Y a-t-il des guerres justes ? Ou juste des guerres ?

Le 09/06/2026 1

Article du 9 juin 2026

Hier, je lisais que l’UE avait pris des sanctions. Enfin ! Mais contre qui ? Netanyahou et son gouvernement belliciste ? Non, contre des acteurs iraniens du blocage d’Ormuz, ce qui veut dire que ce blocage est illégal, injuste, et il l’est assurément.

Mais toujours aucune sanction économique ou diplomatique contre les USA et Israël qui ont attaqué l’Iran ; aucune non plus contre Israël qui tue des civils en bombardant des villes et des villages au Liban, déjà des milliers de morts. C’est donc que leur guerre est juste ?

À moins que le droit international invoqué dans ces questions ne soit une immense hypocrisie. Même si vous penchez déjà pour cette dernière lecture, prenez le temps de lire cet article et la doctrine d’un dominicain de Salamanque, Francisco de Vitoria, qui a posé au XVIᵉ siècle les bornes éthiques de la guerre légitime.

Depuis cinq siècles, on ne cesse de les franchir en son nom.

On parle beaucoup de droit international quand on parle de guerre. Les politiciens, les experts de plateau s’en gargarisent. Pourtant, ce droit n’est pas codé quelque part, à la différence du droit public ou du droit pénal : il est fait d’accords entre Etats, d’alliances, de conventions mais aussi et surtout de principes moraux, de jurisprudences fondées sur de longues histoires de guerres dites justes.

Et parmi ces principes, il existe une doctrine qui, depuis le XVIᵉ siècle, sert à la fois à condamner les guerres injustes ou bien à les justifier. C’est la même, tout dépend du narratif que l’on construit autour. Formulée par Francisco de Vitoria, relue par des générations de juristes, de stratèges et de chefs d’État, la théorie de la guerra justa est peut-être la plus grande ruse de l’histoire du droit : elle prétend poser des limites à la violence légitime tout en fournissant le vocabulaire pour les contourner.

Comprendre cette doctrine, c’est comprendre comment on a massacré des Indiens au nom de leur dignité, comment on met sous blocus, sous embargo, des populations civiles au nom de leurs droits, comment on bombarde des civils, comment on détruit des hôpitaux et des écoles, au nom de la paix. C’est aussi, et c’est l’essentiel, disposer d’un outil critique pour juger les guerres de notre temps, à commencer par celles qu’on hésite encore à nommer pour ce qu’elles sont.

1. Vitoria, ou l’invention d’un droit universel de la guerre

Francisco de Vitoria (1486–1546) a étudié à la Sorbonne et enseigné la théologie à Salamanque au moment où l’Espagne détruisait des civilisations entières dans le Nouveau Monde. Ce n’était pas un révolutionnaire, mais un scolastique rigoureux qui prenait au sérieux une question que ses contemporains préféraient éluder : les Indiens ont-ils des droits ? Et si oui, que reste-t-il de la légitimité des conquêtes ? Quelques années après sa mort, en 1550, eut lieu la célèbre Controverse de Valladolid, directement inspirée de ses réflexions, celle que Jean-Claude Carrière a magistralement mise en scène, avec Jean Carmet et Jean-Pierre Marielle. « Les Indiens ont-ils une âme ? » C’était le thème.

Sa réponse, développée dans deux relectionesDe Indis (Des Indiens) et De iure belli (Du droit de la guerre), est aussi simple que radicale pour l’époque : oui, les Indiens sont des personnes rationnelles, titulaires de droits naturels ; et non, la découverte ne confère aucun droit automatique à les dominer, les dépouiller ou les réduire en esclavage.

« Les Indiens ne sont pas des êtres moins humains ni inhumains ; ce sont des personnes douées de raison, c’est-à-dire de dignité humaine. » (De Indis)

Cette affirmation n’est pas rien. Elle est le fondement de ce qui deviendra, quelques siècles plus tard, le droit international humanitaire. Avant Vitoria, la légitimité de la conquête était largement une question théologique : l’infidèle n’était pas tout à fait un sujet de droit. Après lui, tout peuple possède une dignité naturelle que la force armée ne peut légitimement violer sans cause.

Mais Vitoria va plus loin. Ayant établi que les Indiens étaient des personnes humaines à part entière, il pose les conditions d’une guerre juste et il le fait avec une précision qui est aussi une mise en garde :

« La guerre est juste si elle est engagée pour une cause légitime — défense ou réparation d’un tort — par une autorité légitime, afin de restaurer l’ordre et la paix. » (De iure belli)

Il pose quatre critères, que je reprends ici.

a. La cause doit être juste en elle-même : c’est le cas de la guerre de défense ou de réparation d’un tort grave et démontrable.

b. Elle doit être menée par une autorité légitime : c’est-à-dire une puissance publique habilitée, non par un conquistador aventurier agissant pour son propre compte.

c. Les moyens doivent être proportionnés aux fins.

d. La finalité doit être orientée vers le bien commun et la paix, non vers l’enrichissement, le contrôle territorial ou la domination.

Ces quatre piliers sont indissociables. Manquer à l’un d’eux suffit à rendre la guerre injuste. C’est simple. C’est clair.

Au point qu’on n’a pas cessé, depuis cinq siècles, de les ignorer… tout en s’y référant constamment.

2. La conquête coloniale : trahison immédiate

Je travaille en ce moment sur la colonisation, sous l’angle de la diffusion (le mot imposition est plus juste) du français auprès de populations qui n’en avaient nul besoin, jusqu’à ce que la France s’intéresse à leur territoire et à leurs richesses. C’est par ce chemin que je suis revenu à ces questions de droit international.

La plume de Vitoria était à peine sèche que ses principes étaient déjà contournés en Amérique du Sud. Vitoria admettait, dans certaines formulations prudentes, qu’une intervention pouvait être licite « si des crimes graves sont commis contre des innocents ». Les juristes impériaux se sont immédiatement emparés de cette ouverture pour justifier des campagnes de terreur au nom de la protection des victimes. La « réparation du tort » est devenue synonyme de punition préventive, de destruction des structures politiques locales, de travail forcé. Les conquistadores, appuyés par des capitulations royales et des bulles pontificales, faisaient tout ce qu’il fallait pour afficher la justesse de la cause : la mission évangélisatrice et la sanction des « crimes » indiens (cannibalisme, sacrifices humains, refus de la foi). Pourtant, pour Vitoria, cela ne suffisait toujours pas :

« Il n’y a rien là qui justifie domination ou spoliation sans cause juste. » (De Indis)

En fait, la logique réelle des conquistadors obéissait à des intérêts que Vitoria lui-même condamnait sans ambigüité : il s’agissait de mettre la main sur un continent et sur ses richesses.

Poser des limites strictes n’avait donc pas suffi.

C’est la première leçon de ce concept : plus une doctrine éthique est rigoureuse dans ses conditions, plus son détournement exige de sophistication. Mais il suffit de l’enrober d’un bon narratif, de faire sonner le chœur médiatique, et le détournement devient invisible. Voilà la guerre devenue juste !

Des femmes sont à libérer en Iran ? urgence absolue. Et d’ailleurs, l’Iran (qui n’a pourtant attaqué aucun de ses voisins depuis des siècles) était, dit-on, à quelques semaines de l’arme nucléaire ! Cause juste, donc. Et donc pas de sanction même quand on détruit des ponts, des ports, qu’on bombarde des écoles, des quartiers et que, avant cela, on met le pays sous embargo.

3. Les héritiers modernes : même structure, même ruse

Ce qui distingue les interventions contemporaines des conquêtes du XVIᵉ siècle, c’est le vocabulaire. On ne parle plus d’évangélisation, mais de démocratie, de droits humains, de sécurité collective, de responsabilité de protéger. La structure argumentative est strictement la même : une cause morale apparente, une autorité qui se déclare elle-même légitime, et une proportionnalité que personne ne mesure vraiment.

Prenons le cas du Venezuela.

Depuis 2017, les États-Unis imposent au Venezuela des sanctions économiques massives ciblant le pétrole et les finances publiques ; puis, en 2019, ils reconnaissent Juan Guaidó comme président par intérim et multiplient les pressions diplomatiques et militaires. En janvier 2026, une opération conduisant à l’arrestation de Nicolás Maduro marque le passage au conflit ouvert.

Officiellement, dans ce pays non aligné, il s’agissait de restaurer la démocratie, de lutter contre la corruption et le trafic de stupéfiants, de protéger les droits humains.

Vitoria y reconnaîtrait-il une cause juste ? À s’en tenir aux déclarations officielles, presque. En n’écoutant que les applaudissements médiatiques, on pourrait y croire.

Mais depuis que le pétrole a été mis sous tutelle américaine, rien de perceptible n’a changé au Venezuela… sinon la destination du précieux liquide.

Deuxième critère : l’autorité légitime. En quoi les États-Unis l’étaient-ils au Venezuela ? L’intervention a été unilatérale, sans mandat international. Les deux conditions du critère sont absentes.

Troisième critère : la proportionnalité. L’arrestation de Maduro a certes été rapide, mais ce n’était que le coup final. Pendant des années, les sanctions ont infligé une souffrance civile considérable. Des études économiques (https://www.humanite.fr/monde/etats-unis/guerre-economique-en-quoi-consiste-la-strategie-de-pression-maximale-de-washington-pour-asphyxier-le-venezuela) documentent que ces sanctions généralisées ont directement aggravé la crise humanitaire, en réduisant les importations de nourriture et de médicaments, frappant la population civile — celle que l’intervention prétendait protéger. La revue The Lancet a publié le 13 juin 2019 « US sanctions in Venezuela: help, hindrance, or violation of human rights? » (https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(19)31397-2/fulltext) : 43 mesures coercitives unilatérales appliquées depuis 2014, économie paralysée, exportations pétrolières bloquées, avoirs gelés, plus de 300 000 personnes à risque faute de médicaments vitaux. L’article qualifiait ces sanctions de punition collective au sens des conventions de Genève et de La Haye.

La rhétorique de la démocratie va-t-en-guerre est l’héritière déformée de la mission évangélisatrice : elle habille une politique de pression géopolitique et de mise sous tutelle.

4. Israël-Palestine et Liban après le 7 octobre : la guerre juste à l’épreuve du réel

Le 7 octobre 2023, le Hamas lance depuis Gaza une attaque d’une ampleur sans précédent contre Israël : environ 1 200 morts, des centaines d’otages enlevés sur le territoire israélien. La réponse militaire israélienne, baptisée opération « Épées de fer », s’est déployée pendant plus de dix-huit mois sur Gaza, avec une extension au Liban à l’automne 2024 visant le Hezbollah. Elle est l’objet d’un débat politique et juridique mondial où la notion de guerre juste est constamment convoquée. C’est précisément là qu’il faut appliquer Vitoria, critère par critère.

4.1. Cause juste : un point de départ réel, mais insuffisant à lui seul

La cause initiale est ici la plus nette des cas examinés. Une attaque armée de masse contre des civils sur le territoire d’un État constitue, au sens strict, la défense que Vitoria reconnaît comme fondement légitime d’une réponse militaire. Israël a subi une agression. Il a le droit de se défendre. Ce point ne fait pas débat au regard des critères vitoriens.

Mais, et c’est une réserve importante, le 7 octobre n’est un point de départ que si on l’isole d’une chaîne causale beaucoup plus longue, dans laquelle l’agressé n’a pas toujours ce seul rôle. Je ne développe pas ici le paradigme de la colonisation par le vide qu’Israël met en œuvre depuis plusieurs années — visant l’expulsion progressive de la population palestinienne de Gaza comme de Cisjordanie. J’y ai consacré un article (https://informations-covid.e-monsite.com/blog/israel-palestine-une-colonisation-par-le-vide-au-21e-siecle.html).

4.2. La proportionnalité

Vitoria est explicite : la cause juste initiale ne suffit pas à rendre juste l’ensemble des opérations qui s’ensuivent. Elle autorise seulement une réponse proportionnée et ciblée sur ceux qui ont commis le tort. Même une guerre engagée pour une cause juste devient injuste si les moyens employés causent des souffrances disproportionnées aux innocents. Il n’y a pas de victoire militaire qui rachète une hécatombe civile.

Les chiffres de Gaza depuis octobre 2023 sont vertigineux : plus de 50 000 morts palestiniens documentés, dont une majorité de civils selon l’ONU, Médecins Sans Frontières et de nombreux journalistes indépendants. Des quartiers entiers de Gaza City, Khan Younis et Rafah ont été rasés. Des hôpitaux ciblés ou mis hors d’usage. L’accès à l’aide humanitaire délibérément restreint pendant de longues périodes. La Cour internationale de Justice a ordonné des mesures conservatoires dès janvier 2024, estimant que le risque de génocide ne pouvait être exclu. La Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre Benyamin Netanyahou et l’ex-ministre de la Défense Yoav Gallant pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

Au sens vitorien, cette réalité pose un problème insurmontable. L’argument selon lequel le Hamas se cache parmi les civils est réel, mais c’est exactement celui que Vitoria refuse d’accepter comme justification d’une violence indiscriminée. L’intention de l’adversaire ne décharge pas l’agresseur de sa responsabilité morale à l’égard des innocents. On ne peut pas tuer les civils d’une ville au motif que l’ennemi s’en servirait comme bouclier.

4.3. L’autorité légitime et la question internationale

Vitoria accorde une importance particulière à la dimension collective de la décision de guerre : une autorité qui se juge elle-même juste, sans recours à un arbitrage extérieur, est suspecte. Le blocage systématique des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU par les États-Unis a privé le conflit de tout cadre multilatéral de régulation. Israël décide seul, et sans frein institutionnel, de ses objectifs et de ses moyens.

Ces derniers temps, Israël somme les populations de quitter leurs villages et leurs villes (Beyrouth, Tyr !) avant de bombarder, en conservant les apparences. Quelle justification peut bien exister pour bombarder des populations civiles dans leur ensemble ? Les prévenir rend-il l’acte plus moral ? Ces populations n’ont aucun moyen de se défendre : l’aviation bombarde sans risque.

5. Comment on détourne Vitoria : anatomie d’une manipulation

L’analyse de ces cas révèle une mécanique précise, identifiable à travers les siècles, par laquelle les États agresseurs continuent de se réclamer du droit international tout en le vidant de son contenu.

Premier mécanisme : l’élargissement de la « cause juste ». Vitoria entendait par là la défense ou la réparation d’un tort précis, démontrable, immédiat. Ses héritiers ont progressivement élargi ce concept pour y inclure la mission civilisatrice, l’évangélisation, la promotion de la démocratie, la lutte contre le terrorisme, la non-prolifération nucléaire. Chaque époque a sa version du « tort grave » qui justifie tout.

Deuxième mécanisme : l’autorité qui se désigne elle-même comme légitime. Vitoria supposait une autorité publique habilitée par un ordre juridique. Dans les faits, des conquistadores aux grandes puissances contemporaines, c’est le plus fort qui se proclame autorité légitime. L’unilatéralisme est la règle, le multilatéralisme l’exception.

Troisième mécanisme : la proportion introuvable. Vitoria exigeait qu’on mesure les dommages causés aux innocents. C’est précisément ce que les états-majors modernes refusent de faire publiquement : les pertes civiles sont toujours minimisées. Actuellement, les morts du Liban ne sont que des chiffres, mais une seule soldate israélienne tuée au combat a droit à sa biographie dans Le Figaro (https://www.lefigaro.fr/international/israel-une-soldate-tuee-par-un-drone-explosif-du-hezbollah-20260528). Que reste-t-il de la proportionnalité selon le ministre Smotrich ? Jugez-en : « La seule manière, à l’heure actuelle, d’empêcher que nos soldats soient touchés est de raser dix immeubles dans la banlieue sud de Beyrouth pour chaque drone » tiré par le Hezbollah. Et pour enfoncer le clou : « Pour chaque drone qui frappe un de nos soldats, il faut détruire cent immeubles. »

Quatrième mécanisme : la finalité comme écran. La « paix » et le « bien commun » vitoriens sont devenus des formules rhétoriques. On bombarde pour la paix, on bloque le détroit d’Ormuz pour la liberté, on détruit pour protéger. La finalité déclarée ne correspond jamais aux effets réels.

Le résultat de cette mécanique est ce qu’on pourrait appeler le paradoxe de Vitoria : plus sa doctrine est précise, plus elle offre de prise à ceux qui veulent paraître respecter des critères tout en les vidant de leur contenu. C’est le destin de toute norme éthique quand elle entre dans le champ politique.

6. Ce que Vitoria nous demande encore

On aurait tort de conclure que la doctrine vitorienne est inutilisable, condamnée à servir d’alibi. Appliquée avec rigueur et sans complaisance, elle reste l’un des outils critiques les plus puissants pour juger les guerres de notre époque.

Ce qu’elle exige d’abord, c’est l’intransigeance sur les critères. La cause juste ne se présume pas : elle se démontre.

L’autorité légitime ne se décrète pas unilatéralement.

La proportionnalité n’est pas une notion floue : elle se mesure en vies civiles perdues, en destructions d’infrastructures, en souffrances documentées.

La finalité n’est pas un slogan : elle s’évalue à l’horizon politique concret que l’intervention ouvre ou ferme.

Ce qu’elle exige encore, c’est de refuser la hiérarchie des victimes. Vitoria ne distinguait pas les Indiens des Espagnols, les « barbares » des civilisés. « Personne de dignité humaine » disait Vitoria des Indiens : cette formule ne souffre pas d’exceptions géographiques, culturelles ou géopolitiques. Les civils gazaouis, libanais, vénézuéliens et cubains frappés par les sanctions sont, au regard de la doctrine vitorienne, des sujets de droit que nulle « cause juste » ne peut légitimement écraser. Et pourtant !

Ce qu’elle exige enfin, c’est la méfiance à l’égard du vocabulaire moral. Chaque époque habille ses guerres de justifications éthiques. Quand une puissance mobilise la philosophie, le droit et la morale pour défendre une action militaire, la première question à poser reste toujours : remplit-elle vraiment les conditions qu’elle invoque ?

La réponse, depuis cinq siècles, est presque toujours non. Aucune guerre récente n’y fait exception.

Commentaires

  • JOSEPH

    1 JOSEPH Le 10/06/2026

    Ce que tu expliques dans ce remarquable article est effarant. Le" vulgum pecus" se doute de tout cela mais ne sait pas le démontrer avec ton brio. On ne peut rien faire contre ce type de prédation qui est celle du plus fort et qui se moque de la justice et de la morale. Les États sont gouvernés par des psychopathes probablement pervers narcissiques eux-mêmes sous l'emprise d'autres individus du même acabit. La solution est l'Éloge de la fuite. Mais tout se bouche. Aller où? La mondialisation est un nivellement, une suppression de biodiversité, une mort programmée de l'humanité. Trompettes ! smiley 1

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