La fin de l’Histoire ou l’histoire sans fin ?

Le 08/03/2026 0

Article du 8 mars 2026

En 1989, avec la chute du Mur de Berlin, Francis Fukuyama publiait son essai devenu culte, La Fin de l'Histoire et le Dernier Homme. La thèse était simple, rassurante, occidentalo-centrée : la démocratie libérale avait triomphé du communisme, et l'humanité allait enfin goûter à une paix durable sous hégémonie américaine. On voit ce qu'il en est advenu.

 

Trente ans plus tard, les guerres se multiplient. La Russie envahit l'Ukraine à grande échelle depuis 2022. Israël bombarde Gaza, le Liban, et désormais Téhéran — avec la bénédiction militaire de Washington. L'histoire ne s'est pas arrêtée. Elle s'est accélérée, et elle brûle.

1. L’occasion manquée : intégrer durablement la Russie.

Au lendemain de la guerre froide, une fenêtre d'opportunité unique s'est ouverte. La Russie, exsangue et humiliée, cherchait à s'intégrer à l'Occident. Certains esprits lucides, de part et d'autre, imaginaient alors une grande architecture de sécurité collective, de l'Atlantique à l'Oural — reprenant la formule chère au général de Gaulle. Eltsine avait fait un grand discours au Congrès américain. A sa suite, Poutine était même prêt à entrer dans l’OTAN, il avait autorisé les Américains à se servir de son espace aérien pour aller en Afghanistan. Ce qu’ils firent

Ce projet fut délibérément sabordé à partir de 2004 par les Américains. La raison n'était pas stratégique au sens militaire du terme, elle était vraisemblablement économique et à comprendre en termes de puissance, la seule dimension qui compte pour un pays impérialiste. La combinaison de l'énergie russe et de l'industrie européenne aurait constitué un pôle de puissance mondiale capable de rivaliser avec les États-Unis. C'est ce scénario que Washington ne pouvait tolérer.

« Les USA ont dépensé plus de 5 milliards de dollars depuis 1991 pour soutenir les aspirations européennes de l'Ukraine. » disait Victoria Nuland, sous-secrétaire d'État américaine, 13 décembre 2013.

La stratégie américaine, documentée et assumée, fut celle de la tension et de la séparation. Dès la fin des années 1990, l'OTAN s'étend vers l'Est, en violation des assurances verbales données à Gorbatchev lors de la réunification allemande. Simultanément, les services de renseignement américains, à commencer par la CIA, investissent massivement en Ukraine. A partir de 2004, la CIA, via des ONG comme le National Democratic Institute dirigé par Madeleine Albright, soutient la « Révolution orange » qui renverse le président pro-russe Koutchma. En 2014, c’est la Révolution du Maïdan. Victoria Nuland est enregistrée dans un appel téléphonique avec l'ambassadeur Pyatt en train de choisir qui formera le prochain gouvernement ukrainien. « Yats is the guy », dit-elle de Iatseniouk. Au passage, elle dit « Fuck the Europeans ». Le gouvernement choisi par Washington sera formé quelques semaines plus tard. Le New York Times a révélé que la CIA avait financé et construit après 2014 jusqu'à douze bases de renseignement ukrainiennes le long de la frontière russe, actives jusqu'à l'invasion de 2022.

La grande perdante de cette stratégie ? L'Europe. Privée de gaz et de pétrole russes depuis les sanctions de 2022, confrontée à l'inflation et à la désindustrialisation, elle paye le prix d'une guerre qu'elle n'a pas choisie, pour une politique dont elle n'est pas l'architecte. Le gazoduc Nord Stream a été sabordé, tout le monde sait maintenant qui en a été responsable mais l’Europe a dit amen et achète maintenant du gaz de schiste américain.  

Au lieu de la fin de l'Histoire, c'est d'abord le retour de la guerre froide, puis une guerre chaude depuis 2022, et aujourd'hui une conflagration brûlante au Moyen-Orient.

2. Iran : décrypter une agression sans horizon final mais pas sans projets

Depuis juin 2025, Israël et les États-Unis ont ouvert un nouveau front : l'Iran. Le 13 juin 2025, Benjamin Netanyahou déclenche l'opération « Rising Lion », une attaque-surprise massive contre les installations militaires et nucléaires iraniennes. Les États-Unis rejoignent l'offensive le 21 juin en bombardant les sites de Fordo, Natanz et Ispahan. Un cessez-le-feu fragile, proclamé unilatéralement par Donald Trump le 24 juin sur son réseau Truth Social, met fin à douze jours de guerre ouverte.

Résumé de la guerre des 12 jours (juin 2025) ?

  • Au moins 1 054 morts et 4 476 blessés côté iranien selon plusieurs sources concordantes ; 16 scientifiques nucléaires assassinés ; installations de Natanz, Fordo et Ispahan endommagées.
  • Résultat nucléaire réel : l'Organisation de l'énergie atomique iranienne a annoncé qu'un troisième site d'enrichissement avait été sécurisé dans un lieu inconnu.
  • Depuis le 28 février 2026 : Israël et les États-Unis ont relancé une nouvelle campagne de bombardements sur l'Iran. Le Guide suprême Khamenei a été tué. Des explosions sont signalées chaque jour à Téhéran, Ispahan, Karaj. Des centaines de nouveaux morts civils sont déjà recensés.

Pourquoi l'Iran ? Pour comprendre, il faut articuler trois logiques distinctes.

Pour Israël, la guerre contre l'Iran remplit une double fonction. D'abord, elle sert à effacer de l'agenda diplomatique et médiatique la question palestinienne : pendant que Téhéran brûle, la colonisation accélérée de la Cisjordanie, les opérations à Gaza et le siège des camps se poursuivent dans l'indifférence généralisée. L'armée israélienne a d'ailleurs annoncé, dès le 13 juin 2025, « le blocus total de toutes les villes palestiniennes en Cisjordanie ». Pendant que la confrontation avec l'Iran monopolisait l'attention, l'armée israélienne tuait et blessait « des centaines d'habitants chaque jour » à Gaza.

Ensuite, Netanyahou entend empêcher que l'Iran ne consolide son rôle de pivot du Moyen-Orient — militairement, économiquement, et diplomatiquement.

Pour les États-Unis, l'Iran concentre plusieurs menaces à leur hégémonie. L'Iran est un pilier des BRICS, ce bloc de pays émergents qui travaillent activement à la dédollarisation des échanges internationaux — menaçant ainsi directement le statut du dollar comme monnaie de réserve mondiale. L'Iran, avec ses 90 millions d'habitants et une population jeune et très éduquée — ingénieurs, médecins, scientifiques, hommes et femmes —, a le potentiel d'une grande puissance économique. C'est précisément ce développement autonome que Washington veut empêcher. S'ajoutent les enjeux géostratégiques : le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, et les réserves iraniennes elles-mêmes — quatrièmes au monde en pétrole, deuxièmes en gaz naturel.

Le schéma est connu. Après avoir renversé Saddam Hussein en 2003 — sous le prétexte des armes de destruction massive qui n'existaient pas —, après avoir déstabilisé la Libye de Kadhafi en 2011, après avoir asphyxié économiquement le Venezuela de Maduro, les États-Unis et Israël s'attaquent à l'Iran. Il faut rappeler ici que le Nigeria, premier producteur pétrolier d'Afrique, a été frappé récemment par des bombardements américains. Après l'Irak, la Libye, le Venezuela : une stratégie cohérente de contrôle des ressources pétrolières et de démantèlement des puissances récalcitrantes.

3. Le même mensonge répété : de Bush à Trump, la même rhétorique

La rhétorique justificatrice est invariable, et son évolution en dit long sur sa sincérité.

En 2003, George W. Bush justifie l'invasion de l'Irak par l'existence d'armes de destruction massive. Aucune ne sera jamais trouvée. Colin Powell agite un flacon à l'ONU. Ce mensonge d'État coûtera la vie à des centaines de milliers d'Irakiens.

En 2015, l'accord de Vienne (JCPOA) est signé entre l'Iran et le P5+1. L'AIEA certifie régulièrement que Téhéran respecte ses engagements — limitation des centrifugeuses, plafonnement de l'enrichissement à 3,67 %, accès des inspecteurs. On va vers l’apaisement ?

Ben non, car en 2018, Trump retire unilatéralement les États-Unis du JCPOA, qualifié d'« accord horrible et unilatéral ». L'AIEA confirme pourtant que l'Iran est en conformité. 94 % des experts américains en relations internationales jugent cette décision « mauvaise », selon le Pew Research Center. Ce retrait permet à Trump en 2025 de justifier l'attaque en affirmant que l'Iran était « en voie d'obtenir l'arme nucléaire » — « sans preuves », note la RTS. Après la guerre des 12 jours, il proclame avoir retardé le programme nucléaire iranien « de plusieurs décennies ». Les renseignements du Pentagone estiment le retard à « quelques mois ».

En février 2026, sans éléments nouveaux, nouvelle campagne militaire. C’est Israël qui attaque, encore une fois, dans son « droit à se défendre »… Mêmes justifications.

La contradiction est vertigineuse. Si la menace nucléaire iranienne était si grave et si réelle, pourquoi avoir quitté unilatéralement en 2018 le seul accord international qui la contenait ?

Nouvelles victimes civiles mais pas de stratégie de sortie.

« Trump a toute latitude pour évoquer combien de temps cela pourrait prendre ou non. » déclarait il y a quelques jours Pete Hegseth, secrétaire à la Défense, refusant d'indiquer la durée prévue des opérations en Iran.

L'autre argument avancé — rétablir la démocratie, aider le peuple iranien à se libérer — ne résiste pas davantage à l'examen. Comment se révolter sous les bombes ? Comme le notait Radio-Canada après juin 2025, les bombardements ont « ravivé un profond sentiment nationaliste » et les appels à la révolution n'ont « pas trouvé écho ». Le réflexe patriotique et de survie prend le dessus sur toute contestation intérieure, renforçant précisément le type de pouvoir que l'Occident prétend combattre.

C'est en ce sens que cette guerre ressemble à une histoire sans fin. Elle est menée sans projet. Rasera-t-on Téhéran et Ispahan ? Pour éliminer qui ? Quoi ? Israël prétendait « en finir avec le Hamas » — Gaza est en ruines et le Hamas existe toujours. Là, c'est « en finir avec le régime des mollahs » — mais comment, au juste ? On bombarde un peuple en lui assurant que les bombes le libèrent et qu’il prendre son destin en main en sortant sous les bombes…

4. Qui paie le prix ?

Les victimes se succèdent, par vagues d’abord et aussi par cercles concentriques, et leurs souffrances s'effacent les unes les autres dans le cycle de l'actualité.

Les Iraniens, dont l’immense majorité est peut-être en froid avec le pouvoir mais qui n’a pas demandé à ce que sa vie se passe désormais sous les bombes, sont les premiers à mourir. Des centaines de civils tués depuis le 28 février 2026. Un hôpital endommagé. Une école touchée avec des dizaines de morts.

Les Libanais paient ensuite. Pas que le Hezbollah. C’est toute la capitale qui vit sous le régime des avions israéliens. Au sixième jour de la nouvelle guerre, les frappes israéliennes sur les positions du Hezbollah au Liban faisaient déjà au moins 31 morts et 149 blessés. Beyrouth, qui n'a jamais fini de se relever, tremble à nouveau. Notre grand penseur de gauche Raphaël Glucksmann demande – sur son Instagram https://www.instagram.com/p/DVjB-M-CMHK/ … aux Israéliens d’arrêter de punir tout le Liban pour faire payer le Hezbollah.

« Il y a une chose que nous pouvons et que nous devons faire : aider le Liban.
Et cela suppose de faire pression sur le gouvernement israélien pour qu’il ne se saisisse pas de l’attaque du Hezbollah pour réduire le pays en cendres. Les propos du ministre fanatique Smotrich sont inacceptables et les plans de destruction de la banlieue sud de Beyrouth sont intolérables.


Pas d’invasion du Liban, pas de punition collective du peuple libanais. »

Remplacez Hezbollah par Hamas et Liban par Gaza et vous voyez ce que Glucksmann aurait pu dire de la destruction totale de ce pays. Mais il a l’indignation sélective. Son épouse n’est pas palestinienne ? Ok, je sors, c’est un coup bas  !

Les Palestiniens, eux, sont renvoyés aux oubliettes de l'actualité. On ne parle plus de l'apartheid, de la vie dans les camps sous surveillance de Tsahal, du blocus de Gaza. La colonisation de la Cisjordanie s'accélère dans le silence médiatique. Ce n'est pas qu'elle s'est arrêtée — c'est qu'elle n'intéresse plus. Ouvrir un nouveau front, pour la liberté et la démocratie, ça sert à ça.

Les Européens sont les prochains sur la liste des victimes consentantes. Privés du pétrole et du gaz russe depuis 2022, ils seront confrontés à un nouveau choc pétrolier si le détroit d'Ormuz est perturbé. L'inflation continue, la désindustrialisation s'accroît, et les capitales européennes répètent en chœur qu'elles soutiennent le « camp du Bien ». Si l'Iran est un jour structurellement dévasté comme la Libye ou la Syrie — livrés à des islamistes désormais estampillés « modérés » parce que proches de Washington —, ce sont des millions d'Iraniens qui prendront le chemin de l'exil vers l'Europe. Et Trump, cyniquement, accusera alors l'Europe de « perdre son identité » en accueillant trop de migrants — migrants créés par des guerres que ses propres décisions ont allumées.

Demain, ce sera peut-être les Kurdes. Vous verrez. Trump et Netanyahou cherchent des troupes supplétives pour ne pas envoyer des soldats au sol. Les Kurdes iraniens pourraient être instrumentalisés à cette fin, en évitant que de braves GI américains ne meurent. On voit déjà des signes dans l’actualité de ce fer au feu sur lequel commencent à souffler les USA. Petit rappel historique, toujours utile !  Les Kurdes sont un peuple que l'histoire de cette région a rendu expert en une seule chose : être utilisé, puis abandonné. Les Kurdes — 35 à 40 millions de personnes réparties entre la Turquie, l'Irak, la Syrie et l'Iran, sans État depuis le traité de Sèvres de 1920 qui leur en avait pourtant promis un — sont depuis un siècle le supplétif idéal des puissances qui ne veulent pas mourir elles-mêmes. Le scénario se répète avec une régularité mécanique, et il se prépare peut-être à nouveau.

Les États-Unis, qui n'ont ni les moyens politiques ni l'appétit domestique d'engager des soldats américains au sol contre l'Iran, regardent avec intérêt vers les milices kurdes du PJAK — branche iranienne du PKK — actives dans les montagnes du Kurdistan iranien, ainsi que vers les forces kurdes irakiennes des Peshmergas. L'idée serait séduisante pour Washington : ouvrir un front terrestre intérieur en Iran, déstabiliser les provinces kurdes du nord-ouest, sans engager un seul GI. Les Kurdes se battraient. Les Kurdes mourraient. Les Kurdes seraient remerciés, le moment venu, de la seule façon qu'ils connaissent. Car le précédent est là, écrasant, répété à l'identique à chaque génération :

En 1975, le Shah d'Iran et Saddam Hussein signent les accords d'Alger (tiens, ils étaient alliés alors !!!). Les États-Unis, qui avaient armé et encouragé la rébellion kurde irakienne via la CIA et avec l'aval de Kissinger pour faire pression sur Bagdad, coupent les vivres du jour au lendemain. Les Kurdes sont abandonnés à la répression de Saddam. Kissinger, interrogé sur la trahison, répondra sans ciller : « Les opérations secrètes ne sont pas une mission caritative. »

On se souvient, car les médias occidentaux ont beaoup relayé cela pour justifier son éviction, que Saddam Hussein a massacré les Kurdes d'Irak à l'arme chimique. C’était en 1998, à Halabja : 5 000 morts en quelques heures, des milliers d'autres dans les semaines qui suivent. Les États-Unis, qui soutiennent alors Bagdad dans sa guerre contre l'Iran, minimisent, tergiversent, et continuent de livrer du matériel à Saddam : c’est alors le grand allié !

En 1991, après la guerre du Golfe, George H. W. Bush appelle publiquement le peuple irakien à se soulever contre Saddam. Les Kurdes au nord, les chiites au sud, se soulèvent. Bush retire ses troupes et laisse Saddam écraser l'insurrection. Des centaines de milliers de Kurdes fuient vers les montagnes dans des conditions épouvantables. Des milliers meurent. Les États-Unis regardent.

Encore en 2003-2004, lors de l'invasion de l'Irak, les Kurdes sont des alliés précieux. Ils espèrent un État, au moins une autonomie renforcée. Ils obtiennent une région autonome, ce qui n'est pas rien — mais la promesse d'indépendance reste lettre morte, Washington ne voulant pas déstabiliser la Turquie, membre de l'OTAN.

Puis en 2017, le Kurdistan irakien organise un référendum d'indépendance. 93 % de oui. Les États-Unis, censés être leurs alliés, s'y opposent publiquement. Bagdad reprend Kirkouk par la force. Washington ne bouge pas.

Le cycle est donc parfaitement documenté, parfaitement assumé, et parfaitement ignoré à chaque nouvelle occasion. Les Kurdes d'Iran - qui subissent une répression continue de Téhéran, qui ont des griefs réels et légitimes, qui ont des structures militaires opérationnelles - constituent une tentation évidente pour les stratèges de Washington cherchant un proxy terrestre dans le conflit iranien. Certains signaux existent déjà : des contacts entre services américains et factions kurdes iraniennes ont été rapportés par plusieurs médias moyen-orientaux depuis l'été 2025. Le risque, pour les Kurdes, est qu'ils le savent et qu'ils y aillent quand même — parce que leur situation sous la République islamique est suffisamment insupportable pour que même une alliance avec celui qui les trahira soit préférable à l'immobilisme. C'est la tragédie d'un peuple sans État dans un monde où seuls les États comptent : on est condamné à choisir entre ses ennemis. Et Washington, de son côté, sait exactement ce qu'il fait. Kissinger l'avait dit. Ses successeurs le pensent sans le dire. Les opérations secrètes ne sont pas une mission caritative.

Fin du sous-chapitre kurde : on verra si je me trompe, rendez-vous dans quelques jours, semaines !

Conclusion : Une boite de Pandore

Trump et Netanyahou étaient assis sur un baril de poudre. Ils ont allumé la mèche. Les réactions en chaîne ne font que commencer.

La guerre n'est pas une chirurgie. Elle n'ampute pas proprement une menace et ne referme pas proprement la blessure. Elle est une boîte de Pandore : une fois ouverte, elle libère des forces que personne ne maîtrise. Les identités nationales se soudent sous les bombes. Les réseaux de solidarité régionale se reconstituent. Le ressentiment s'accumule pour des décennies.

Fukuyama nous promettait la fin de l'Histoire. Ce que nous vivons, c'est son retour le plus brutal — avec les mêmes logiques impériales, les mêmes mensonges d'État, les mêmes populations civiles broyées, et la même absence de projet pour le lendemain.

L'Histoire n'a pas de fin. Elle a des victimes. Et pour le moment, leur nombre croît chaque jour.

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