492,1

  • Une image contenant texte, équipement électronique, capture d’écran, ordinateur

Description générée automatiquement

Depuis mai 2021, les courbes de décès en Allemagne et France continuent de croitre– dans les trois pays d’Afrique les courbes sont plates depuis le dernier trimestre 2021. Plus du tout de décès. Bientôt un an que cela dure.

Autre graphique, cas et décès en Afrique, tiré du John Hopkins InstituteDe sin 4

Le continent étant peu vacciné et sans gestes barrières pour l’essentiel, les pics sont dus à la dynamique des variants. Eté 21, c’est Delta ; Début 22, c’est Omicron. Avec Omicron on voir le décrochage entre nombre de cas et nombre de morts, alors que les deux courbes sont semblables pour Delta. Omicron est clairement moins grave. Depuis, début 22, sans relance de vaccination, sans confinements, sans gestes barrières, l’épidémie s’éteint doucement. Par dynamique propre des virus.

Et l’OMS nous dit que c’est d’Afrique que l’épidémie pourrait repartir ? Et qu’il faut vacciner le continent ?

Ce n’est pas sérieux, et c’est peut-être mal intentionné. « L’Afrique, ce repère de maladies bizarres » : on alimente les pires stéréotypes par cette désinformation… L’Afrique, un marché à conquérir pour Pfizer et consorts – the last frontier… : l’OMS servirait-il de représentant de commerce.

2. La désinformation par ceux qui créent l’opinion

Je vais à présent m’intéresser à ceux qui ne détiennent pas l’information, en ce sens qu’ils ne produisent pas de faits ou de données sur le vaccin, mais à ceux dont le métier est de rendre disponibles ces faits à la population : les politiques d’un côté, les médias et les journalistes de l’autre. J’ai déjà traité en préambule 3 de la plus grande exigence que l’on peut manifester à l’égard des premiers, je n’y reviens pas.

a. Empêcher l’accès à l’information

Les GAFA ont une part importante de responsabilité dans ce mode de désinformation, par la censure sur les contenus qu’ils ont mise en place à l’occasion du Covid

Video Praud

À partir de 2’12, on peut voir le rédacteur en chef de Valeurs actuelles dire qu‘à la suite d’une interview de C. Perronne, l’émission à d’abord été retirée de YouTube, puis la chaine carrément interdite une semaine parce que, dans les conditions générales de Youtube, on ne pouvait pas dire que le vaccin n’empêchait pas la transmission… ce qui aujourd’hui est pourtant un fait avéré. Le Tube se place en situation de contrôler le contenu donc. Il se mêle de dire où est le Vrai…

Dans le même extrait, le rédacteur raconte qu’au début, C. Perronne était invité sur tous les plateaux, dont il était un habitué en tant que l’un des principaux responsables de la vaccination. Il dit qu’il en a été banni quand les rédactions se sont aperçues qu’il avait des doutes et qu’il les partageait. C. Perronne lui-même raconte cette censure, amusé, dans une vidéo que j’avais analysée… je ne sais plus où ! (désolé pour le manque d’information…)

PS : Petite anecdote, la vidéo de E. Martichoux où les images qu’elle présente à l’Ambassadeur de Russie pour lui montrer un charnier alors que ce sont des croix en bonne et due forme et des tombes respectueuses, vidéo que j’analysais dans Stratégie du choc et propagande (épilogue) : il faut sauver le soldat Biden ! a été désactivée par LCI… Il a fallu que je la retrouve ailleurs, et que je donne un nouveau lien. J’ai laissé l’écran noir en guise de témoignage J

b. Noyer sous les infos contradictoires

C’est une technique qui marche bien pour désinformer. Vous donnez une foule d’informations que les personnes ne peuvent pas assimiler. Au début du Covid, il en a été ainsi pour… presque tout ! En effet tout était nouveau. Mais cela ne participait pas d’une désinformation, c’était, pourrait-on dire, de l’éducation populaire pour faire découvrir la notion d’incidence, de R0, etc. Mais bon, trop d’infos peut tuer l’info. On va le voir ici avec un article du 15 octobre 2022 sur les variants à surveiller de près selon le nouveau Conseil scientifique, le dénommé Covars…

https://www.lindependant.fr/2022/10/15/covid-les-nouveaux-sous-variants-domicron-basilic-griffon-ou-cerbere-en-font-une-des-maladies-a-la-propagation-la-plus-rapide-de-lhistoire-10738322.php

Les nouveaux sous-variants d'Omicron se propagent à une vitesse vertigineuse.

BQ.1.1 , BQ.1, BQ.1.3, BA.2.3.20 et XBB, les nouvelles mutations des sous-variants d'Omicron se multiplient et étonnent les chercheurs par leur capacité de propagation.

A lire aussi : Covid - 8eme vague : quel est ce nouveau variant XBB, ressemblant au SRAS, qui inquiète les scientifiques ?

À côté des variants BQ (listés ci-dessus), BA.2.75.2 et BF.7 semblent pour l'instant les plus préoccupants, selon des données britanniques révélées le 7 octobre dernier.

Certaines de ces souches mutées ont acquis à la fois une capacité frappante à échapper aux anticorps, y compris ceux développés pour traiter le Covid, ainsi qu'une capacité accrue à infecter les cellules respiratoires humaines, les rendant plus aptes à se propager d'une personne à l'autre.

Le lecteur croule sous des informations certes « vraies » mais à la fois trop nombreuses, trop éloignées de ses connaissances et trop parcellaires pour qu’il puisse les intégrer et en faire quelque chose. Il va en garder une impression générale, celle du paragraphe final, relativement inquiétant. La suite de l’article parle des surnoms donnés par les scientifiques : Cerbère, Griffon, Centaure… Diable !!!!

Une variante de cette technique est celle dans laquelle le public est pris dans une abondance d’informations contradictoires : « Le vaccin protège un peu, non beaucoup, peut-être mais pas longtemps, 6 mois, non 4, non jusqu’à un an chez certains ». L’attitude face à ce genre d’informations « provisoires » et contradictoires est un abandon de volonté de compréhension et d’exercice de la pensée critique : « je ferai ce qu’on me dira » est en général l’attitude commune, bien compréhensible. Mais elle participe de la manipulation des masses.

c. Donner une partie seulement de l’information et empêcher la compréhension

Un premier exemple simple avec le fait que des journaux continuent à donner parfois le chiffre quotidien des morts du/avec le Covid : actuellement, on a environ 70 personnes par jour. « C’est énorme », pourra-t-on dire, et on parlera alors de 8e vague !

Mais, si l’on donne une information complémentaire, le fait qu’on a eu en mars jusqu’à 525 morts le 7 avril 2020, l’information prend un tout autre sens. On est en fait dans une phase très basse, relativement, historiquement.

Et si l’on rapporte ces 70 personnes à une autre information, les 1600 qui meurent chaque jour, ce chiffre a une autre signification : 2,2 % des décès quotidiens sont en lien avec le Covid. C’est finalement très peu : une tout autre image, donc.

Et si l’on complète encore en disant combien de ces 70 personnes avaient en même temps une autre maladie, deux autres maladies, trois autres, on construit encore une autre information à partir du même chiffre. L’Institut italien de la santé avait fait ce travail en 2021 : moins de 4 % des décès comptabilisés « Covid » sur une année concernaient des gens qui ne souffraient que de cela. Dans notre cas, on aurait 3 personnes par jour, en fait.

Et encore faudrait-il alors croiser avec l’âge. En moyenne, au-dessus de 80 ans…

Que reste-t-il de l’information donnée par notre chiffre brut ? Information ou désinformation ?

Très vite, toujours sur le même procédé, mais à propos du vaccin pour les 6 mois à 5 ans qui vient d’être approuvé par l’EMA.

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/covid-19-le-regulateur-europeen-approuve-l-utilisation-des-vaccins-pfizer-et-moderna-des-l-age-de-six-mois_5427763.html

On lit « l’information » suivante :

Le comité des médicaments à usage humain (CHMP) a conclu que "les bénéfices de Comirnaty et de Spikevax chez les enfants âgés de 6 mois à 4 et 5 ans, respectivement, l'emportent sur les risques", soulignant que les effets secondaires sont généralement légers ou modérés et améliorés quelques jours après la vaccination.

On relit ? Il y aurait un rapport dit positif en termes de bénéfices-risques. Les risques en question sont évidemment ceux du très court terme, vu que personne n’a pu évaluer et pour cause les effets sur dix ans… Quant aux bénéfices, il aurait été intéressant que l’article nous les donne. Une information intéressante, non ? Voici le sous-titre possible : « Quels sont les bénéfices du vaccin chez des enfants qui font en majorité des formes asymptomatiques ? » J’attends le développement. France Info ne m’a pas permis de savoir en tout cas. Je dois « faire confiance ».

d. Déformer la réalité en utilisant abusivement les mots, ce qui crée de la confusion

Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde.

(Albert Camus… qui ne l’a peut-être jamais dite, cette phrase, mais elle est bien venue !)

De quoi s'agit-il ici ? De désinformer en faisant un mésusage du lexique... Détourner le sens commun des mots. Exemple :

https://www.capital.fr/economie-politique/covid-19-vers-un-retour-du-masque-dans-les-lieux-clos-50025

Alors que, depuis la rentrée, la 8e vague de Covid-19 déferle sur tout le territoire, le masque pourrait bien faire son retour dans les transports et les lieux clos. C'est en tout cas la préconisation que vient de rendre le Covars, le Comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires, qui a succédé au Conseil scientifique, dans un avis publié lundi 24 octobre et relayé par BFMTV.

C’est quoi la 8e "vague" ? Voici le site Covid Tracker du 27 octobre. Ce jour-là, tous les autres indicateurs (nombre de cas, hospitalisations, soins intensifs) sont déjà en reflux depuis 4 jours.

Une image contenant texte, navire de navigation

Description générée automatiquement

Comparez les pics. Utiliser le même mot de « vague » pour parler d’avril 20 et d’octobre ou de juillet 2022, est-ce « informer » ou empêcher la compréhension du vécu et désinformer ?

Autre exemple, avec le mot « recul », utilisé par O. Véran lors d’un rendez-vous avec des étudiants, le 9 juillet 2021. https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/vous-avez-passe-une-annee-pourrie-non-olivier-veran-a-la-conquete-des-jeunes_472315

Il leur disait, texto :

On n'a jamais eu autant de recul sur un vaccin que sur celui-ci"

Pour rappel, avant les vaccins ARN messager, on attendait entre dix et quinze ans pour autoriser un vaccin, là c’est deux mois. Dans quelle situation peut-on parler de « recul ? ». Pour les dix ans de la situation classique ou pour les deux mois du vaccin Covid ?

Comme les gens avaient du mal à comprendre l’emploi ministériel du mot « recul », lors de l’émission Punchline le 14/07/2021,

https://www.dailymotion.com/video/x82oybo

Le médecin généraliste et président de l’Union Française des Médecins Libéraux, Jérôme Marty, est revenu sur les doutes face au vaccin :

On n’a jamais eu autant de recul sur un vaccin que sur celui-là […] Il y a trois milliards de personnes vaccinées sur la Terre, ce qui donne un recul extrêmement important sur les effets secondaires éventuels de ce vaccin.

Marty fait de l’exégèse ministérielle : mais... confond-il vraiment « recul » et « taille de l’expérimentation » ? J’ai du mal à y croire… Ou fait-il seulement semblant pour sauver le soldat Véran et « ajouter au malheur du monde » ?

e. Relayer une information sans la vérifier

Le cas le plus simple est celui de tous ces journalistes ou chanteurs, etc. qui pendant des mois ont dit que le vaccin protégeait de la maladie, empêchait la transmission, etc. Ils n’en savaient rien. Ils auraient pu/dû vérifier et, à défaut de certitude, tenir un discours modéré. Ils ne l’ont pas fait. Faute de vérification, on a eu de la désinformation.

Et que fait TF1 pour l’information donnée par l’OMS sur la nécessité de vacciner l’Afrique pour éviter une reprise épidémique ? Il colporte une information fausse, ce qui est vérifiable en trois points, sans jamais la vérifier. Cela m’a pourtant pris cinq minutes.

L’information qu’ils donnent, c’est « L’OMS a dit que… ». L’information qu’ils auraient dû donner, c’était « L’OMS a dit que…, mais en fait c’est faux ». C’est trop demander à un grand média toujours prompt à débusquer les mauvaises informations ?

f. Utiliser le fact-chek pour… déformer la réalité.

Quand Rob Roos, le soir de l’audition de Pfizer par la commission du parlement (voir Le vaccin en connaissance de cause (4) : les aspects politiques – Analyse du rôle de la Commission européenne) dit qu’il a en direct recueilli une nouvelle qui fera date, le fait que Pfizer reconnait n’avoir jamais testé la possibilité pour les vaccinés de transmettre le virus, Libération se sent sans doute obligé d’atténuer la nouvelle et de dire qu’en fait, rien de nouveau sous le soleil ! C’était déjà un fait bien connu de tous ! Sérieux, les gars : vous vous étouffez pas en écrivant cela, après avoir soutenu mordicus l’utilité du passe sanitaire et vaccinal dont ce point était la seule justification ? Non : s’ils s’étouffaient, ils ne pourraient écrire ce titre de CheckNews du 13 octobre : « Covid : Pfizer a-t-il «révélé» que l’effet du vaccin sur la transmission n’avait pas été évalué avant sa mise sur le marché ? »

Ben non ! Pour eux, R. Roos n’a en fait rien « révélé » du tout, puisque le fait était déjà connu de tous. La preuve ? Ils avaient déjà écrit sur cela. Mais observons dans le détail comment, en prétendant débusquer une désinformation, ils en construisent bel et bien une.

https://www.liberation.fr/checknews/covid-pfizer-a-t-il-revele-que-leffet-du-vaccin-sur-la-transmission-navait-pas-ete-evalue-avant-sa-mise-sur-le-marche-20221013_WBRVSCEEEZCWJI36B6LOQWXQSI/

Premier article pour apporter de l’eau à leur moulin, il date d’avant la campagne de vaccination :

«Être vacciné n’empêche pas nécessairement de transmettre le virus», écrivions-nous le 4 décembre 2020.

Puis un deuxième en janvier 2021 :

« Un mois après l’autorisation de mise sur le marché des premiers vaccins anti-Covid, un autre de nos articles s’ouvrait sur ce constat : «Efficaces pour protéger de la maladie, on ignore si les vaccins empêchent totalement le développement du virus dans le nez ou la gorge, et donc leur effet sur la transmission du virus à autrui.»

Le troisième article convoqué se termine par … une mauvaise information ! Pas d’autre mot. Ou alors celui de « contre-vérité », comme disait Georges Marchais. Oui, je suis vieux, je sais !

En juin de la même année, nous revenions également sur cette question, constatant que plusieurs études récentes étaient (enfin !) «venues illustrer de manière convaincante l’existence, pour les vaccinés, d’une baisse mesurable du risque de formes asymptomatiques, ainsi que du risque de transmission du virus vers autrui.» Un constat remis en question avec l’émergence de certains variants fin 2021.

On fait comme si, jusqu’aux nouveaux variants, fin 2021, le vaccin avait réellement protégé de la transmission en suggérant sinon une protection, du moins une baisse. Mais baisse n’est pas empêchement, d’une part. Ensuite, relisez : le vaccin permettrait une "baisse mesurable du risque de formes asymptomatiques"... Euh... ça vuet dure quoi au juste ? C'est ce gain qui justifie le "enfin !" de Libé ? Mais il n'y a là aucun bénéfice ! Faute de frappe ? D’autre part, rien n’est jamais venu étayer cette thèse de la baisse de transmission. Et enfin, les nouveaux variants n’ont en rien « remis en question » l’efficacité de la lutte contre la transmission. Hors-sujet.

Et surtout Libération n’arrive à se justifier qu’en citant trois articles (dont deux très précoces : décembre 2020  et janvier 21) mais il ne dit rien de la somme des articles dans lesquels il a entonné le discours de l’efficacité contre la transmission. Désinformation par omission ?

Et enfin, Libération ne dit rien de la vraie information que rapporte R. Roos, celle du fait que Pfizer ne s’était tout simplement pas intéressé du tout à cette question, pourtant cruciale pour l’acheteur UE avant de passer des milliards d’euros de contrat et de dire « tous vaccinés, tous protégés ! ».

Libération noie le propos du député sous des contre-discours qui finissent par faire oublier ce que dit réellement Roos. C’est bien le fact-checking !

De sinfo 5Dessin offert en hommage à nos deux journalistes de France 2 qui pensent faire de l'éducation à l'information...

"La boucle est bouclée"

 

g. Utiliser les paroles « autorisées » de personnes… incompétentes sur le sujet

C’est un vrai mécanisme de désinformation, celui-ci, et de masse, quotidien, invisible.

On fait parler un chanteur célèbre qui va donner son avis pro-vaccin, un acteur qui va vomir les non-vaccinés, un influenceur de chez Hanouna. Evidemment, ils n’y connaissent rien de rien, mais la somme de leurs discours finit par constituer une symphonie qui donne l’impression que ce qui est répété est la vérité. Mais une fausseté répétée à l’envie par des dizaines de gens qui n’y connaissent rien ne devient pas une vérité. Elle devient au mieux une doxa, qui couvre la parole du rare invité de plateau qui sait de quoi il parle, mais dont la parole a soudain l’air si dissonante qu’elle en devient peu crédible. Oui, ce mécanisme n’est pas de l’ordre de la production de savoirs, mais de l’ordre du credo, de l’acte de foi répété. Et de l’acte de foi (auto da fé, originellement, en portugais) à l’autodafé, il n’y a malheureusement que l’espace qui sépare les trois mots, autant dire presque rien.

Plus l’invité est aimé du public, plus on a envie de le croire, « Tu vois, même Patrick Bruel dit qu’il faut se faire vacciner, alors… Hein ? ». « Alors, quoi ? » suis-je tenté de me répondre à moi-même (je suis facétieux à mes heures)… Et plus il est « scientifique », plus sa parole aura de poids. Fût-il scientifique dans un domaine qui n’a rien à voir avec la vaccinologie ou la virologie. Les autres cas de chanteurs et acteurs et influenceurs parlant de ce qu’ils ignorent étant évidents, c’est ce dernier que je vais illustrer. Attention, c’est rapide !

Le lendemain du jour où il a reçu un Prix Nobel de Physique, Albert Aspect, est invité de la Matinale de France Inter. Super ! Bon il est dans la tranche de 7h50. Il n’a que 8 minutes pour nous expliquer la physique quantique, le fait qu’un chat peut être mort et griffant… euh et vivant… à la fois, en même temps. C’est peu, oui… Eh bien figurez-vous que dans ce temps si court, Léa Salamé trouve le moyen de lui tendre la perche pour parler de tout autre chose :

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-mercredi-05-octobre-2022-9402411

Extrait (6’52)

Léa Salamé : Qu’est-ce que vous pensez des remises en cause de la science ? On l’a beaucoup vu pendant le Covid, la montée des thèses complotistes. Comment un scientifique comme vous l’a vécue ?

Albert Aspect : Je suis atterré. Atterré. Et je suis surtout atterré quand des gens qui sont des grands scientifiques, pour ne pas le nommer le professeur de Marseille, euh qui ont été de grands scientifiques, d’un seul coup… versent… je comprends pas psychologiquement ce qui se passe.

Voilà. Moi, c’est cet extrait qui me laisse songeur. D. Raoult est, mais sans aucun argument, renvoyé par un scientifique auréolé dans le rang des complotistes. Raoult a enregistré des heures et des heures de vidéos pour expliquer, à partir d’études, l’existence des variants et dire que ce n’était pas la même épidémie qui reprenait… à une époque où les médecins de plateau se moquaient de lui (pour eux, il n’y avait pas de variants) ; il a été un des premiers à dire qu’il fallait séquencer le virus systématiquement pour comprendre l’épidémie ; quand les vaccins sont arrivés, il a dit qu’il fallait vacciner les personnes à risques, les soignants. Il n’a pas bougé depuis. Il a fait des dizaines de vidéos pour suivre les différents variants. Quel complotisme chez lui ? Il a dit assez tôt que l’efficacité en population du vaccin était de 40 à 50 % contre le formes graves et pas à 95 % comme annoncé par le fabricant… Complotisme, le fait de donner ces faits ?

Son péché originel a été de dire que le Covid pouvait se soigner (ce qui est une évidence, les antiviraux classiques, certains antibiotiques fonctionnent !) quand toute l’UE s’engageait dans la seule voie de la vaccination. Il ne fallait visiblement pas suivre une autre voie ! Pas complotiste, mais pas non plus aveugle, mais vérifiant expérimentalement les données ; c’est tout ! Ne pas être dans le courant, est-ce être complotiste ? Le Conseil de l’ordre vient de reconnaître que Perronne ne l’était pas… Mais c’était quelques jours après l’émission de Léa Salamé. Et Raoult ne l'est pas plus : on peut contester l'efficacité de l'hydroxychloroquine mais c'est le seul point de son discours qui focalise depuis le début l'attention, car il n'a jamais tenu de propos antivaccin de principe. Il faut alors s'interroger de la manière suivante : pourquoi prétendre que l'on peut soigner le Covid est-il donc criticable ? Mon hypothèse, c'est que si c'est le cas, c'est un pilier de la machine polticio-économique qui a conduit à 72 milliards d'achats de vaccin qui s'effondre. Le Covid ne devait pas être curable... Hypothèse personnelle.

Ce qui moi « m’atterre » dans cette émission, c’est :

  • Qu’un physicien, fût-il Prix Nobel, accepte de sortir de son champ pour parler de virologie et condamner un virologue ;
  • Qu’un scientifique prononce une condamnation sans faits précis. Calomnie. Procès en sorcellerie. Désinformation.
  • Que la condamnation se fasse sans appel, par contumace, à une heure de grande écoute, sur une chaîne de service public. Petit lynchage médiatique quotidien.

 

Conclusion

Le coût sociétal de la désinformation sur le Covid et les vaccins est immense : elle a permis de faire une campagne de vaccination dans des conditions jamais vues, avec si peu de précautions prises, et à des coûts jamais vus non plus au regard des bénéfices réels.  

La désinformation est-elle particulièrement importante sur ce sujet ? Ou est-ce une illusion d’optique parce que je m’intéresse de près à ce sujet en raison de son importance politique, économique, sociale ? J’espère qu’elle est plus importante pour le vaccin que pour le reste, sinon c’est à désespérer !

J’ai la faiblesse de penser que l’importance de la désinformation sur le vaccin tient au fait que depuis le début de cette crise s’est instauré un narratif d’ensemble qui tient comme un édifice qui s’effondrerait, si un ou deux des piliers tombaient. Ce narratif est résumable en une série d’assertions dont chacune est discutable, et de plus en plus me semble-t-il, et qu’il importe de soutenir (pour des raisons politiques : le Pouvoir a en leur nom pris tellement de mesures d’exception ; pour des raisons économiques : le Pouvoir a dépensé tellement d’argent en vaccins et tests) pour ne pas ouvrir une crise majeure.

Le narratif pourrait être intitulé ainsi : « Face au danger mortel du Covid, une seule solution : le vaccin ». Voici les assertions à soutenir, fût-ce au prix de désinformations :

  • La maladie est extrêmement grave
  • Elle menace tout le monde, y compris les enfants
  • Elle est incontrôlable
  • Il n’existe aucun traitement efficace
  • Le vaccin est la seule solution
  • Le vaccin peut en finir avec le Covid
  • Le vaccin est totalement sûr et n’a pas d’effets indésirables
  • Le vaccin est très efficace pour lutter contre la contamination
  • Le vaccin est très efficace pour lutter contre la transmission
  • Le vaccin est très efficace pour lutter contre les formes graves

Pour maintenir ce narratif à flot, politiciens et médias mainstream doivent faire des prouesses. Sur chacun de ces points se mettent en place régulièrement des mécanismes de désinformation. Ne pas donner les bonnes informations, marteler les mêmes idées creuses et fausses (le vaccin protège des formes graves à 95%, c’est Pfizer qui l’a dit) en pensant que leur répétition suffit à les transformer en vérités.

Le vaccin oblige les médias à des contorsions qui achèvent de les décrédibiliser et ceci est un coût sociétal énorme, car les démocraties ont besoin de médias qui font leur travail. Le Peuple doit pouvoir analyser son présent et décider de son avenir en connaissance de cause, faute de quoi il est manipulé, livré à toutes les dérives. La désinformation par le Pouvoir et les médias entraine une perte de confiance et les gens, désorientés, se tournent vers des discours alternatifs et se livrent, parfois aveuglément, à d’autres désinformations.

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