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On casse le thermomètre : la France arrête de compter les non-vaccinés parmi les cas de Covid !

Le 01/08/2022 0

Article du 1er août 2022

Cette contribution ne concerne le Covid que marginalement, mais elle concerne plus essentiellement les statistiques sur le Covid, la manière de les produire ou plutôt de ne plus les produire.

Quelque chose d’absolument inédit en France, à ma connaissance, vient d’arriver : on ne va plus faire de statistiques sur ce qui arrive aux non-vaccinés ! C’est assez incroyable… Je vais montrer de quelle manière, puis essayer d’expliquer pourquoi et enfin de commencer à voir les effets de cette décision.

1. Une décision annoncée, mais pas vraiment expliquée

Les statistiques sont un instrument de gouvernementalité.

Les gouvernements produisent des statistiques pour déterminer leur politique, pour en mesurer les effets, pour éventuellement les infléchir. Depuis le début de la crise de Covid, l’argumentaire en faveur du vaccin a évolué : d’abord il devait empêcher la transmission la contamination, puis il s’est agi de supprimer les formes graves. Les statistiques, dans ce cas, sont chargées d’apporter de l’eau au moulin des discours.

Jusqu’à présent, les statistiques de la DREES précisaient le statut vaccinal des cas positifs, des hospitalisations, des décès et ces éléments, publics, permettaient à chacun de se faire une idée de l’efficacité relative.

Un communiqué de la DREES du 22 juillet annonce tout simplement que désormais, ce ne sera plus le cas.

https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/communique-de-presse/le-deuxieme-rappel-protege-les-personnes-de-60-ans-ou-plus-contre-linfectioVaximpact drees

Vax 6

Relisez bien le paragraphe en rouge :

  • Plus de mesure de l’efficacité vaccinale en comparant vaccinés et non vaccinés.
  • La comparaison se fera entre vaccinés seulement, de statut vaccinal différent par le nombre de doses, ou leur ancienneté.

En termes scientifiques, c’est pour moi du jamais vu. Je suis un peu scientifique, certes en sciences humaines mais en sciences humaines nous faisons aussi usage de statistiques.

Quand vous avez un groupe témoin et que vous mesurez ce qui se passe dans un groupe expérimental, vous ne cessez pas un jour de comparer ces dernières avec les données du groupe témoin. Ceci est la base de la base ! Et vous ne changez pas d’étalon en cours de mesure…

Les justifications données n’en sont pas réellement :

  • on évoque « des difficultés techniques » … Lesquelles au juste ?  Silence.
  • « il apparaît désormais (pourquoi « désormais » ? Qu’est-ce qui a changé depuis 6 mois ? On a toujours les mêmes proportions de vaccinés et de non vaccinés, c’est stable) plus pertinent (de quel point de vue ?) de prendre, comme situation de référence, un statut vaccinal concernant un plus grand nombre de personnes ».

Exit donc désormais toute référence, dans les rapports de la DREES, à combien de non-vaccinés encombreraient les hôpitaux, les soins intensifs et mourraient. Exit le groupe-témoin.

Le site Covid Tracker du jour nous apprend pourtant qu’en France « 80.9 % de la population a reçu au moins une dose de vaccin ». Il y a donc 19 % de non vaccinés, ce n’est pas rien, et savoir comment ils se comportent en réel face au virus est capital pour faire une politique vaccinale.

2. Pourquoi cesser de mesurer les non-vaccinés ?

La création du site dédié à cela, nommé Vaximpact, avait pourtant été saluée comme étant un instrument qui allait montrer l’importance du vaccin dans la politique de santé publique. Voici comment ce nouveau site avait été accueilli dans le Figaro :

https://www.lefigaro.fr/conjoncture/vaximpact-un-nouvel-outil-pour-voir-comment-la-vaccination-ralentit-l-epidemie-20210813

VaxImpact s'appuie sur les données de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), rattachée au ministère des Solidarités et de la Santé. Ces dernières sont mises à jour tous les vendredis, et suivent la manière dont les hospitalisations, contaminations et décès évoluent entre les personnes vaccinées et les personnes n'ayant reçu aucune injection.

Et le quotidien de montrer un tableau très à l’avantage du vaccin :

Vaximpact de but

Il y a exactement un an que ce graphique était produit et il montrait alors la très grande efficacité du vaccin dans le nombre de cas de contamination. Les courbes parlaient d’elles mêmes, les chiffres confirmaient : 83 admissions à l’hôpital pour 10 millions, 14 pour 10 millions. Comme disait le Ministère à l’époque, on peut discuter de tout sauf des chiffres. Mais depuis le 19 juin 2022, le site n’actualise plus ses graphiques, faits à partir de la DREES. Or, le dernier graphique disponible donnait de tout autres enseignements :

Vaximpact 2

Ce sont les mêmes bases de données, les mêmes méthodes de calcul, les mêmes personnes aux commandes et les mêmes conseillers (la célèbre médecin de plateau Karine Lacombe, l’épidémiologiste Catherine Hill). Mais en juin dernier, les chiffres montrent que plus on est vaccinés désormais et plus on attrape le Covid : avec deux doses, 1,5 fois plus, avec 2 deux fois plus. Pour faire vite, il semble (je dis il semble, je ne suis pas médecin) que le corps résiste moins bien, se défend moins bien. Le système immunitaire, pour le dire autrement, fonctionnerait-il moins bien ? Hypothèse. Quelle autre ?

Et pour comparer exactement la même chose, à savoir les admissions à l’hôpital, on dispose du graphique suivant :

Vaximpact 4

42 pour 10 millions pour les non vaccinés, 52 pour les deux doses, 58 pour les 3 doses. Avantage négatif au vaccin, et deux énormes accidents statistiques en termes d’admission à l’hôpital pour les vaccinés avant l’été 21. Accidents sans explication aucune : passons donc !

Depuis le 19 juin donc, j’attendais une actualisation et elle ne venait jamais. L’explication de ce fait vient d’être donnée par la DREES elle-même. On ne compte plus, on casse le thermomètre.

J’ai eu l’occasion de montrer dans d’autres livraisons que les proportions de vaccinés parmi les personnes admises en soins intensifs et même parmi les décès étaient supérieures à la proportion des vaccinés dans la population et que donc il semblait que le vaccin conférait un avantage négatif.

http://informations-covid.e-monsite.com/blog/vaccin-et-deces-des-correlations-alarmantes-que-nous-apprennent-les-chiffres-anglais-et-canadiens.html

http://informations-covid.e-monsite.com/blog/vaccin-et-deces-des-correlations-alarmantes-que-nous-apprennent-les-chiffres-anglais-et-canadiens.html

http://informations-covid.e-monsite.com/blog/le-vaccin-protege-t-il-des-formes-graves-petit-coup-d-il-sur-les-statistiques-australiennes.html

Les dernières statistiques de Nouvelle Galles du Sud (Sidney) sont pour le moins étonnantes pour moi : https://bit.ly/3ujYTQG

Vax 5

En bleu ciel, le nombre de cas par million d’habitants vaccinés ; en bleu foncé, la même chose pour les non-vaccinés. On n’a pas changé de manière de mesurer entre mai et juillet. Mais en deux mois, le nombre de cas dans la population vaccinée a doublé pour 1 million d’habitants, alors qu’il est incroyablement stable pour les non vaccinés.

Sur la partie droite de la page, on peut voir le détail des cas selon le nombre de doses sur le mois de juillet, semaine par semaine. Chaque semaine, les nombres de cas augmentent essentiellement chez les 4e dose : 206, puis 234, puis 262 enfin 282. En un mois, l’augmentation est spectaculaire.

En Nouvelle Galles du Sud, l’épidémie est désormais une épidémie de vaccinés.

Le petit tableau en haut au centre de la page est parlant, je le recopie ici, agrandi :

Une image contenant texte

Description générée automatiquement

Le ministère a calculé la multiplication du risque chez les vaccinés par rapport aux non vaccinés : 5,88 fois plus de risque de faire un Covid. Fermez le ban !

3. Quels effets vont avoir cette disparition statistique ?

Le fait de ne plus mesurer l’impact du vaccin chez les non-vaccinés fait que désormais, quand on tiendra des discours sur l’efficacité du vaccin ce sera uniquement en comparant entre eux des vaccinés. Autant dire que ce discours n’a plus vraiment de signification en termes d’efficacité absolue, seulement une efficacité relative : trois doses valent-elles mieux que deux ? Quatre que trois ? Trois espacées de 3 mois mieux qu’espacées de 6 mois ? Mais plus rien sur la différence entre 4 doses et 0.

Désormais, il ne sera plus possible de tenir le moindre discours sur les raisons de se vacciner quand on ne l’est pas : si l’on espérait encore convaincre les non-vaccinés de passer à l’acte, on ne voit pas trop sur la base de quel argumentaire cela pourra se faire. Mais peu importe au fond car les personnes qui ne se sont pas fait vacciner jusqu’à présent ne sont pas disposées à le faire.

Dans le même temps, il faut bien se rendre compte que les discours pro-vaccins pourront être tenus sans plus aucun rapport avec la réalité : on pourra dire absolument ce qu’on veut de l’efficacité du vaccin contre les formes graves ; on pourra tenir des discours en dehors de la possibilité même d’en vérifier la véracité. Des discours sans contradiction possible, le réel étant effacé. Dans quels systèmes politiques a-t-on déjà vu cela ?

Pour les soignants non vaccinés, la possibilité de les réintégrer s’éloigne encore un peu. On pourra toujours dire que le vaccin protège et que les non vaccinés sont des dangers, ce discours étant devenu irréfutable.

Après le temps des vérités alternatives, celui des discours tenus à l’encontre des données observables (un bel exemple avec le slogan « Tous vaccinés, tous protégés »), voici venu le temps des vérités désormais invérifiables. Le discours ne peut plus se voir opposer aucun réel…

Bienvenue dans ce que Macron appelait en mars 2022, pour nous donner envie, le « Monde d’Après »…

PS : Avant la France, il y avait eu un précédent : l’Ecosse.

En février dernier, le Ministère écossais a tout bonnement décidé de cacher le thermomètre, à défaut de pouvoir le casser. Ils ne veulent plus publier de statistiques qui "sorties de leur contexte" pourraient alimenter des discours contraires à la politique du tout vaccinal. Mais de quel contexte parle-t-on ? Vous pouvez consulter le rapport du 13 juillet, ici https://publichealthscotland.scot/media/14130/22-07-13-covid-19-publication_report.pdf

On n'y trouve plus aucune donnée sur le statut vaccinal ni des malades, ni des décès. Effacées. Non disponibles. A la place, à partir de la page 25, un plaidoyer général sur l'utilité des vaccins, avec des citations d'études faites par d'autres, mais pas de rapport statistique !

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