Ce que nous apprend le rapport du Congrès américain sur la crise Covid et sur la démocratie française

Le 25/01/2026 0

Article du 25 janvier

Dans le cadre de ce cycle d’articles sur la démocratie française, j’aborde ce que je considère comme un important déficit démocratique : le fait que la verticalité du pouvoir (cf article précédent) s’accompagne d’un manque criant de contrôle institutionnel des politiques mises en place. Alors que deux commissions parlementaires initiées par la droite parlementaire ont été récemment créées pour instruire le procès de la France insoumise et de l’audiovisuel public (je reviendrai sur la question des médias), aucune ne s’est penchée avec sérieux sur la politique qui a creusé considérablement le déficit public (passée d’environ 2 387 milliards € à environ 2 810 milliards €, soit une hausse d’environ +18 % en trois ans, de 98,1 % du PIB à 111,6%) et qui a placé la France pendant deux ans en régime d’exception.

 

Aucune commission parlementaire n’a fait le bilan du passé pour, peut-être, tirer des leçons d’avenir. Autant je peux comprendre que, dans l’urgence de la survenue d’un virus, le Pouvoir ait pu aller un peu à l’aveugle, parant au plus pressé, autant j’ai plus de mal à comprendre que, le calme revenu, la démocratie ne prenne pas le temps nécessaire à un examen de conscience.

Je n’ai pas pour habitude de défendre la politique américaine (litote…) mais sa démocratie est capable d’analyser ses propres pratiques et d’en montrer le caractère contestable, quand la nôtre préfère s’aveugler.

Je ferai donc d’une pierre deux coups en revenant, par le biais d’un rapport du Congrès américain, à la fois sur le bilan politique du Covid et sur l’analyse de notre démocratie. Je m’appuie sur un rapport du Congrès consultable en intégralité ici (557 pages, mais une table des matières explicite !) : https://oversight.house.gov/wp-content/uploads/2024/12/12.04.2024-SSCP-FINAL-REPORT.pdf  et dans un résumé de ses recommandations ici (18 pages) : https://www.congress.gov/118/meeting/house/117748/documents/HMKP-118-VC00-20241204-SD012.pdf

Le document dont il est question porte un titre sans ambiguïté : “After Action Review of the COVID-19 Pandemic ”, publié par la Select Subcommittee on the Coronavirus Pandemic de la Chambre des représentants américaine. Ce rapport massif, produit après deux années d’enquête, se distingue par son ambition : comprendre ce qui a dysfonctionné, nommer les responsabilités, et proposer des réformes structurelles. Il s’appuie sur plus de trente auditions, une centaine de lettres d’enquête, des témoignages sous serment et l’analyse de centaines de milliers de pages de documents.

Ce qui frappe immédiatement, vu depuis la France, c’est l’ampleur du travail. Car chez nous, malgré un confinement parmi les plus stricts d’Europe, un passe sanitaire puis vaccinal inédits, des fermetures d’écoles prolongées, des obligations professionnelles de vaccination, des restrictions de déplacement, un état d’urgence, des couvre-feu et un Conseil de défense opaque, aucun rapport parlementaire d’ampleur comparable n’a été produit. Pas de commission d’enquête exhaustive. Pas de remise à plat démocratique. Pas de bilan transparent. Les États-Unis, eux, ont mis les mains dans le cambouis. Et les conclusions sont parfois explosives.

Avant d’en exposer les principaux points et les recommandations, il me faut encore dire que ce rapport date en fait d’avril … 2024. Mais les médias français se sont bien gardé d’en parler, et les parlementaires français de s’en inspirer ! Cherchez dans les archives internet de vos journaux préférés : aucune analyse dans Le Monde, Libération, Le Figaro, France Info, Le Parisien, Mediapart ou L’Obs. Rien non plus dans les chaines télé d’info en continu. Aucun média de référence n’a consacré un dossier, une enquête ou même un éditorial à ce rapport pourtant majeur. À la fin de cet article, je reviendrai sur cet étrange silence et sur ce qu’il nous dit encore !

1. Origines du virus : ce que dit le rapport

L'un des points centraux du rapport est la conclusion selon laquelle le SARS-CoV-2 provient très probablement d'un incident lié à un laboratoire, notamment l'Institut de virologie de Wuhan (WIV) en Chine.

  1. Le rapport met en avant plusieurs éléments argumentant en faveur d'une fuite accidentelle. Le virus aurait des caractéristiques biologiques « pas trouvées dans la nature ». Toutes les infections humaines proviendraient d'une seule introduction. Le WIV menait des recherches de gain de fonction sur des coronavirus avec des normes de biosécurité jugées insuffisantes. Des chercheurs du laboratoire auraient présenté des symptômes compatibles avec le COVID à l'automne 2019, avant sa découverte officielle.

 

Le rapport critique aussi la manière dont certains éléments scientifiques ont été mobilisés pour écarter l'hypothèse de la fuite de laboratoire. Il souligne notamment que la publication The Proximal Origin of SARS-CoV-2 — souvent citée pour soutenir une origine naturelle — aurait été incitée par le Dr Anthony Fauci pour favoriser cette narrative, selon la commission.

La commission a aussi pointé des défaillances de supervision concernant le financement de la recherche via EcoHealth Alliance, une ONG ayant reçu des fonds des National Institutes of Health (NIH) pour des recherches sur les coronavirus à Wuhan.

 Il demande que :

  • la communauté du renseignement américain poursuive ses investigations,
  • l’Office of the Director of National Intelligence déclassifie toutes les informations,
  • la Maison-Blanche réalise une revue interne complète, incluant les NIH, le CDC, le Département d’État, la CIA, le FBI, le Département de l’Énergie et d’autres agences.

Il recommande aussi de réformer profondément la recherche à risque, notamment celle sur le gain de fonction des virus, en suspendant temporairement les travaux les plus dangereux, en renforçant la biosécurité, en créant un cadre réglementaire unifié et en retirant aux agences de financement le pouvoir d’approuver seules ces projets.

Le rapport demande la fin définitive des financements de l’ONG américaine EcoHealth Alliance, impliquée dans le développement du gain de fonction des virus dans le laboratoire de Wuhan.  L’ONG et son Président sont l’objet d’une enquête du Département de la Justice pour d’éventuelles violations de lois fédérales.

Parallèle français

En France, la question de l’origine du virus a été quasiment taboue. Aucune commission parlementaire n’a enquêté sur les liens entre l’INSERM, l’Institut Pasteur, les collaborations franco-chinoises ou les financements internationaux. Le débat public a été verrouillé très tôt autour de l’hypothèse du marché trop humide, des amitiés coupables avec des pangolins et des excès de chauve-souris. Toute mention d’une fuite de laboratoire a été assimilée à du complotisme.

Là où les États-Unis recommandent de déclassifier, la France a préféré classer.

2. Les 64 milliards de dollars envolés du Paycheck Protection Program

Le rapport détaille les pertes massives du Paycheck Protection Program, un programme destiné au soutien des entreprises en perte d’activité. Le sous-comité estime qu'au moins 64 milliards de dollars ont été perdus en raison de demandes frauduleuses ou de mauvaise gestion, ce qui inclut des pertes directes pour le contribuable américain. Le rapport souligne que ces pertes font partie d'un phénomène plus large : des vulnérabilités dans la supervision des dépenses d'urgence ont permis des abus systématiques, incluant aussi des fraudes dans les allocations chômage (estimées à plus de 191 milliards de dollars) et des déficiences dans les contrôles de la Small Business Administration (SBA).

Il recommande un train de mesures, parmi lesquelles la fin de la “self-certification” (chacun se déclare…) et la mise en place d’identités numériques robustes, des contrôles croisés automatiques entre agences, un programme de gestion du risque de fraude au sein de la SBA,

Parallèle français

La France n’a pas connu un scandale chiffré aussi massif, mais les PGE (prêts garantis par l’État) ont été distribués dans l’urgence, avec des contrôles très limités, les arrêts maladie Covid automatiques n’ont pas pu être contrôlés par un système dépassé ; les fonds de solidarité ont donné lieu à des milliers de dossiers frauduleux (https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/fonds-de-solidarite-5-000-a-7-000-fraudes-seront-transmises-a-la-justice-1622570120), et aucune évaluation publique détaillée n’a été menée.

Les États-Unis proposent une refonte complète des systèmes de contrôle. La France, elle, n’a jamais publié de bilan consolidé des possibles fraudes Covid.

3. Vaccins : efficacité, limites, effets indésirables

Le rapport reconnaît que les vaccins ont sauvé des vies, mais rappelle la donnée la plus fondamentale : ils n’ont pas empêché la transmission, contrairement aux promesses initiales, ni stoppé l’épidémie. Il critique également l'usage généralisé de l'autorisation d'utilisation d'urgence (EUA), estimant qu'elle a été appliquée de manière trop large plutôt que réservée aux populations les plus vulnérables.

3.1. Interdictions de traitement et délégitimation de la pratique médicale

Un autre volet central du rapport concerne la stigmatisation et, dans certains cas, la quasi-interdiction de traitements prescrits hors autorisation officielle, alors même qu'ils faisaient partie de la pratique médicale courante depuis des décennies. La commission rappelle que la prescription « off-label » est une pratique légale, répandue et souvent indispensable en situation de maladie nouvelle, lorsque les options thérapeutiques validées sont inexistantes ou limitées.

Or, durant la pandémie, de nombreux médecins ont été publiquement discrédités et menacés de sanctions professionnelles ou marginalisés pour avoir exercé leur jugement clinique. Le rapport qualifie cette attitude de « honteuse » et estime qu'elle a contribué à rompre le lien de confiance entre les praticiens, les institutions de santé et les patients. Plus largement, la Sous-commission considère que l'État a cherché à se substituer au discernement médical individuel, dans une logique excessivement centralisée, peu compatible avec la complexité d'une crise sanitaire évolutive.

Ce point est d'autant plus sensible que, parallèlement, le gouvernement encourageait fortement – parfois de manière prématurée – des stratégies vaccinales présentées comme quasi exclusives, sans reconnaître publiquement les incertitudes scientifiques ou les limites des données disponibles à court terme. Le rapport insiste sur le fait que la transparence, même inconfortable, est une condition non négociable de l'adhésion du public.

3.2. Sur les obligations vaccinales

La sous-commission met également en garde contre le risque juridique et moral de rendre obligatoires des vaccins ne bénéficiant pas d'un cadre d'indemnisation robuste. Elle note que cette situation a contribué à alimenter un sentiment d'injustice et de coercition, incompatible avec l'objectif de confiance à long terme nécessaire à toute politique de santé publique. Au niveau fédéral et dans l'armée, la sous-commission estime que contraindre des individus à recevoir un vaccin qui ne bloque pas la transmission du virus pose un problème de proportionnalité, surtout lorsque cette contrainte conditionne l'accès à l'emploi, à la carrière ou au revenu.

Au-delà des contrôles institutionnels, le rapport demande une prise en compte sérieuse de l’immunité naturelle acquise après avoir contracté la maladie et avant de revacciner, et demande d’éviter les obligations vaccinales pour des vaccins qui ne bloquent pas la transmission. Il demande aussi de réformer entièrement la surveillance de sécurité vaccinale, d’enquêter sérieusement sur les effets neurologiques signalés.

3.3. Effets indésirables et prise en charge

Le rapport insiste longuement sur le fait que la question des effets indésirables a été traitée de manière tardive, fragmentaire et insuffisamment transparente. Selon la Sous-commission, les autorités fédérales ont échoué à mettre en place un système de surveillance de sécurité vaccinale capable de répondre à une campagne de vaccination massive et rapide, touchant l'ensemble de la population adulte, puis adolescente, parfois sous contrainte administrative ou professionnelle.

Le système VAERS, souvent présenté au public comme un outil robuste, est décrit dans le rapport comme structurellement inadapté à l'évaluation fine de la causalité, notamment en période de crise. Les données y étaient peu contextualisées, rarement corrigées publiquement et insuffisamment analysées par des équipes indépendantes. La commission souligne que les agences fédérales ont maintenu des « systèmes de back-office » non accessibles au public, ce qui a nourri un soupçon durable d'opacité et a contribué à une perte de confiance généralisée.

Plus grave encore, le rapport insiste sur le fait que les signalements d'atteintes neurologiques – troubles cognitifs, neuropathies, paralysies transitoires, myocardites associées à des manifestations neurologiques – n'ont pas fait l'objet d'investigations à la hauteur de leur gravité potentielle. La Sous-commission recommande explicitement la création de programmes dédiés pour étudier ces effets, non seulement pour établir des liens de causalité, mais aussi pour montrer au public que ces alertes sont prises au sérieux et ne sont pas balayées au nom d'une communication simplificatrice.

À cela s'ajoute la critique très sévère du Countermeasures Injury Compensation Program (CICP). Ce mécanisme, censé indemniser les personnes blessées par des contre-mesures médicales déployées en urgence, est jugé lent, opaque, restrictif et profondément injuste. Le rapport estime que le fait d'avoir massivement vacciné, voire contraint à la vaccination, avec des produits non couverts par le Vaccine Injury Compensation Program (VICP) constitue une rupture éthique majeure, et recommande explicitement que toute vaccination de masse future soit automatiquement rattachée à un système d'indemnisation transparent, audité et contradictoire.

Parallèle français

Pour rappel, la France a connu un passe vaccinal conditionnant l’accès au travail, aux loisirs, aux transports, une obligation vaccinale pour les soignants, toujours en vigueur pendant des mois, une suspension sans salaire des personnels non vaccinés, une absence totale de reconnaissance de l’immunité naturelle avec des rappels à faire tous les trois mois, une communication gouvernementale affirmant que le vaccin empêchait la transmission, une quasi-interdiction de traitements hors AMM, avec menaces disciplinaires, un système de pharmacovigilance opaque, incapable de répondre aux milliers de signalements des effets indésirables.

Aucune commission française n’a évalué ces décisions. Aucun rapport n’a analysé les effets indésirables. Aucune réforme n’a été proposée.

4. Fermetures d’écoles, masques et autres mesures discutables aux forts impacts sociétaux

Le rapport américain est très critique envers les mesures non pharmaceutiques. Il recommande de ne plus imposer de mesures sans évaluer leurs coûts sociaux, de mener des études avant de recommander le masque généralisé, de réserver les confinements à la protection des plus vulnérables, de documenter systématiquement les dommages collatéraux, de renforcer la surveillance (eaux usées, tests), d’imposer des restrictions de voyage immédiates en cas de doute, de préparer des plans de fermeture rapide des frontières.

Selon le rapport, la fermeture prolongée des établissements scolaires n'était pas justifiée scientifiquement et a entraîné des pertes d'apprentissage massives, des problèmes de santé mentale et d'autres conséquences sociales négatives.

Le texte considère également que les distances physiques obligatoires et les obligations de port du masque n'ont pas toujours été basés sur des preuves solides au moment où ils ont été imposés, contribuant à une perte de confiance du public. Il est aussi mentionné que certaines politiques opérationnelles, comme les recommandations de « 6 pieds (2 m) d'écart », n'avaient pas de fondement scientifique rigoureux dans les données disponibles.

L'un des apports les plus transversaux du rapport est sans doute sa critique du raisonnement sanitaire en silo, qui a longtemps privilégié un indicateur unique – la réduction de la transmission virale – au détriment d'une évaluation globale des conséquences sociales, psychologiques, éducatives et économiques des mesures adoptées.

La Sous-commission affirme explicitement que les fermetures d'écoles, les confinements prolongés et certaines règles de distanciation ont été décidés sans analyse coût-bénéfice complète, comme si les dommages collatéraux étaient nuls ou négligeables. Le rapport rejette fermement cette approche et appelle à ne plus jamais attribuer une « valeur zéro » aux effets secondaires des politiques publiques.

Les conséquences évoquées sont multiples : retards d'apprentissage durables, détérioration de la santé mentale des enfants et adolescents, hausse de l'absentéisme chronique, renoncements aux soins non-COVID, isolement social des personnes âgées, mais aussi décès indirects liés à des pathologies non traitées à temps. Le rapport insiste sur le fait que préserver autant que possible la normalité du système de santé et de la vie sociale aurait dû être un objectif central, au même titre que la gestion du virus lui-même.

Parallèle français

La France a appliqué l’un des confinements les plus stricts d’Europe, la fermeture des écoles pendant des semaines, des attestations de déplacement, des couvre-feux, des masques obligatoires dès 6 ans, des restrictions de circulation entre régions, des fermetures administratives massives.

Aucune étude d’impact n’a été publiée. Aucun bilan officiel n’a été réalisé sur les dégâts psychologiques, éducatifs, économiques. Aucune remise en question publique.

Les États-Unis recommandent de ne plus jamais “attribuer une valeur zéro aux dommages collatéraux”. La France, elle, ne les a même pas comptés.

5. Recommandations générales : transparence, liberté, pluralisme

Finissons avec les recommandations générales du rapport, qui insiste sur le rappel de plusieurs principes :

  • la Constitution ne doit jamais être suspendue,
  • la liberté d’expression ne doit jamais être restreinte,
  • les médecins ne doivent jamais être punis pour des prescriptions hors Autorisation de Mise sur le Marché car cet usage relève de leur professionnalité,
  • les agences doivent dire la vérité, même quand elle est complexe,
  • les autorités doivent éviter les slogans simplificateurs,
  • le public doit être traité comme adulte.

Parallèle français

La France a connu dans le même temps des restrictions de libertés inédites, des pressions sur les réseaux sociaux pour supprimer certains contenus, des sanctions contre des médecins exprimant des désaccords (le médecin montpelliérain Roland Agret vient seulement d’être réintégré, en janvier 2026), une communication infantilisante qu’il est inutile de rappeler (« Tous vaccinés, tous protégés »). Elle a été gouvernée par un Conseil de défense opaque dont le fonctionnement a entraîné une absence totale de débat démocratique et dont les débats, les motivations, sont encore protégés pendant 50 ans ! Aucun journaliste, homme ou femme politique, citoyen ne peut y avoir accès. Aucune recommandation institutionnelle n’a été formulée pour éviter que cette crise ne se reproduise à l’avenir.

Conclusion : les États-Unis font leur bilan, la France l’évite

Ce rapport américain n’est pas parfait. Créé sous l’administration Biden, il est ensuite marqué par une majorité républicaine, mais il a le mérite d’exister et d’exposer un grand nombre de faits précis, avant même d’en venir aux recommandations, plus politiques. Il met sur la table des questions difficiles, propose des réformes profondes, et reconnaît les erreurs commises.

En France, rien de tel. Pas de commission d’enquête exhaustive. Pas de rapport transversal. Pas de remise en question des mesures les plus controversées. Pas de réflexion sur les dérives démocratiques. Pas de réforme de la gestion de crise.

La pandémie a été gérée comme un exercice d’autorité. Elle devrait être relue comme un exercice d’humilité, mais le travail d’inventaire n’a jamais eu lieu. Les États-Unis ont commencé ce travail. La France, elle, l’attend encore.

Terminons par un dernier regard sur notre pratique démocratique. Il est fort probable qu’aucune des personnes qui lisent ce blog n’ait jamais entendu parler de ce rapport. Et pour cause. Seul Sud Radio a consacré une émission, en invitant… le Dr Raoult ! Le processus lui-même relève de la circularité : si aucun média n’en parle, alors la réalité n’existe pas. Si seuls Sud Radio et le Dr Raoult en parlent, alors cela suffit aux chiens de garde comme les appelait S. Halimi pour crier au complotisme. Mais dans quel pays vit-on pour ignorer complètement un travail de 577 pages produit par une commission sénatoriale et pour disqualifier ceux qui en rapportent les conclusions ? Pourquoi un tel silence ?

L’explication n’est pas très difficile à trouver. Le rapport contredit des narratifs adoptés par la presse française entre 2020 et 2022 :

  • Origine naturelle du virus présentée comme quasi certaine
  • Efficacité affirmée des vaccins sur la transmission
  • Légitimité des confinements et couvre-feux
  • Nécessité des obligations vaccinales et obligation faite à certaines catégories de travailleurs
  • Défiance envers les traitements hors AMM
  • Soutien aux mesures de censure des réseaux sociaux

Le rapport américain remet en cause tous ces points. Reconnaître l’importance du rapport américain reviendrait à souligner l’absence totale d’audit démocratique en France, le rôle central du Conseil de défense opaque, le fait que les décisions ont été prises sans études d’impact, qu’il y a eu pour le moins des erreurs de communication, que de réelles atteintes ont été portées aux libertés publiques. Tout ceci sans compter encore le sujet des effets indésirables des vaccins, dont parle le rapport américain en revenant sur les erreurs de la FDA et du CDC.

Autant de thèmes qui sont encore tabous dans le paysage médiatique français. La presse préfère s’emparer d’une étude totalement partielle pour crier qu’il n’y avait aucun risque à se faire vacciner : https://informations-covid.e-monsite.com/blog/rapport-epi-phare-et-vaccination-covid-au-dela-des-cocoricos-imprudents-toujours-la-meme-haine-de-l-autre.html

Circulez, y a rien à voir !

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