Dissonnance cognitive et double pensée

Le 13/11/2022 0

Article du 13 novembre 2022

 

Ma réflexion du jour part de personnes que je peux rencontrer dans mes amis, mes connaissances : celles qui continuent à se faire vacciner contre le Covid, pour la quatrième voire la cinquième fois en un an et demi (c’est là un comportement observable révélateur d’une croyance). Fondamentalement, je m'intéresse à la nature et au poids de nos croyances dans nos comportements, nos décisions. Je vais traiter du Covid pour ma démonstration, parce que c'est la question qui nous amène à devoir actuellement faire des choix, mais je pourrais aussi bien parler des USA et de leur rôle dans la crise ukrainienne, que nous ne voulons pas voir autrement que sous la représentation sociale du « les USA sont les alliés de l’Europe, ils sont là pour nous sauver » alors que l’Histoire récente et les événements actuels regorgent de contre-exemples ? Ce sera peut-être une future livraison, mais des éléments sont déjà présents dans « Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles » (Paul Valéry).

Je ne m'interroge pas sur les raisons qui ont poussé des personnes à se faire vacciner en janvier 2021 et dans le courant de cette année-là, car le système de représentations sociales que je vais exposer y conduisait logiquement. Je m'intéresse au fait qu'un nombre non négligeable de personnes continue à se faire vacciner aujourd'hui et que, donc, c'est le signe que leur système de croyance sur le vaccin et sur le Covid n'a pas changé en un an et demi. Pourquoi est-ce je que devrais m’étonner que ces personnes ne changent pas de système de croyance ? Tout simplement parce qu’il y a des connaissances nouvelles apparues pendant cette période, des faits précis avérés qui pourraient agir dans ce sens ; et parce que, malgré l'existence de ces faits et, pour la plupart des gens, la connaissance de leur existence, ces personnes ne changent pas d'avis ni de comportement. Je vais essayer d’expliquer pourquoi, en recourant à des concepts de psychologie sociale, d’abord à celui de représentation sociale (et de noyau central de la représentation), ensuite à celui de dissonance cognitive ; puis je verrai quels comportements cela engendre, rejoignant les intuitions littéraires visionnaires d’Orwell dans 1984 quand il parlait de "double pensée".

Avant de me livrer à cet exercice, je précise que je suis comme tout le monde pris dans un système de croyances, que j’expliciterai le temps venu. Et que j’essaie de ne pas fermer mes écoutilles à des nouvelles qui pourraient m’amener à les faire évoluer dans un sens favorable à la vaccination. Pour l’instant, ni l’actualité sanitaire ni l'actualité politique (le secret bien gardé sur les négociations qui ont amené au contrat UE-Pfizer) ne me semblent aller dans ce sens. Mais si vous, lecteurs et lectrices, avez pareilles données, partagez : la fonction Commentaires est là pour ça.

1. Force des représentations sociales et de leur noyau central

Nous fonctionnons tous et toutes à l’aide de représentations, d’images toutes prêtes des différents éléments de notre réalité sociale et ces images sont forgées par nos expériences de la vie en société. Chacun d’entre nous ne les crée pas intégralement, mais il en hérite largement au travers d’institutions (l’école dont la mission même est de les transmettre, à côté de savoirs disciplinaires, pour assurer la cohésion sociale), de médias (écrits, audiovisuels), d’expressions littéraires et artistiques. Ces représentations sont très partagées. On a des représentations sociales de tout un tas de choses : les Parisiens, les Marseillais, la retraite, les syndicats… Moi, dans mon métier, je m’intéresse aux représentations sociales des langues, de la langue française notamment : précise, élégante, difficile, langue de la France, etc… Pensez à une de ces réalités mentionnées plus haut, à ces Parisiens ou ces Marseillais, fermez les yeux et voyez les images qui vous arrivent tout de suite, spontanément : trois, quatre, cinq… Eh bien, leur ensemble compose la représentation sociale de cet objet. Il y a là dedans beaucoup de place pour des stéréotypes, bien sûr : les représentations sociales, c’est du prêt à penser, du déjà prêt à l’emploi. C’est pratique, c’est rapide, ça aide tout de suite à se faire une opinion dans une situation nouvelle et ça permet de se comprendre sans avoir toujours à tout expliquer : « Tu m’as compris… (clin d’œil) ».

Parmi toutes ces images, il y en a toutefois qui sont plus importantes que d’autres : des collègues de psychologie sociale d'Aix-Marseille (P. Moliner notamment) avaient essayé de voir quelles images étaient indissociablement liées à la représentation d'une réalité sociale, l’entreprise. Ils interrogeaient des gens comme vous et moi :

« Diriez-vous que X est une entreprise si :

  • Elle ne fait pas de profit - oui/non
  • Elle n’est pas hiérarchisée - oui/non
  • Elle ne produit pas des biens matériels - oui/non
  • Elle n’est pas installée dans des locaux précis - oui/non
  • Etc.

 

Et chaque fois que le non l’emportait sur le oui (« Si Y ne fait pas de profit, alors X n’est pas une entreprise »), on pouvait peut-être se dire alors que cette image était dans le noyau central de la représentation. Le noyau central, c’est ce qui peut le moins bouger, ce auquel les gens sont le plus attachés. Le reste, c’est moins important, cela peut bouger plus facilement dans le temps, d’un individu à l’autre. Si le noyau est attaqué, les gens résistent… (ils disent que « non non, ce n’est pas une entreprise puisque… ») jusqu’à ce que la représentation sociale finisse par évoluer sous la pression du réel (« ben oui, X est une entreprise parce qu’une entreprise ça peut aussi être… »). Ainsi, l’image de l’entreprise a beaucoup changé depuis un siècle et de nouveaux traits la composent aujourd’hui au temps des espaces partagés, de l’auto-entrepreneuriat, de l’entreprise sociale, d’Uber, etc..

Les représentations sociales sont partagées, mais pas toujours par toute la société : certaines sont différentes d’un groupe social à l’autre et c’est pour cela qu’il y a des divergences, des votes, des camps.

Ceci étant posé, je reviens à mes histoires de vaccin covid et de représentations sociales du vaccin contre le COVID 19. La vaccination Covid a bénéficié de deux représentations sociales (désormais RS), l’une positive et déjà ancienne, l’autre négative et forgée pendant la pandémie.

La représentation ancienne et positive c’est celle, très largement partagée dans la population française, relative à la vaccination. Je la partage personnellement et en voici quelques caractéristiques :

  • La vaccination protège de la contagion
  • La vaccination empêche la transmission
  • Le bénéfice dure très longtemps, parfois toute la vie
  • La vaccination, c’est un acte sans danger et avec un très grand bénéfice
  • La vaccination, cela se fait une fois (ou deux au max)

Parmi ces images, il me semble (mais il faudrait une vraie étude pour le confirmer) que les trois premières composent le noyau central et que les deux suivantes sont un peu plus périphériques. Cette RS est le résultat de l’expérience des Français sur plusieurs générations et plusieurs vaccins (polio, tétanos, tuberculose, maladies infantiles). Elle est très partagée en France (du moins jusqu’à la crise Covid) et les antivax radicaux sont en réalité peu nombreux.

La RS négative, née de la crise Covid, c’est celle de la maladie COVID 19 elle-même : évidemment, il n’y avait pas de RS préexistante à cette maladie émergente. La RS peut être décrite ainsi :

  • Une maladie potentiellement mortelle
  • Une maladie qui n’a pas de traitement efficace
  • Le seul traitement est préventif, c’est le vaccin.

 

Je suis beaucoup moins en accord avec cette RS, qui a été créée à grands renforts de discours médiatiques que j’appelle « discours de la peur », très largement exagérés (hier encore, désinformation, le Ministre de la Santé déclarait que « le Covid tuait une personne toutes les 10 minutes » et qu’une nouvelle vague pouvait toujours arriver. Sur le premier point, c’est factuellement faux : cela voudrait dire 144 morts DU Covid par jour quand on en est seulement à la moitié, 70 morts  et AVEC le Covid, non DU Covid. Nuance !... Sur le second, c’est une vérité de la Palice destinée à maintenir la peur alors que la 8e vague a fait psshit…). C'est à mon sens essentiellement cette peur initiale, entretenue pendant deux ans à coup de discours alarmistes, qui fait que les gens continuent à se faire vacciner. C'est ainsi ! C'est à prendre en compte.

Le croisement de ces deux RS, celle de la vaccination et celle du Covid, a amené les gens à se faire massivement vacciner, avec deux doses puis avec un rappel. Logique, le contraire ne l'aurait pas été. 80% des Français et plus encore dans les générations cibles. Les "vaccins" Covid ont réussi à s'approprier toutes les représentations sociales positives attachées au vaccin alors même que finalement, quand on regarde le service rendu, ils n'en ont que peu les réelles caractéristiques. Ils ne correspondent pas au noyau central de la vaccination et pourtant on les appelle "vaccins". Magie du verbe ! D'autres parlent de thérapie génique : je ne suis pas biologiste mais d'un point de vue sémantique, ils ne correspondent pas aux traits attendus.

Il me semble que, bientôt deux ans après le début de la vaccination et bientôt trois ans après l’arrivée du Covid, de nouvelles données devraient entrer en contradiction avec les éléments les plus durs de ces deux RS et amener les Français à ne pas aller vers une 4e dose avec la même facilité.

  • La vaccination protège de la contagion : on sait que ce n’est pas vrai pour ce vaccin
  • La vaccination empêche la transmission : on sait que ce n’est pas vrai pour ce vaccin
  • Le bénéfice dure très longtemps, parfois toute la vie : on sait que ce n’est pas vrai pour ce vaccin
  • La vaccination, c’est un acte sans danger et avec un très grand bénéfice : on commence à avoir de sérieux doutes avec des effets secondaires maintenant reconnus, parfois graves même si rares
  • La vaccination, cela se fait une fois (ou deux au max) : on sait que ce n’est pas vrai pour ce vaccin

  • Une maladie potentiellement mortelle : on a eu très peur au début, on ne savait pas bien, on sait aujourd’hui que mis à part des gens avec deux ou trois maladies ou des immunodéprimés graves, ce n’est jamais le cas
  • Une maladie qui n’a pas de traitement efficace : on sait que des composés d’antiviraux et antibiotiques pris précocément, avec des prises en charges antiinflammatoires en cas de complications, évitent la plupart des formes graves. On a plus de recul dans les traitements qu'au début.

Et donc, si ces représentations sont contredites par des éléments tangibles, reconnus maintenant même par les médias, les gens devraient changer de RS et de comportement et ne pas aller se faire vacciner une 4e ou, dans quelques mois, une 5e fois en masse.

C’est le cas du reste, on le voit sur ce diagramme :

Une image contenant texte

Description générée automatiquement

7,3 millions avec 4 doses à ce jour. Et une courbe nettement moins accentuée que pour les autres campagnes : cela démarre doucement. Mais 7,3 millions quand même, alors que les RS initiales sont bien entamées par les faits maintenant avérés que j’ai rappelés. C’est cela qui m’interroge. Pourquoi y aller quand même ? J’y reviens en deuxième partie.

2. Dissonnance cognitive

J’emprunte à Wikipedia une présentation simple du concept :

En psychologie sociale, la dissonance cognitive est la tension interne propre au système de pensées, croyances, émotions et attitudes (cognitions) d'une personne lorsque plusieurs d'entre elles entrent en contradiction les unes avec les autres. Le terme désigne également la tension qu'une personne ressent lorsqu'un comportement entre en contradiction avec ses idées ou croyances. Ce concept a été formulé pour la première fois par le psychologue Leon Festinger dans son ouvrage A theory of cognitive dissonance (1957).

Dans les éléments que j’ai présentés plus haut, il y a clairement plusieurs éléments de dissonnance cognitive.

RS initiale qui conduit à l’acte de vaccination

(Construite par un très grand nombre de discours « autorisés » : scientifiques, médecins, gouvernements, industrie pharmaceutique)

Eléments en contradiction qui pourraient empêcher de poursuivre la vaccination

(Découverts par expérience, au fur et à mesure, publiés ça et là mais jamais repris globalement par ces mêmes autorités, en un discours construit)

La vaccination protège de la contagion

Chacun a pu découvrir progressivement que ce n’est pas le cas. Le fait est reconnu.

La vaccination empêche la transmission

Chacun a pu découvrir progressivement que ce n’est pas le cas – Pfizer vient de le reconnaître

Le bénéfice dure très longtemps, parfois toute la vie

On ne l’a pas dit au début, mais c’est maintenant un fait reconnu qu'une éventuelle protection - contre quoi au juste, cela reste à déterminer ? - dure quelques semaines (10-12) au plus.

La vaccination, c’est un acte sans danger et avec un très grand bénéfice

On sait maintenant qu’il y a un grand nombre d’effets secondaires divers, reconnus par la pharmacovigilance.

La vaccination, cela se fait une fois (ou deux au max)

On sait maintenant que ce n’est pas le cas. Mais on ne tient pas de discours sur « jusqu’à quand va-t-on renouveler les doses ? »… 5, 6, 10 fois ? On préfère ne pas (se) poser la question.

Les informations de la colonne de droite ont souvent été le fait de vécus personnels, de découvertes un peu douloureuses ; même si elles ne sont que peu relayées dans les médias dominants, et seulement au coup par coup mais jamais en un discours construit reprenant la totalité des images, elles entrent en forte dissonnance avec les représentations sociales du vaccin.

Cette dissonnance cognitive crée un malaise chez l’individu : il est pris dans des contradictions et il doit essayer d’en sortir, de rétablir une consonnance, au risque d’être dans un système dangereux pour sa santé mentale. Il y a deux manières de le faire.

La première consiste à ne pas vouloir intégrer les nouveaux savoirs dissonnants. Plusieurs procédés sont utilisables :

  • ne chercher aucune information potentiellement contradictoire avec le système de pensée établi ;
  • nier la véracité des informations nouvelles. C’est assez facile quand les informations viennent de médias alternatifs ou d'un proche qui se mêle de vouloir décoder l'information (quelqu'un comme moi...) sans être spécialiste (mais c'est quoi "être spécialiste" ? Il y a des données publiques disponibles, on peut les lire, les vérifier). Mais c’est plus compliqué et douloureux quand cela vient de sa propre expérience (j’ai été vacciné mais j’ai quand même été bien malade !!!) ;
  • lire l’information dissonnante, la recevoir, mais l’oublier aussitôt pour ne pas devoir l’intégrer dans son système de pensée. Ou la minorer. Ou la considérer comme une exception dans une règle largement établie.

Les deux derniers cas sont une forme de déni.

La deuxième manière consiste à chercher d’autres informations qui vont permettre malgré tout de maintenir ensemble les deux réalités dissonnantes.

Voici un exemple célèbre pris dans un autre domaine et qui permet à des gens "normaux" (dont moi :) de ne pas devenir végétariens :

Représentation : Je n’aime pas faire souffrir les animaux / Comportement  : Je mange de la viande…

Je suis en dissonnance cognitive forte entre ma représentation et mon comportement.

Résolution 1 : apport d’une information supplémentaire qui permet de surmonter la contradiction - « les animaux sont heureux pendant leur vie », ou « les animaux ne souffrent pas », ou « les animaux se mangent entre eux, c’est la vie ».

Résolution 2 : déni « je ne veux rien savoir de leur vie, de leur mort ».

Revenons à nos vaccins (après être passés par nos moutons) :

Représentation 1

Info 2, dissonnante

« Le vaccin protège de la contamination »

On voit que ce n’est pas vrai, on en fait l’expérience, on lit même des informations sur ce fait.

Info 3, qui rétablit une consonnance et permet de continuer à se faire vacciner, en dépit des infos 2 dissonnantes.

« Oui, mais il protège des formes graves »

Plusieurs informations de type 3 sont disponibles qui cherchent à rétablir la consonnance : "iI y a des effets indésirables mais ils ne sont pas si graves", "Il y a des effets indésirables, mais ils ne sont pas nombreux", "Corrélation n'est pas causalité, on ne peut prouver que le vaccin est en cause", "il y a des effets indésirables mais ils ne durent pas", "J'ai attrapé le Covid mais je n'ai pas fait de forme grave grâce au vaccin", "On fait bien des rappels pour les autres vaccins, c'est pareil ici", "La preuve qu'on a du recul sur les vaccins : en quelques mois des milliards de personnes se sont fait vacciner". Et la dernière, peut-être la plus forte dans cette crise sanitaire : "L'Etat me dit que c'est bien, il doit savoir".

Conséquence : il est très important que cette information 3 ne soit jamais démentie, sinon la dissonnance devient non gérable. Les discours qui remettent en cause la thèse de protection contre les formes graves seront rejetés systématiquement (source non fiable, biais scientifique) ou lus/entendus mais non intégrés.

Traduction médiatique de cette conséquence : le principal rôle des fact checks dans les journaux est de bloquer les discours qui entrent en dissonnance avec la représentation sociale en faveur de la vaccination. Il faut maintenir à tout prix, fût-ce au prix de l’éthique journalistique, la possibilité de consonnance en gardant à flot une information de type 3 absolument nécessaire. Dernier exemple en date,  Libération nous explique que la métaphore «Nous avons fait voler l’avion alors que nous étions encore en train de le construire », signée Kathrin Jansen, ancienne responsable de la recherche et du développement (R & D) des vaccins chez Pfizer, ne dit en aucune manière qu'on est allé trop vite et que le vaccin n'est pas sûr mais elle souligne juste l'exploit réalisé de produire si vite un vaccin. Libé veut à tout prix nous rassurer mais est-ce qu'une autre phrase qu'il rapporte a vraiment de quoi ? "Nous [salariés de Pfizer] ne pouvions pas attendre les données, nous devions faire beaucoup de choses “à risque”». Chacun appréciera. En attendant, Libé a rempli sa mission de maintenir la consonnance cognitive : aucun responsable de Pfizer n'a admis que le vaccin avait été produit trop vite et la représentation sociale du vaccin "sûr" est sauvegardée. Dont acte. C'est ici pour les curieux de fact checks : https://www.liberation.fr/checknews/kathrin-jansen-ex-responsable-de-la-recherche-chez-pfizer-a-t-elle-admis-que-le-vaccin-anti-covid-a-ete-produit-trop-vite-20221114_NCTEZERQA5CT7N4AGT2GREIQCI/

La soumission à l'autorité soulage également la dissonnance cognitive, comme l'ont montré plusieurs expériences en psychologie sociale. On se souvient de I comme Icare le film réalisé par Henri Verneuil en 1979, et dont une séquence reconstitue l'expérience du professeur Stanley Milgram à l'Université de Yale (1960-1963). Un sujet d'expérience soumet des acteurs (mais il ne sait pas qu'il s'agit d'acteurs et pense délivrer réellement des décharges électriques) à des doses électriques croissantes en cas de fausse réponse. Rapidement, une dissonnance cognitive s'installe "Je n'ai aucune raison ni envie de faire du mal à autrui" d'un côté, "je suis en train de donner des décharges électriques potentiellement mortelles". Tant que le Pouvoir (ici scientifique) se porte garant, un grand nombre de sujets continue l'expérience, malgré quelques réticences exprimées. En fait, tant qu’il y a une cohérence apparente chez ceux qui détiennent l’autorité et demandent d'agir, les « élèves » continuent majoritairement de torturer : ils sont 63% à demeurer obéissants et à aller jusqu’à 450 volts ! Revenons à la situation Covid : pendant toute la campagne de vaccination, le Pouvoir et le Savoir (les médecins de plateau, le Conseil scientifique), avec l'appui des médias, ont parlé d'une seule voix et la dissonnance cognitive des citoyens a pu être effacée, mise en sourdine. Mais il a fallu pour cela faire taire toute voix contraire (Perronne, aujourd'hui réhabilité, Toubiana, Raoult, le collectif Réinfocovid). A quel prix par rapport non à la Vérité, mais à la relativité des connaissances réelles ?

3. La "double pensée" : Orwell avait-il prévu le « en même temps » macronien ?

George Orwell a analysé dans 1984, en complément de son travail sur la novlangue, le dispositif de « double pensée » destiné à empêcher la représentation d’une chose. La « double pensée » consiste à « retenir simultanément deux opinions qui s’annulent, alors qu’on les sait contradictoires et croire à toutes deux », tout en étant capable d’en oublier une, lorsque l’injonction se manifeste.

Jusque-là, on est dans le fonctionnement classique de la dissonnance. C’est le macronien « en même temps » ! En même temps « A » et « contraire de A ». C’est difficile à faire en politique et de fait, le "en même temps" sert surtout de paravent à Macron qui fait croire qu’il fait une politique à la fois de gauche et de droite quand le gouvernail est ultralibéral. Passons.

Là où Orwell va plus loin, la force de son analyse, c’est ce qui se passe ensuite dans son processus dit de "double pensée".

Car ensuite, pour Orwell, il convient d’oublier que l’on vient d’oublier, c’est-à-dire « persuader consciemment l’inconscient, puis devenir ensuite inconscient de l’acte d’hypnose que l’on vient de perpétrer ». Cette procédure annihile toute capacité de jugement.

Avec le Covid et les campagnes de vaccination Covid, qui ne reposent plus sur aucun argument sérieux (Sur « le vaccin protège des formes graves », lire ici Le vaccin en connaissance de cause (1) : efficacité vaccinale) le Pouvoir joue avec des ressorts extrêmement dangereux de la pensée des citoyens. Pour continuer à amener les gens à la vaccination, il brise peu à peu le rapport de l’individu à la vérité pour en faire un être absolument malléable.

Vous avez lu des choses sur les coûts économiques du vaccin (Le vaccin en connaissance de cause (3) : les coûts économiques) ? Pour continuer d'accepter de vous faire vacciner, le Pouvoir vous demande de les oublier, et ensuite d’oublier que vous les avez oubliés… Sur les coûts politiques patents ( Le vaccin en connaissance de cause (4) : les aspects politiques – Analyse du rôle de la Commission européenne) ? Idem. Sur les coûts sociétaux massifs (Le vaccin en connaissance de cause (5) : le coût sociétal d'une médecine sous influence et sous contrôle). Pareil : oubliez que vous les avez oubliés. Sur les effets secondaires (Le vaccin en connaissance de cause (2) : quels risques ?) ? Même chose.

On est ainsi en train d’assister à la réalisation d’un idéal que partagent toutes les grandes idéologies depuis le début du XXe siècle : façonner l’homme, lui faire croire tout et n’importe quoi, le dresser à renier le bon sens et même parfois le témoignage de ses propres sens. Projet qui a partiellement réussi, la double-pensée étant devenue la chose du monde la mieux partagée. Mais pas le bon sens…

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