La pastorale de la peur : quand la météo devient instrument de gouvernement

Le 18/06/2026 0

Article du 18 juin 2026

À vrai dire, j'aurais dû appeler cet article "L'été meurtrier". Ce que l'on appelait avant les "beaux jours" sont depuis quelques années devenus des jours de peur et d'inquiétude. Parce qu'on a pris 1,4 degré en plus depuis quelques décennies ? Ou bien parce que nous sommes bombardés de discours destinés à nous faire peur ? Fini le sea , sex and sun, l'été est devenu la saison de tous les dangers. Ce que je vais essayer de montrer, c'est que du fatalisme climatique au Direct canicule du journal Le Monde, le discours catastrophiste fait système. Il discipline. Il soumet. Il ment : pas sur le réchauffement, mais sur ses effets réels, ici et maintenant.

 

Un sondage Ipsos publié en avril 2026, portant sur 23 704 personnes dans 31 pays, révèle une donnée paradoxale : la Suisse, l'un des pays qui se réchauffent le plus vite au monde, est aussi l'un de ceux où le fatalisme climatique progresse le plus. 29 % des Suisses estiment désormais qu'il est « trop tard pour faire quoi que ce soit ». Le sentiment de responsabilité individuelle recule de 14 points depuis 2021. « Un tournant psychologique », diagnostique Marcus Burke, analyste Ipsos, sans s'interroger sur les causes de ce retournement.

Ce constat mérite qu'on s'y arrête. Non pour s'en alarmer, mais pour l'interpréter à rebours du discours dominant : et si le fatalisme climatique était, au moins en partie, la conséquence directe du discours climatique lui-même ? Et si la pastorale de la peur, orchestrée en continu par les médias et amplifiée par les pouvoirs publics, produisait exactement l'inverse de ce qu'elle prétend viser ?

Ce n'est pas une question de climato-scepticisme. Le réchauffement est réel, documenté, mesurable. Mais entre le phénomène et son exploitation discursive, il y a un gouffre que personne ne veut examiner sérieusement. C'est ce gouffre-là qui m’intéresse.

1. Faites peur, il en restera toujours quelque chose

Fin mai 2026. Une période de chaleur s'installe sur la France. Inhabituelle pour la saison, mais ni extrême ni durable. Quelques jours au-dessus des normales. 33 °C à Torcy, 32 °C à Beauvais. Des températures que l'Espagne, l'Italie ou le Maroc connaissent régulièrement en cette saison, sans que personne ne déclenche une cellule de crise.

En France, l'appareil médiatico-gouvernemental s'emballe. Le Premier ministre Sébastien Lecornu préside une réunion interministérielle. Les chaînes d'info lancent leurs Directs. Le Monde ouvre un live en temps réel. Météo-France publie ses cartes de vigilance. Et chaque bulletin, chaque titre, chaque dépêche martèle la même formule :

« Ces températures exceptionnelles pour un mois de mai posent des questions quant au niveau de préparation du pays aux prochaines canicules, qui avec le réchauffement climatique dû aux activités humaines deviennent plus intenses et fréquentes. » — Le Monde, Direct canicule, 30 mai 2026

Observons la construction de cette phrase. Elle ne décrit pas un danger immédiat. Elle le projette. Elle articule un fait météorologique présent (il fait chaud) à une culpabilisation implicite (« dû aux activités humaines ») et à une menace future (« plus intenses et fréquentes »). On ne rate pas une occasion d'enfoncer le clou. C'est de la doxa, pas de l'information.

Quel danger concret, ce jour-là ? Les messages officiels se résumaient à : « hydratez-vous ». Ce qui justifie une réunion interministérielle, vraiment ? Bientôt, quand il fera 22 degrés en janvier, fera-t-on aussi un Direct live de crise ?

Le vocabulaire de la catastrophe comme mode de normalisation

La mécanique discursive est bien rodée. Futura Sciences titre, le 15 juin 2026 : « Nouvelle vague de chaleur confirmée : un événement dangereux se met en place, voici ce à quoi il faut se préparer ». Les mots-clés associés à l'article, révélateurs : Urgence climatique, Crise climatique, Dôme de chaleur, Températures record. L'article lui-même annonce, avec des conditionnels et des probabilités : « des conditions véritablement dangereuses se généraliseront », « le seuil des 40 °C pourra être frôlé », « La fournaise revient ». Soit autant de formules qui fabriquent de l'anxiété dix jours avant les faits et qui, quand les faits arrivent, se trouvent être partiellement avérées, puisqu'il finit toujours par faire « plus chaud que la normale » quelque part en France en été.

Météo Paris, le 10 juin, titre sobrement : « La canicule des prochains jours peut-elle rivaliser avec celle de fin mai ? ». Et de déployer un arsenal de graphiques, d'indices extrêmes, de scénarios divergents. La conclusion ? « Une chose est déjà certaine : après une fin mai historique, le mois de juin 2026 semble déterminé à poursuivre sur une trajectoire exceptionnellement chaude. » On pronostique, on dramatise, on prépare les esprits.

La pastorale de la peur est continue. À peine un épisode de chaleur est-il passé que le suivant est annoncé, avec force conditionnels. Si la prévision ne se vérifie pas, peu importe : on a vécu sous tension. Si elle se vérifie partiellement, on a eu raison. C'est un jeu gagné d'avance.

Le Monde pose même la question du naming des canicules, sur le modèle des ouragans : donner des prénoms, comme Lucifer ou Zoé, pour « mieux s'y préparer ». Un épisode de chaleur relative devient l'équivalent sémantique d'un cyclone tropical. On prépare les esprits. On façonne la perception. On fait vivre le pire avant même qu'il arrive. Et puis un des deux noms proposés par Le Monde : Lucifer, y a pas mieux pour faire peur 

2. On fait vivre le pire : l'art de confondre chaleur relative et chaleur absolue

Le 28 mai 2026, le ministère de la santé italien classe Rome, Florence, Bologne et Turin en alerte rouge niveau 3, le niveau le plus élevé du dispositif. Motif : des températures prévues de 33 °C à Turin, 32 °C à Florence, 31 °C à Rome.

Reprenons. 31 à 33 degrés, fin mai, en Italie centrale et septentrionale. Ce sont des températures que les habitants de Séville, d'Alger, d'Athènes ou de Lagos gèrent sans dispositif d'urgence nationale, sans alerte rouge, sans réunion de crise. C'est l'été méditerranéen. Il a toujours existé.

Mais en Italie, en France, ces températures sont désormais relatives, c'est-à-dire inhabituelles par rapport à un référentiel climatique local en train de changer. Et c'est là que le glissement s'opère : on mobilise le lexique de l'urgence absolue pour qualifier une anomalie statistique relative. Ce n'est pas la même chose.

Quand Météo-France fabrique la canicule par définition

Le mot « canicule » lui-même est une construction réglementaire, variable selon les régions, et parfaitement arbitraire dans ses seuils. Météo-France le reconnaît sans ambiguïté :

 Il n'existe pas de définition universelle du phénomène. Deux critères permettent de caractériser une vague de chaleur : les niveaux de température et la durée de l'épisode. Or, ces critères varient selon les régions du monde et les domaines considérés. » — Météo-France, cité dans Le Monde, 16 juin 2026

Et les seuils varient énormément selon les départements. Une canicule à Paris commence à 31 °C le jour et 21 °C la nuit. Dans les Deux-Sèvres, il faut 35 °C le jour et 20 °C la nuit. À Marseille, 35 °C le jour et 24 °C la nuit. Autrement dit : ce qui est une canicule officielle à Paris ne l'est pas à Marseille. Ce qui est une urgence nationale dans la Corrèze est la météo d'un jour ordinaire à Alger.

On voit ici que c'est une affaire de mots, de discours, de réglage de sens. L'institution produit la catégorie. La catégorie produit l'alarme. L'alarme appelle la protection. La protection renforce l'institution. C'est ce que Michel Foucault appelait la gouvernementalité : le gouvernement des conduites par le discours sur les risques.

Et Météo-France de nous informer que les « vagues de chaleur » s'accélèrent : « Sur les 51 vagues de chaleur détectées depuis 1947, 25 ont eu lieu entre 1947 et 2010, et 26 depuis 2011. » Le fait est indéniable. Mais il faut le replacer dans la définition. Une « vague de chaleur » selon Météo-France, c'est un indicateur thermique national supérieur à 25,3 °C pendant un jour, et supérieur à 23,4 °C pendant au moins trois jours. Peut-on survivre à un jour de température moyenne nationale à 25,3 degrés ? C'est ce que font tous les habitants des tropiques depuis toujours.

3. Le poids des mots : prolifération d'un lexique catastrophiste

Le discours climatique actuel mérite une analyse linguistique sérieuse. On n'a jamais autant nommé la chaleur. Elle envahit les colonnes, les unes, les alertes SMS, les titres des journaux télévisés. On aura bientôt autant de mots pour parler de la chaleur que les Inuits en ont pour la neige, mais à la différence des Inuits, dont le vocabulaire est fonctionnel, le nôtre est anxiogène.

Examinons le champ lexical produit par les médias lors de l'épisode de fin mai-mi-juin 2026 :

Dôme de chaleur — Plume de chaleur Vague de chaleur exceptionnelle — Événement dangereux — Urgence climatique — Canicule — Températures record — Trajectoire exceptionnellement chaude — Pic caniculaire — Nuits tropicales — Chaleur lourde — Scénario préoccupant — Indice de prévisions extrêmes — Fournaise — Risque croissant

Ce champ lexical est issu de quelques articles effectivement publiés. Vous les retrouvez aisément. Chaque terme pris isolément est défendable. C'est leur accumulation, leur répétition en boucle, leur omniprésence qui fabriquent la catastrophe dans l'imaginaire collectif, indépendamment de la réalité météorologique observée.

La chaîne La Chaîne Météo titre le 12 juin : « Vague de chaleur et risque de canicule la semaine prochaine : quelle étendue, intensité et durée ? » Méteo Paris, quelques jours plus tôt, avait déjà posé la question : « Va-t-on dépasser le record de 43 °C dans les prochains jours ? » On projette, on anticipe, on chiffre les pires hypothèses. Et quand les 43 °C ne viennent pas, l'article disparaît sans qu'on en parle

C'est le régime de l'alerte permanente. Il est structurellement asymétrique : les scénarios catastrophistes sont mis en avant, les démentis sont absorbés sans trace. La peur laisse toujours un résidu. C'est précisément son utilité.

4. Discours climatique et gouvernementalité : pourquoi le Pouvoir utilise cette peur

Précisons d'emblée ce que nous affirmons et ce que nous n'affirmons pas. Nous ne nions pas le réchauffement climatique. Nous ne prétendons pas que la chaleur est sans effets. La mortalité liée aux vagues de chaleur est réelle, documentée, et touche principalement les personnes âgées, les sans-abri, les populations fragilisées. En 2025, le collectif Les morts de la rue a comptabilisé au moins 929 décès de personnes sans domicile, des morts dont la chaleur est souvent un facteur aggravant.

Mais alors, il faut surtout dire que le froid tue beaucoup plus que la chaleur. Et ceci n’est jamais l’objet d’un discours médiatique. Une étude internationale publiée dans The Lancet par Antonio Gasparrini et ses collègues, portant sur plus de 74 millions de décès dans 13 pays concluait que les décès attribuables au froid étaient très supérieurs à ceux attribuables à la chaleur. Voici une représentation simplifiée des résultats mondiaux repris et confirmés par des travaux plus récents :

Décès mondiaux attribuables aux températures non optimales

 

Lancet

Ce que je questionne, c'est donc l'exploitation politique et médiatique du phénomène. Et cette exploitation est fonctionnelle, pas accidentelle. Elle répond à une logique de gouvernement.

La peur comme technique de gouvernement

Foucault avait décrit la gouvernementalité comme l'ensemble des techniques par lesquelles le Pouvoir agit sur les conduites, pas par la contrainte directe, mais par la structuration du champ des possibles. La peur est l'une de ces techniques. Elle est d'autant plus efficace qu'elle est diffuse, permanente, et qu'elle sollicite le sujet lui-même pour sa propre discipline.

La pastorale de la peur climatique remplit exactement cette fonction. En instillant une anxiété continue sur le temps qu'il fait, le Pouvoir :

- crée une demande de protection qui lui est favorable et le renforce ;

- fait accepter des mesures qui s'immiscent dans les vies privées (restrictions de déplacements, normes comportementales, dispositifs de surveillance)

- déplace la responsabilité sur les individus (culpabilisation via le « dû aux activités humaines ») plutôt que sur les structures économiques ;

- se montre dans ses réunions interministérielles, ses plans de prévention, ses cellules de crise,  bref, légitime son existence par la gestion d'un risque qu'il a lui-même contribué à dramatiser.

Le capitalisme vert, ou comment la peur devient marché.

Il y a une autre dimension, moins souvent nommée. Le réchauffement climatique, tel qu'il est mis en avant dans le discours dominant, est capitalo-compatible. La vraie solution au problème de l'épuisement des ressources naturelles et de la surproduction de biens inessentiels, c'est la décroissance. Mais le capitalisme l'a en horreur. Il ne peut croître qu'en croissant.

Alors que fait-on ? On prend un autre cheval écologique, capitalo-compatible : le réchauffement climatique. Il ne s'agit pas de produire moins, mais de produire autrement. Véhicules électriques, panneaux solaires, pompes à chaleur, compteurs intelligents, isolation thermique des bâtiments, filières de recyclage, crédits carbone : la transition énergétique est un marché colossal. Elle crée des filières, des emplois, des profits et elle laisse intacte la logique de croissance. Le capitalisme vert n'est pas une rupture avec le capitalisme. C'en est la dernière mue.

Dire cela, c'est aller contre la doxa. C'est aussi regarder en face ce que le discours climatique ne dit jamais : que l'ennemi réel n'est pas le CO₂ dans l'atmosphère, mais le mode de production qui l'y met, et que ce mode de production est précisément celui que la transition énergétique prétend sauver en le verdissant.

5. Les effets sur le corps social : fracture et rejet

Le matraquage médiatique n'est pas seulement contre-productif sur le plan civique. Il fracture. Pouruqoi les médias jouent-ils ce jeu dangeureux ? Pour faire de l'audience, du buzz, du clic, de la pub. 

5.1. Le rejet comme réaction rationnelle

Quand Evelyne Dhéliat, présentatrice météo historique de TF1, dit recevoir des « violentes attaques » après ses chroniques alarmistes sur la canicule, ce n'est pas d'abord de l'irrationalité. https://www.femmeactuelle.fr/actu/news-actu/on-na-jamais-vecu-cela-evelyne-dheliat-reagit-aux-violentes-attaques-a-l-encontre-des-journalistes-meteo-2208013

C'est une réaction à une saturation. Les gens ne rejettent pas le réchauffement climatique : ils rejettent l'instrumentalisation permanente de leur anxiété.

Ce rejet est traité, dans le discours dominant, comme du climato-scepticisme pathologique, une forme de « trumpisme », selon les termes de France Info.

https://www.franceinfo.fr/replay-radio/l-edito-politique/vague-de-chaleur-l-eternel-retour-du-climatoscepticisme_8005313.html 

C'est une disqualification commode. Elle évite de se demander pourquoi ce rejet existe, et ce qu'il dit de la relation entre les médias, le Pouvoir et la société.

On assiste là à une fracture du corps social du même type que celle qui a été vécue pendant le Covid : d'un côté, les porteurs du discours autorisé, de l'autre, ceux qui le contestent et sont immédiatement renvoyés à l'irrationnel. Le discours climatique dominant ne souffre pas la critique. Il ne dialogue pas. Il excommunie.

5.2. La conversation météorologique comme espace politique

Il y a quelque chose de particulièrement significatif dans ce basculement : parler du temps qu'il fait, qui était l'art de la conversation neutre (le sujet qu'on abordait précisément pour éviter les sujets qui fâchent) est devenu un acte politique. On est désormais sommé de prendre position. Adhérer au discours dominant ou être taxé de climato-sceptique.

C'est une perte sèche pour la vie sociale. Et c'est une victoire pour le Pouvoir, qui a su faire d'un phénomène météorologique un champ de bataille idéologique où les résistances sont présentées comme des pathologies.

6. Le paradoxe suisse, ou la leçon d'une enquête

Revenons aux Suisses. L'enquête Ipsos nous apprend que leur désengagement climatique s'accompagne, paradoxalement, d'une confiance élevée dans leur gouvernement : 32 % estiment qu'il « dispose d'un plan clair » pour faire face à la crise. En d'autres termes, ils font confiance à l'institution et se déchargent de la responsabilité sur elle.

C'est exactement le comportement que la pastorale de la peur produit lorsqu'elle fonctionne selon sa logique propre, non pas l'engagement citoyen, mais la délégation de la gestion du risque à l'autorité. On ne résout pas les problèmes mais on attend qu'on s'en occupe pour nous.

Marcus Burke s'en inquiète, sans en voir la cause : « Malgré l'enchaînement de nouveaux records de température, la disposition individuelle à agir contre le changement climatique est en recul. » Mais c'est précisément parce que les records s'enchaînent dans les discours (sans que le monde visible des individus change si dramatiquement !) que la crédibilité du message s'érode. Quand tout est exceptionnel, rien ne l'est plus. Quand chaque mois de juin est historique, l'histoire perd son sens.

La proportion de Suisses estimant qu'il est « trop tard pour faire quoi que ce soit » n'est pas le signe d'une ignorance. C'est peut-être le signe d'une lucidité : ils ont compris, de façon floue mais réelle, que les injonctions individuelles ne changeront pas les structures. Et que le discours qui les culpabilise sur leur comportement sert surtout à les distraire des responsabilités des grandes puissances économiques et des États.

Conclusion : distinguer le phénomène et son exploitation

Il fait plus chaud. Plus précocement, plus souvent. Ce n'est pas en doute. Mais le caractère dit « extrême » n'est que relatif. Il est relatif à nos habitats, à nos corps acclimatés à d'autres températures, à nos référentiels historiques. Il est aussi relatif à des définitions réglementaires variables, construites par des institutions dont l'existence dépend de leur capacité à produire de l'urgence.

Déclarer Rome en état d'alerte parce qu'il fait 32 degrés fin mai ne doit pas être considéré comme normal. Tenir une réunion interministérielle pour une vague de chaleur qui dure quatre jours ne devrait pas être considéré comme normal. Ouvrir un Direct live pour des températures qui s'approchent du bord supérieur de celles qu'on trouve ordinairement en juin au Portugal ne devrait pas être considéré comme normal.

Ce n'est pas en se soumettant à la pastorale de la peur que les sociétés modifieront réellement leurs modes de vie. C'est en comprenant lucidement quels intérêts sont servis par ce discours, quelles solutions sont délibérément absentes de l'agenda (la décroissance, la régulation de la production, la redistribution), et quelle technique politique consiste à gouverner des populations par la fabrication de leur anxiété permanente.

Le fatalisme climatique suisse n'est pas une pathologie. C'est peut-être la réponse rationnelle à un discours qui a perdu de vue la réalité vécue des gens pour mieux servir ceux qui ont intérêt à les discipliner.

 

Ajout du 19 juin :

Vous pourriez vous dire " t'énerve pas Bruno, c'est comme ça, laisse les dire. Ça change pas nos vies". Et je comprends ! Mais le problème c'est que ce discours change nos vies. Nos têtes d'abord, et ça c'est très important. Nos réflexes et nos réflexions.

Mais aussi nos libertés, au sens que l'on décide pour nous de ce qui est bon ou pas. Infantilisation, contrôle,  prise de pouvoir indue. 

Un exemple ? 

Regardez ce titre :

Annulation fe te

On annule des fêtes de la musique pour canicule. On décide donc pour nous si on est état de faire la fête ou pas. Mon article portait sur la relativité du danger, et sur le fait qu'on confond tout volontairement. On a ici une magnifique illustration. Lundi soir, ce sera comment ? Admettons que ce soit le pic de  la dite  canicule en France : 35 à 40 degrés. Chaud ! Mais au plus fort de la journée, à 14h. Fête de la musique à 21 heure : début de "nuit tropicale" comme on dit. 30 degrés et bientôt 25 degrés. Soleil couché. Une bière,  de l'eau, et encore tout ce que vous voulez boire ! Qui risque quoi dans ces conditions ??? Les jeunes de 15, 20 ans, 70, ils sont en danger ? Et si je suis fatigué, malade, souffrant de la chaleur, je reste chez moi et je regarde Patrick Bruel sur France 2. Ah ? Non pas cette année ? Mais JE décide. Citoyen responsable. Pas les autorités. 

On pourrait dire qu'on se fout du monde mais c'est pas ça. On augmente chaque jour le contrôle sur nos vies. Petits gestes, mesures pour notre bien. Qui peut protester dans ce cas ?

Vivement les festivals d'été en mars parce que je vois pas comment on ose encore en programmer en juillet ! C'était bon pour le monde d'avant, le festival de l'étang de Thau, Sion sous les étoiles. Oui on parfois eu chaud. Et alors ???

On peut ne pas s'occuper des discours politiques mais eux s'occupent de nous . 

PS du PS : ah oui. Les oraux du bac ne pourront pas avoir lieu l'après-midi. Le ministre vient de trancher. Il y avait urgence vitale. Les ados sont trop fragiles maintenant pour venir passer 30 min dans leur établissement. A l'ombre. Ou les profs qu'on fait travailler jusqu'à 65 ans peut être.. Je sais pas comment on faisait début juillet a Nîmes quand je passais les oraux du bac. 

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