« Sûrs et efficaces » ? Ce que révèlent les contrats suisses sur les vaccins Covid

Le 09/05/2026 0

Article du 9 mai 2026

Encore une fois, je reviens au thème de la transparence, de la production de l’information et du prix du gouvernement par la peur qui a été celui de la période Covid. Ce qui me permet de le faire, sous un angle nouveau, c’est la publication en Suisse des contrats entre l’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) et les fabricants de vaccin. Puis je reviens sur le traitement médiatique de cette nouvelle, en France.

 

Petit rappel, la Suisse a acheté 61 millions de doses commandées : 17 millions ont été administrées et 8 millions ont été redistribuées à l’étranger. (https://www.20min.ch/fr/story/suisse-seules-41-des-doses-de-vaccin-contre-le-covid-ont-ete-utilisees-103548968). Le reste a été en partie détruit, en partie non retiré, mais néanmoins payé. Au total, 41% des doses, soit moins de la moitié, ont donc été effectivement utilisées. Quand la Suisse a fait cela, entre 2020 et 2022, les clauses principales des contrats étaient inconnues du public et des politiques eux-mêmes. L’UE n’a pas été en reste : d’après la Cour des comptes européenne, la Commission de Bruxelles a signé des contrats d’une valeur globale de 71 milliards d’euros permettant d’obtenir jusqu’à 4,6 milliards de doses de vaccin contre la COVID-19. Soit une prévision de 10 doses par citoyen européen. Et là encore, des passages entiers des contrats étaient caviardés, publiés noircis. Les députés européens eux-mêmes n’avaient pas accès aux contrats dans un premier temps.  Quand ils ont pu les consulter, c’étaient des versions caviardées. Les seules à ce jour disponibles dans l’UE.

Ce manque de transparence a naturellement alimenté les complotismes de tous bords. Comment faire autrement ?

Aujourd’hui que les contrats sont publiés, dans un pays, que nous disent-ils ? D’abord des vaccins eux-mêmes, Puis des négociations et des rapports de force entre les Pouvoirs et l’industrie pharmaceutique. Et enfin de l’état de notre démocratie…

1. Le tract officiel et le contrat secret : deux discours pour une même réalité

Le 25 octobre 2021, la Confédération suisse distribuait dans toutes les boîtes aux lettres un tract officiel d'une clarté absolue. En gras, encadré, sans nuance, un message : « Ils sont sûrs et efficaces. » « Ils », c'étaient les vaccins Covid, présentés comme soigneusement testés et approuvés par Swissmedic, l'Institut suisse des produits thérapeutiques.

Trois ans plus tard, le 24 avril 2025 saisi par une citoyenne qui demandait à Swissmedic de lui fournir les études cliniques sur lesquelles reposait cette affirmation, l'Institut répondait par écrit : « Le mandat de Swissmedic ne prévoit pas que l'Institut soit à l'initiative d'études cliniques et il n'en a jamais conduit lui-même. » L'autorisation s'appuyait donc, au mieux, sur des études conduites par les fabricants eux-mêmes.

D'un côté donc, une affirmation péremptoire destinée au public. De l'autre, la réalité administrative : Swissmedic avait autorisé sans conduire une seule étude indépendante. Ce n'est pas scandaleux en soi : c'est le fonctionnement normal des agences du médicament dans le monde entier, qui s'appuient sur les données des fabricants. Mais c'est une nuance de taille que le tract officiel ne contenait pas. Un esprit chagrin pourrait y voir un abus de confiance, non ?

2. Accès aux contrats : quatre ans de bataille pour la transparence

Sur ces bases assez fragiles en termes de sécurité sanitaire, la Suisse a commandé, depuis 2020, jusqu'à 87 millions de doses de vaccins contre le Covid, soit dix doses par habitant. On (me) dira qu’il y avait une urgence sanitaire et qu’on aurait reproché au pouvoir de ne pas protéger sa population. Dont acte. Mais le fait que ces contrats ont été conclus en secret, par la Suisse et par l’UE, avec des clauses de confidentialité imposées par les fabricants, n’est plus une question d’urgence sanitaire, mais de transparence politique, voire d’exigence démocratique, sur le plan des principes comme des sommes astronomiques d’argent public engagées.

En janvier 2022, le Préposé fédéral à la transparence (c’est bien, un poste comme ça… ça manque un peu en France), Adrian Lobsiger, forçait l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) à rendre les contrats accessibles. L'OFSP s'y était toujours opposé, arguant que « les intérêts politico-économiques de la Suisse seraient affaiblis dans les négociations en cours. » Ah, le secret des affaires. Il serait donc au-dessus de tous les principes démocratiques ? Finalement, en août 2022, après deux ans, les contrats étaient publiés mais ils étaient soigneusement caviardés : prix, délais, juridictions compétentes, un ingrédient de Moderna et les signatures avaient disparu sous des bandes noires. Les députés européens, à peu près en même temps, ont fait le même constat. Fin de non-recevoir en Europe, mais pas en Suisse.

En effet, le 10 février 2026, le Tribunal administratif fédéral (TAF) tranchait définitivement : la Confédération devait publier les contrats Moderna et Novavax sans caviardage. Et finalement, en avril 2026, la publication intégrale était effectuée (OFSP.admin.ch). Suspense !

3. Ce que les contrats révèlent : trois faits établis

Entrons dans le maquis des différents documents, pour les deux marques principales et aussi pour Johnson & Johnson, et pour les différents achats, pendant plus de deux années.

3.1. Pfizer reconnaissait lui-même l'incertitude

L'article 5.5 du contrat Pfizer du 1er décembre 2020 est explicite. La Confédération suisse y reconnaît contractuellement que « les effets à long terme et l'efficacité du produit ne sont pas actuellement connus et qu'il peut y avoir des effets indésirables du produit qui ne sont pas actuellement connus. » Ce n'est pas une allégation militante, c'est le texte même du contrat signé entre Berne et Pfizer, désormais public.

« Les effets à long terme et l'efficacité du produit ne sont pas actuellement connus et il peut y avoir des effets indésirables du produit non actuellement connus. » — Article 5.5 du contrat Pfizer / Confédération suisse, 01.12.2020

Cette clause coexistait donc avec l'affirmation publique que les vaccins étaient « sûrs et efficaces ». Ce qui est difficile à défendre, c'est que la distinction entre « nous le croyons sur la base des données disponibles » et « c'est établi » ait été délibérément effacée dans la communication publique.

Entendons-nous bien. Cette révélation, car c’en est quand même bien une, ne prouve pas que les vaccins aient effectivement provoqué des effets indésirables, et en nombre. Ceci demandera(it) d’autres investigations. Restons-en au niveau du double discours politique, suffisant à notre propos.

3.2. Le vaccin n'a pas été testé pour la transmission

Le 10 octobre 2022, au Parlement européen, le député néerlandais Rob Roos posait une question simple à Janine Small, présidente des marchés internationaux chez Pfizer : le vaccin avait-il été testé sur la prévention de la transmission avant sa mise sur le marché ?

« Non, haha, ces, hum, vous savez, on devait, le vaccin n'a pas été testé sur la prévention de la transmission. » — Janine Small, Présidente des marchés internationaux chez Pfizer, Parlement européen, 10.10.2022

C'est un fait capital. Toute la justification du passe sanitaire reposait sur la protection des autres, sur le fait que les vaccinés ne transmettaient pas le virus. Le passe était un passeport pour personnes ne pouvant pas transmettre, il devenait même un sésame pour continuer à avoir une vie sociale. Cette justification était infondée - ou du moins non étayée par les essais cliniques au moment de la décision politique. Les États ne l'ont pas dit. Olivier Véran et tous les médecins de plateaux ont au contraire répété ce refrain ad nauseam (« Tous vaccinés, tous protégés »). Ce fut même un des arguments massues pour ostraciser les non-vaccinés, les traiter de galeux, de pelés comme dans la fable de la Fontaine.  Eh bien, ils n’en savaient rien, le fait est aussi attesté dans les contrats caviardés. De fait, la réalité n’a pas tardé à les rattraper, vu le nombre de personnes qui, vaccinées puis malades, transmettaient le virus à d’autres vaccinés ! Mais ce qui est formidable avec la propagande, c’est que, quand elle a ainsi imprimé les esprits (avec l’auxiliaire de la Peur, sorte d’encre indélébile), c’est que la réalité n’arrive parfois plus à démentir les discours. La séquence Covid est, de ce point de vue, un cas d’école car les passes ont continué et sont même monté en puissance pendant deux ans. Avec la multiplication des contre-exemples, le discours sanitaire s’est rabattu sur un fait invérifiable « Le vaccin atténue les formes graves » : quel que soit le degré de gravité, on peut toujours dire que cela aurait été pire sans vaccin.

3.3. L'immunité juridique totale des fabricants

C'est la clause la plus problématique sur le plan démocratique. Dans le contrat Johnson & Johnson :

« Le gouvernement bénéficiaire indemnisera et dégagera de toute responsabilité Janssen, ses sociétés affiliées, ses sous-traitants et sous-licenciés [...] contre toute perte, réclamation (y compris, sans limitation, les réclamations pour préjudice corporel ou décès). »

Le contrat Moderna est identique dans sa logique : transfert de la responsabilité vers l'État suisse, immunité statutaire pour Moderna et toute sa chaîne, en s'inspirant du modèle américain dit du PREP Act. En clair : si un citoyen est blessé ou décède à la suite du vaccin, c'est l'État, et donc le contribuable, qui indemnise. Le fabricant est exonéré de toute responsabilité, y compris en cas de décès. On ne peut pas gagner à tous les coups ? Pas quand on est un géant pharmaceutique.

4. Ce que les contrats suisses révèlent : un rapport de force spectaculaire entre démocratie sanitaire et industrie phramaceutique

Les trois contrats suisses analysés en parallèle (novembre 2020, février 2021, mai 2021) montrent une évolution révélatrice. Le premier contrat fixait le prix à 12 euros la dose. Le deuxième le maintenait à 15,50 euros. Le troisième, signé en mai 2021, montait à 19,50 euros,  soit une hausse de 26 % sur le troisième contrat, et de 62,5 % par rapport au prix initial. Simultanément, les volumes explosaient : 900 millions de doses fermes, plus 900 millions optionnelles. En général, les prix baissent avec le nombre d’exemplaires produits, non ? Dans ce cas, la courbe a été complètement inverse. Un vrai mystère en termes commerciaux. Certes, il a fallu sortir des nouvelles formules, contre les nouveaux variants. Mais les milliards de bénéfices des premières doses, financées avec de l’argent public, rappelons-le encore, n’y suffisaient pas ?

Le schéma est donc le suivant : en novembre 2020, l'UE finançait la recherche et sécurisait un vaccin encore expérimental. En mai 2021, une fois la dépendance installée et le marché verrouillé, Pfizer augmentait ses prix et l'UE (et la Suisse) s'engageait sur des volumes vertigineux, à des conditions toujours plus favorables pour le fournisseur. C'est de la capture de marché classique, documentée.

Ce que ces contrats soulèvent, ce n'est pas un complot. C'est une question de gouvernance démocratique qui pose révèle au grand jour un problème d'une ampleur inédite.

Des États ont signé, en secret, des contrats transférant aux contribuables la responsabilité juridique en cas de dommages causés par des produits dont ils reconnaissaient contractuellement ignorer les effets à long terme. Ces mêmes États ont communiqué publiquement avec une certitude que leurs propres contrats ne reflétaient pas. Ils ont conditionné l'accès à la vie sociale (restaurants, transports, hôpitaux) à la prise d'un produit dont la prévention de la transmission n'avait pas été testée. Et ils ont été les pires négociateurs commerciaux du monde. Vous vous souvenez de l’argument ? « En opérant au niveau européen, on a plus de poids pour négocier les prix, qu’en le faisant nationalement ». Et avec cet argument, les Etats ont délégué à l’UE des compétences en matière de santé publique qui ne sont pas prévues dans le Traité constitutionnel européen ! Le citoyen se fait rouler de tous les côtés dans la farine, faç0n doubichou sous les aisselles, pour les amateurs du Père Noël est une ordure…

Aucun Parlement européen n'a été consulté sur les clauses d'immunité. Aucun citoyen n'a été informé que sa signature sur le formulaire de consentement ne le couvrait d'aucun recours contre le fabricant. Les contrats ont été gardés secrets pendant deux ans, publiés caviardés, et rendus intégralement accessibles seulement en 2026, après un arrêt de justice. Et seulement en Suisse !

Les fabricants ont engrangé des profits historiques (Pfizer a réalisé 100 milliards de dollars de revenus cumulés sur les vaccins Covid entre 2021 et 2023) en étant contractuellement protégés contre toute conséquence judiciaire. C'est documenté. C'est acté. Et c'est, pour une démocratie digne de ce nom, un sujet qui mérite débat.

Mais y a-t-il dont débat en 2026, à défaut d’avoir eu lieu en 2020, 2021, 2022 ?

5. Trois niveaux d'opacité démocratique : Bruxelles, Paris, les médias

On va voir que ce n’est pas vraiment le cas…

5.1. Ursula von der Leyen et les SMS disparus

L'opacité sur les contrats suisses n'est que le reflet d'une opacité bien plus massive au niveau européen. En mars 2021, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen négociait personnellement (par SMS !) avec Albert Bourla, PDG de Pfizer, un méga-contrat de 1,8 milliard de doses. Ces négociations n'entraient pas dans ses attributions institutionnelles : ce type de contrat relève normalement du commissaire à la Santé, Thierry Breton, qui a d'ailleurs exprimé publiquement son agacement d'avoir été tenu à l'écart.

Le New York Times révélait l'existence de ces échanges en avril 2021. La médiatrice européenne Emily O'Reilly ouvrait une enquête. Résultat : la Commission européenne a déclaré que les SMS avaient été perdus ou supprimés et n'entraient de toute façon pas dans la catégorie des « documents » soumis à obligation de transparence. La médiatrice européenne a qualifié cette réponse de « maladministration » caractérisée. Le Parlement européen a voté une résolution demandant la publication. Rien n'a été publié. Les SMS restent introuvables.

Les contrats européens eux-mêmes, contrairement aux contrats suisses arrachés par voie judiciaire, ne sont toujours pas publiés sans caviardage. Les prix, les clauses de responsabilité, les conditions de renégociation : toujours sous les bandes noires. L'argent public européen (plusieurs dizaines de milliards d'euros) a financé ces achats. Les citoyens européens n'ont pas accès aux conditions dans lesquelles cet argent a été dépensé. Ursula von der Leyen n’a pas été plus poursuivie. Elle a été reconduite à la présidence de la Commission en 2024. Et cette publication suisse fait un flop dans les instances européennes. Silence… Il ne faudrait pas indisposer l’industrie pharmaceutique en cas de prochaine pandémie !

5.2. La France, le secret défense et l'opacité de gouvernement

En France, la situation est encore plus verrouillée, pour une raison institutionnelle précise : toutes les décisions sanitaires majeures de la période Covid ont été prises en Conseil de défense - une instance présidée par le chef de l'État, dont les délibérations sont couvertes par le secret défense. Confinements, couvre-feux, passe sanitaire, stratégie vaccinale, contrats d'achat : décidés dans la plus grande opacité constitutionnelle, en dehors du Conseil des ministres, sans consultation du Parlement, sans compte-rendu public, sans possibilité de recours ou d'audit ultérieur. Un modèle d’état d’exception. Qui a duré plus de deux ans… bien après la sidération des premières semaines, non ?

Ce mode de fonctionnement n'est pas une anomalie : c'est un choix. Utiliser le Conseil de défense pour des décisions de santé publique permettait de les soustraire aux procédures normales de transparence démocratique, aux questions parlementaires, aux commissions d'enquête. Le Parlement français, réduit à un rôle de chambre d'enregistrement pendant toute la période, a voté les lois d'état d'urgence sanitaire sans avoir accès aux données sur lesquelles se fondaient les décisions.

Les contrats français d'achat de vaccins restent, à ce jour, non publiés dans leur version non caviardée. La France n'a pas eu son équivalent du Tribunal administratif fédéral suisse pour forcer la transparence. Elle n'a pas eu non plus la tradition helvétique du droit d'accès aux documents administratifs. Et personne, dans les médias dominants, n'a jugé utile de le réclamer.

5.3. L'omerta médiatique : le silence le plus éloquent

Car voilà le troisième niveau, et peut-être le plus révélateur pour qui s'intéresse au fonctionnement réel de la démocratie médiatique.

Les contrats suisses ont été publiés sans caviardage à la mi-avril 2026. C'est une première mondiale : jamais des contrats vaccinaux Covid complets n'avaient été rendus publics par une autorité étatique après arrêt de justice. Les clauses d'immunité totale des fabricants, le prix de 30 dollars la dose Moderna, la reconnaissance contractuelle d'une efficacité inconnue, le transfert intégral du risque juridique vers l'État : tout cela est désormais dans le domaine public, en accès libre sur le site de l'OFSP.

Depuis mi-avril 2026, en France : silence. Ni France Inter, ni France Info, ni BFM, ni CNews, ni Le Monde, ni Le Figaro, ni Libération. Pas un article, pas un reportage, pas une édition spéciale. Aucun. En Suisse, quelques timides échos dans Le Temps et Blick - prudents, factuels, sans remise en question de fond. Mais rien du tout en France. Ni audiovisuel public ni privé. Tous unis dans le même silence.

Ce silence n'est pas une coïncidence. Il est la démonstration en actes de ce que j'analysais dans un précédent article sur les médias français : quand les intérêts des grands groupes pharmaceutiques (qui sont aussi de grands annonceurs publicitaires) croisent les habitudes de déférence envers le pouvoir institutionnel, le journalisme d'investigation disparaît. On ne mord pas la main qui nourrit. On ne dérange pas les puissances avec lesquelles on dîne.

C'est exactement ce que Serge Halimi appelait le journalisme des chiens de garde. Le chien de garde ne mord pas le propriétaire de la maison. Il aboie sur les intrus et les menace (les antivax, les complotistes, les opposants au passe sanitaire – les pauvres suspectés de frauder aux aides sociales, ça c’est grave, coco !) et se tait quand les contrats secrets prouvent que certaines de leurs questions n'étaient pas si absurdes. L'omerta n'est pas organisée : elle est structurelle. Elle est le produit naturel d'une presse concentrée entre les mains de quelques milliardaires et d'un audiovisuel public dont les responsables savent d'instinct ce qu'il vaut mieux ne pas creuser.

Conclusion

Une alliance objective s'est ainsi constituée (sans réunion secrète, sans complot) entre élus qui ont gouverné par décrets et conseils de défense, fabricants pharmaceutiques immunisés contractuellement contre toute conséquence, et médias qui n'ont pas posé les questions qui dérangent. Une alliance des pouvoirs contre la transparence démocratique. Ce n'est pas de la théorie du complot. C'est de l'observation des faits, désormais disponibles pour tous. La Suisse a montré à travers cet épisode l’indépendance de son système de justice par rapport aux pouvoirs (politique, financier). On attend toujours que l’UE donne des signes tangibles d’un quelconque fonctionnement démocratique. On attend la même chose de la part du Pouvoir, en France. Il est à craindre qu’on attende longtemps !

Enfin, à titre personnel, je n’attends plus rien de la presse. Cet épisode est une nouvelle illustration que l’espace d’information s’est transformé en France en espace de persuasion : autrement dit, de propagande. On passe des journées entières sur les chaines en continu à essayer de décrypter les paroles sans queue ni tête de la Pythie de Washington dans ses manœuvres guerrières, ce qui n’est pas de l’information mais du bavardage de personnes qui n’ont aucun fait réel à se mettre sous la dent, mais on ne trouve pas une heure d’émission pour se pencher sur une publication, dans un pays voisin, et pour informer les citoyens français. Une heure de recherche d’info, sur le net : il ne m’a pas fallu plus de temps pour réunir des faits. Deux ou trois pour consulter les rapports, puis deux ou trois pour rédiger, dans un avion. Et ce n’est pas mon métier !

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