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Trafic d'influence et troisième dose

Le 19/05/2022 0

Article du 4 octobre 2021

 

La crise politique du Covid n’en finit plus de nous offrir des angles d’attaque pour comprendre ce qui se joue dans l’ombre, sur le dos de notre santé et de notre citoyenneté.

1.  Le passe envers et contre toute réalité sanitaire

Le 13 octobre, Castex va demander aux députés de voter une longue poursuite de l’état d’exception, de l’état d’urgence sanitaire : il va le faire sous la forme d’un passe sanitaire dégainable jusqu’à l’été prochain.

Je souhaite bon appétit aux députés LREM et aux autres pour avaler les couleuvres qui seront sorties pour justifier ce vote dans un contexte où tous les départements français seront sous le seuil d’alerte (50 cas positifs, pour 100 000 habitants, par semaine – pour mémoire, pour la grippe, le seuil est de 180), avec un R0 sous la barre des 1, avec un taux d’occupation des lits d’hôpitaux par des malades COVID sous les  2% (ben oui on parle toujours des soins intensifs, qui seront sans doute  le 13 octobre à 20% occupés par des malades covid, mais jamais du nombre total de lits : malgré la fermeture de 100 000 lits en 20 ans, il en reste en hospitalisation complète (396 000 lits) et en  partielle (77 000 places) - https://www.insee.fr/fr/statistiques/4277748?sommaire=4318291 – soit 7000 lits de malades Covid quand je vous écris sur 396000 = 1,7 % des lits d’hospitalition occupés)… Bon, on en a perdu encore 5700 l’an passé : presque autant que de malades COVID hospitalisés, c’est ballot non

Je reprends. Dans ce contexte, il va falloir du culot aux parlementaires pour oser dire que la France est encore en urgence sanitaire ! L’épidémie est déjà techniquement terminée avec les 3 indicateurs que je vous donne, ceux que le gouvernement a lui-même choisis. Et en fixant lui-même les barres très bas. Quels médias ? quels politiques pour rappeler que l’épidémie est finie ?

Heureusement, les médias sont de bon secours et relaient les idées des médecins qui ont intérêt à trainer sur les plateaux :

  • Oui d’accord, la rentrée n’a rien donné en termes de reprise épidémique (on sent la déception… on est si loin des 100 000 cas par jour rien que pour les enfants !)
  • Oui, dans les pays qui ont levé toutes les mesures, pas de catastrophe sanitaire.

MAIS

  • Un nouveau variant est toujours possible… le genre de phrase qu’il sera à jamais impossible de démentir ! Pronostic toujours gagnant.
  • Le froid revient et on peut avoir un rebond.

Ce dernier point est capital… On en est encore sur les plateaux télé et au Ministère de la Santé à penser que c’est le froid qui relance les virus. Et au Brésil, au Texas, c’était le froid peut-être ?  Et la prétendue 4e vague de cet été alors ? Le froid aussi ? Nous dire tout et son contraire avec le même aplomb, tel est le secret pour faire ensuite obéir les peuples désorientés. Ce n’est plus un hasard mais une technique de gouvernementalité bien connue des régimes non démocratiques.

Si vous voulez vous donner une chance de comprendre que cela n’a à avoir qu’avec la vie des virus et leurs mutations, regardez Raoult à partir de la minute 6. https://www.youtube.com/watch?v=YAMRSq2R2kY

Si son sort personnel vous importe peu, sautez les 6 premières minutes, sinon elles sont aussi très intéressantes pour d’autres raisons. Mais une fois que vous aurez vu cela, vous écouterez d’une autre oreille les discours sur le froid cause de vague.

Ceci n’étant qu’un préambule, j’en viens au titre de la livraison du jour, qui a bien un lien avec la prolongation du Passe dit sanitaire après le 13 octobre.

2. En route vers la 3e dose pour tous

Quand le passe sanitaire durera jusqu’à l’été 2022, n’imaginez pas que deux piqûres au printemps 2020 suffiront. Ni des doses reçues en été du reste. Ni cet automne. 3e dose pour tous ! et même 4e

La nouvelle vient de tomber, et elle tombe bien pour notre gouvernement, à pic :  l’Agence européenne du médicament recommande la 3e dose Pfizer pour tous les plus de 18 ans. Un bel article nous montre l’argumentaire ; c’est en bleu, mais je commente en noir au fur et à mesure ce qui me fait rire… jaune :

https://www.huffingtonpost.fr/entry/covid-sur-la-3e-dose-de-vaccin-lue-va-plus-loin-que-la-france_fr_615b0e7ce4b05040d1dda44e

L'Agence européenne du médicament (EMA) affirme que les données scientifiques montrent une hausse du niveau des anticorps après un rappel du vaccin contre le coronavirus.

C’est un peu la moindre des choses non ? Quelle affirmation…

SCIENCE - L’Agence européenne du Médicament (EMA) estime que l’injection d’une troisième dose de vaccin Pfizer pourrait être utile pour tous les adultes de plus de 18 ans face au Covid-19.

On se demande bien pourquoi pas 12 ans. Trop gonflé ? Trop de risques que cela grince chez les parents ?

Dans un communiqué publié ce lundi 4 octobre, l’autorité précise que les données scientifiques actuelles (partielles)

J’aime bien le « partielles »

montrent une hausse des anticorps si le rappel est injecté au moins six mois après la deuxième dose. Pour les personnes immunodéprimées, l’EMA recommande de ne pas attendre aussi longtemps et de réaliser cette troisième dose 28 jours après la deuxième.

Cela m’amuse vraiment : au lieu de dire qu’après 6 mois, il n’y a plus d’effet, ce qui limite un peu l’enthousiasme pour le vaccin, on parle de hausse des anticorps. Il faut positiver, on dit dans le langage publicitaire…

L’agence européenne avait souhaité prendre le temps de la réflexion début septembre, alors que de nombreux pays lançaient leur campagne de rappel, suivant l’exemple d’Israël. La France avait ainsi autorisé l’injection de cette troisième dose pour les personnes âgées de 65 ans et plus.

Le temps de la réflexion aura duré… 1 mois ! Bigre… on se demande quels résultats ont été faits sur les effets à moyen et long terme d’une troisième dose depuis les premiers cobayes israëliens et avec un mois de plus. Le principe de précaution ?

L’EMA va donc plus loin que la France sur ce point en ouvrant la voie à une dose de rappel pour tous les adultes. Reste à voir si le gouvernement va revoir sa copie suite à cet avis favorable.

Et voilà, le tour est joué. Le gouvernement va pouvoir dire qu’il se plie aux recommandations européennes.

L’agence européenne rappelle également que les données de sûreté sont encore limitées: “le risque de troubles cardiaques inflammatoires ou d’autres effets secondaires très rares après un rappel n’est pas connu et fait l’objet d’une surveillance attentive”.

Alors là…. Eux-mêmes reconnaissent, comment faire autrement ? qu’ils ne savent rien des possibles effets négatifs (cachés sous l’appellation données de sureté) : Où est le principe élémentaire de précaution ? A quoi a servi ce mois ?

Concernant le vaccin de Moderna, l’EMA explique être encore en train d’évaluer les données sur la 3e dose. La France a déjà autorisé, suite à un avis de la Haute autorité de santé (HAS) l’injection des deux vaccins à ARN messager, sans besoin de prendre spécifiquement le même vaccin pour le rappel que pour les premières injections.

Si l’EMA évoque ici des éléments purement médicaux, la question d’une troisième dose fait aussi débat pour des raisons éthiques. L’OMS est ainsi très critique depuis début août de cette campagne de rappel alors même de la campagne de vaccination dans les pays pauvres est à la traîne.

Ah oui, c’est vrai, faudrait pas non plus que l’Afrique échappe à Pfizer. Ne pas perdre de vue cet immense marché. En le présentant éthiquement cela passe mieux.

Voilà. Vous savez tout.

Ou presque.

Il faut encore savoir que l’EMA/AEM a été saisie non par les Etats mais par Pfizer, qui lui a demandé de se prononcer sur la 3e dose. C’est ici

https://www.capital.fr/economie-politique/vaccin-contre-le-covid-19-bientot-une-3e-dose-pour-tous-en-europe-1415209

Extrait :

"Les données disponibles montrent que l'immunité contre le Covid-19 acquise avec les premières doses faiblit avec le temps, et la protection contre l'infection et ses symptômes décroît dans différentes parties du monde", a-t-il poursuivi. En conséquence, l'AEM est en train d'évaluer la demande de Pfizer pour l'utilisation d'une troisième dose au moins six mois après la deuxième pour la population âgée de plus de 16 ans. "Le résultat de cette évaluation est attendu début octobre, à moins qu'un supplément d'informations ne soit nécessaire", selon Marco Cavaleri.

Bon, il n’aura pas fallu plus d’un mois… même s’ils auraient bien eu besoin d’un supplément d’informations : « Mais c’est la guerre ou non ? C’est l’urgence sanitaire ou non ? » Ben… je vous laisse répondre, je ne suis pas vraiment persuadé…

Donc l’EMA/AEM a répondu positivement à la demande d’un industriel qui veut juste écouler encore un tiers de vaccins en plus en Europe. Et elle l’a fait sans avoir les garanties de santé nécessaires.

On peut au moins espérer qu’elle l’a fait en toute indépendance ?

Si vous y croyez encore, c’est bien. Sinon, vous pouvez vraiment commencer à répondre avec moi à la question « Mais pourquoi ils feraient tout cela ? Tous complices ? Mais de quoi ? » :
Là où Molière répondait « le poumon ! le poumon ! le poumon ! », je dis « l’argent, l’argent, l’argent » pour les uns, l’ivresse du pouvoir absolu qui rend fou absolument (et la corruption) pour les autres.

3. L’EMA/AME, organisme européen indépendant ou faux nez de Big Pharma ?

Il est temps que les citoyens sachent que ce sont les labos qui font la politique de santé de l’UE et de notre gouvernement. Loin de tout complotisme, je vous livre ici un extrait d’un rapport de Commission des affaires européennes du Sénat français, de 2013

https://www.senat.fr/ue/pac/E8488.html

Questions sociales et santé

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif aux redevances dues à l'Agence européenne des médicaments pour la conduite d'activités de pharmacovigilance concernant des médicaments à usage humain (Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE)
COM (2013) 472 final  du 26/06/2013

Examen : 04/07/2013 (commission des affaires européennes)

Extrait

« D'une manière générale, la France a déclaré être inquiète que le budget de l'EMA pour la pharmacovigilance soit uniquement dépendant des redevances de l'industrie pharmaceutique. Le Conseil économique et social européen (CESE), dans l'avis qu'il a rendu sur la proposition de règlement, a d'ailleurs jugé inappropriées les redevances à percevoir dans le cadre de saisines faisant suite à la déclaration d'effets indésirables. Le CESE estime que de telles procédures d'évaluation devraient s'effectuer indépendamment des redevances versées par l'industrie pharmaceutique et exclusivement dans l'intérêt des patients. Les dépenses correspondantes devraient donc être, selon lui, couvertes par le budget de l'Union.

La Commission européenne indique que, pour l'ensemble des activités de l'Agence (y compris l'attribution des AMM), la part de financement par l'UE, en diminution, s'établit actuellement à 15 % du budget de l'EMA ; le reste provenant des redevances des titulaires d'AMM. »

Voilà, tout est dit. L’AMM dépend à 85% de l’industrie pharmaceutique. Manque de pot, la Commission du Sénat français ne va pas aller plus avant. Cela ne la concerne pas, cela concerne seulement l’UE. Extrait de la même page :

« L'Agence est une entité européenne créée en vertu d'un règlement. Toute norme visant son fonctionnement et notamment son financement relève bien évidemment de l'Union européenne.

Il n'est pas nécessaire d'intervenir plus avant ce texte au titre de l'article 88-6 de la Constitution. »

Effectivement, cela ne nous concerne pas, sauf quand le gouvernement français va pouvoir prendre appui sur une décision de l’EMA/AME pour nous imposer une troisième dose de Pfizer.

Rien n’a changé depuis 2013. Voici un extrait de la revue Prescrire.org, de 2018.

https://www.prescrire.org/Fr/1/507/49244/5732/3418/SubReportDetails.aspx
Un financement public est nécessaire pour garantir l'indépendance de l'Agence européenne des médicaments (Juillet 2018)

Prescrire a répondu à une consultation publique sur l'évaluation du système de redevances de l'Agence européenne des médicaments pour l'autorisation et la surveillance des médicaments. Pour garantir l'indépendance de l'EMA et faire en sorte que l'EMA agisse en tant que régulateur plaçant la protection de la santé publique au-dessus de la protection des intérêts industriels, Prescrire demande de bannir toute relation financière directe entre l'Agence et les firmes pharmaceutiques. Pour Prescrire, l'EMA devrait être exclusivement financée par des fonds publics.

Idem en Janvier 2019

https://www.prescrire.org/Fr/1/507/49244/5958/3418/SubReportDetails.aspx

Il est grand temps de mettre un terme aux pratiques opaques et confidentielles de l'EMA en matière de conseils scientifiques pré-AMM (Janvier 2019)

Faute de transparence le citoyen européen s'inquiète du volume et de l'ampleur de ces activités sans avoir les moyens d'apprécier leur utilité ni de vérifier si elles exposent l'agence à une éventuelle capture du régulateur. Actuellement, il n'y a que les firmes pharmaceutiques et les services de l'EMA qui sont en mesure d'évaluer l'impact des conseils qu'elle fournit : or les patients et les professionnels de santé sont directement concernés.

Pour l'ISDB et Prescrire, il ne faut pas permettre aux experts ayant participé aux conseils scientifiques pré-AMM nationaux de participer à une évaluation ultérieure d'une demande d'AMM européenne du même médicament. Il est essentiel de limiter les situations qui exposent le personnel et les experts de l'EMA à des situations de capture institutionnelle compromettant leur impartialité et leur objectivité.

En 2021, la part de financement de l’UE est de 14,4. Le reste vient de Pfizer, de Moderna, qui attend sagement son autorisation de 3e dose. Guettez-la, elle ne devrait pas tarder.

Prêts pour la 3e dose, puis la suivante ?

4. Brève de comptoir : rions un peu en Absurdistan tant que c’est encore possible

  • Le covid baisse partout… ils vont enlever le masque des enfants en primaire.
  • Tu déconnes !
  • Si, si…  je te jure
  • Mais ils sont pas vaccinés ceux-là !
  • Non non mais ils auront plus le masque…
  • Les collégiens et les lycéens aussi alors ?
  • Ah non… eux non…
  • Mais eux, ils sont vaccinés, non ?
  • Euh… oui, mais euh, ils le gardent, ils l’ont dit en conseil de défense.
  • Ils sont trop forts au Conseil de défense…

Vous en avez aussi une petite ? N’hésitez pas à en envoyer sur le mail…

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