On annule à tour de bras les festivités du 14 juillet, les feux d’artifice et les bals des pompiers. Dans l’Hérault, sauf dans les communes du littoral, mais aussi dans les… Ardennes. Les Deux-Sèvres, l’Indre et Loire, la Côte d’or. Je ne fais pas une liste exhaustive, j’ai juste parcouru la presse régionale. Voici pour les Ardennes, où j’ai passé un an, les incendies n’y sont pas monnaie courante ! https://www.lardennais.fr/id816798/article/2026-07-09/feux-dartifice-la-liste-des-communes-des-ardennes-ou-ils-sont-annules.
Pour entrer dans l’analyse, commençons par les faits bruts, tels qu'ils ont été publiés par Le Bien Public pour la seule Côte-d'Or. Le Bien Public — « Face aux risques d'incendie, de nombreux événements annulés ou reportés pour le 14-Juillet » (Côte-d'Or), 8 juillet 2026. bienpublic.com
La préfète avait pris un arrêté parfaitement raisonnable : interdire les feux d'artifice dans un périmètre de moins de 200 mètres des espaces boisés, en raison d'un risque sévère d'incendie sur l'ensemble des huit massifs forestiers du département. La logique est claire, la mesure proportionnée.
Mais ensuite, observez ce qui s'est passé ensuite, commune par commune. À Moloy : annulation de la retraite aux lampions, du feu d'artifice et de toute la soirée. À Brazey-en-Plaine : feu d'artifice, retraite aux flambeaux et bal des jeunes sapeurs-pompiers annulés. À Aignay-le-Duc : même scénario, feu d'artifice, retraite aux flambeaux, bal des pompiers, tout disparaît. À Genlis : feu d'artifice et bal populaire annulés. Seules la cérémonie officielle et le repas subsistent. Beaune : feu d'artifice et défilé annulés. À Auxonne : les animations du 13 juillet supprimées, le cinéma en plein air supprimé. Le 14 : le pique-nique républicain annulé, le feu d'artifice annulé, le bal annulé.
Arrêtons-nous sur Auxonne et son pique-nique républicain. On a des gens assis dehors, en plein jour, qui mangent ensemble. Danger !!! Euh… en quoi cela présente-t-il un rapport avec un risque de départ de feu lié à un spectacle pyrotechnique nocturne ? La réponse n'existe pas. Et c'est précisément ce silence qui parle le plus fort.
Pour être tout à fait juste, notons que d'autres communes ont fait un choix différent. Broin a supprimé le feu d'artifice et la retraite aux flambeaux, mais la commune a maintenu sa paella géante ! Arc-sur-Tille a annulé le feu d'artifice et a conservé la soirée animée. Savigny-lès-Beaune a gardé les festivités. En fait, ces communes-là ont fait ce que la logique commandait : supprimer l'élément dangereux et préserver tout le reste !
La différence entre ces deux groupes de communes, dont je présume qu’elles sont assez semblables, n'est pas une différence de risque climatique. C'est une différence de philosophie de l'action publique. Et cette différence-là, personne ne la commente, personne ne la questionne, personne ne demande aux élus qui ont tout annulé d'expliquer le lien entre un pique-nique de midi et un incendie de forêt. On revient à mes finales de tournoi de tennis annulées un dimanche alors qu’il allait faire entre 24 degrés et 32 !
2. L'Hérault, ou le risque sans preuve
Dans l'Hérault, la préfète a annulé la quasi-totalité des feux d'artifice de l'intérieur du département pour le 14 juillet, invoquant un risque d'incendie élevé. Acte compréhensible en période de sécheresse et on est dans le Midi, et les pompiers ont déjà fort à faire. Mais j'ai voulu aller un peu plus loin et questionner la fausse évidence : les feux d'artifice du 14 juillet provoqueraient régulièrement des incendies majeurs.
Alors j'ai cherché. Le Plan départemental de protection des forêts contre les incendies de l'Hérault liste les causes de départ de feu : malveillance (47 %), activités des particuliers (22 %), travaux professionnels (20 %), causes accidentelles diverses (10 %). Les feux d'artifice n'y apparaissent même pas comme catégorie statistique individualisée.
Cela ne signifie pas qu'un feu d'artifice n'a jamais provoqué le moindre départ de feu. Cela signifie qu'il n'existe pas de série statistique établissant que les feux d'artifice constituent une cause significative d'incendies dans ce département. Nous sommes donc devant une politique publique fondée davantage sur un risque potentiel que sur une fréquence documentée. Ce n'est pas la même chose.
Je ne dis pas que la précaution n’est pas légitime. L'absence de preuve n'est pas une preuve d'absence, c'est vrai ! Mais la gradation des mesures devrait, dans un État de droit, être proportionnelle à l'ampleur du risque démontré, pas à l'ampleur de l'anxiété ambiante. Or ce que nous observons cet été, c'est une gradation sans boussole, qui s'étend bien au-delà de la source du danger identifié.
Allons un peu plus loin dans la réflexion.
3. Solidays, la Marche des fiertés : quand la préfecture décide pour 500 000 personnes
Le week-end du 28 juin 2026, la préfecture de police de Paris a franchi une étape supplémentaire. Sous la canicule, elle a demandé aux organisateurs d'annuler tous les grands événements prévus dans la capitale ce week-end. Et précisé : dans l'hypothèse où ils n'y consentiraient pas, le préfet de police les interdirait par arrêté.
Deux événements sont tombés d'un coup. Le festival Solidays, sur la pelouse de l'hippodrome de Longchamp a été annulé. La Marche des fiertés, qui attendait 500 000 personnes venues de toute l'Europe, a été reportée à la rentrée. https://www.publicsenat.fr/actualites/societe/canicule-apres-lannulation-du-festival-solidays-nous-perdons-3-millions-deuros-de-resultat
Notons d'abord ce qui mérite d'être noté : les organisateurs de Solidays n'étaient pas restés les bras croisés. Ils avaient mis en place brumisateurs, jets d'eau, camions frigorifiques pour conserver les 80 palettes de bouteilles d'eau au frais. Ils avaient répondu point par point à chacune des demandes de la préfecture tout au long de la semaine. La co-présidente de l'Inter-LGBT organisatrice de la Marche des fiertés indique de même que les bénévoles étaient en train d'installer un système de brumisation place de la République au moment où l'interdiction est tombée.
« Nous avons répondu à toutes les demandes de la préfecture. » — Anouk Veyret, co-
présidente de l'Inter-LGBT, Public Sénat, 26 juin 2026
« Le risque zéro n'existe pas. » — Luc Barruet, directeur de Solidays, Public Sénat, 26 juin 2026
Et c'est là le cœur du problème. Le risque zéro n'existe pas, et Barruet le dit lui-même, avec une lucidité désarmante. Mais c'est précisément ce risque zéro que la logique préfectorale semble désormais exiger comme condition pour qu'un événement puisse se tenir. Or cette condition est, par définition, inatteignable. Elle donne donc au Pouvoir un droit d'interdire permanent, total, indiscutable. N'importe quelle chaleur devient, dans ce cadre, une raison suffisante.
Le coût du renoncement
Les conséquences financières sont concrètes et documentées. Pour Solidays, les recettes du festival représentent 70 % du budget de l'association Solidarité Sida. L'annulation, décidée quelques heures avant l'ouverture, a entraîné une perte immédiate de 3 millions d'euros de résultat. Son directeur a déclaré publiquement ne pas savoir « de quoi va être fait l'avenir de Solidarité Sida », association qui finance des programmes de lutte contre le VIH dans dix-huit à vingt-et-un pays.
Du côté de la Marche des fiertés, 165 organismes avaient engagé des frais. Les sandwichs commandés pour les bénévoles. Le DJ dont il faut rembourser l'aller-retour et l'hôtel. La décoration qu'il faut stocker jusqu'en septembre. Les glaçons, les pistolets à eau, les bouteilles d'eau achetées pour la canicule, et désormais inutiles.
Ces pertes ne sont pas couvertes par les assurances ordinaires : une annulation pour canicule n'est pas considérée juridiquement comme une catastrophe naturelle. La sénatrice écologiste Anne Souyris a demandé une compensation directe de l'État. Ni le ministre de l'Intérieur, ni la ministre de la Santé, ni la ministre de la Culture n'ont donné suite aux sollicitations de Public Sénat. L'État décide. L'État ne compense pas. Il a fait pareil à Evian pour le G7. La ville a été en état de siège. Commerces et restaurants ont baissé pavillon ou tourné à vide. D’autres, obligés de fermer : aucune compensation !
4. La contamination : quand la précaution absorbe la fête
Ce qui se passe sous nos yeux cet été n'est pas une accumulation de décisions ponctuelles, chacune défendable prise isolément. C'est un phénomène de contamination progressive, où la logique de précaution déborde systématiquement du danger identifié pour envahir tout ce qui l'entoure.
La séquence, reconstituée depuis les faits observés, ressemble à ceci : on interdit le feu d'artifice (logique : risque d'incendie). On annule la retraite aux flambeaux (extension : elle aussi implique du feu). On supprime le bal des pompiers (extension : rassemblement nocturne, chaleur). On annule le cinéma en plein air (extension : rassemblement en extérieur). On supprime le pique-nique républicain (extension : rassemblement de jour, chaleur). On reporte la Marche des fiertés à la rentrée (extension : foule en mouvement, chaleur, hôpitaux).
Chaque étape a sa logique propre. La chaîne entière produit quelque chose d'autre : la disparition de la fête comme forme de vie collective (cf annulations de Fêtes de la Musique). Non pas comme effet recherché, mais comme résultat mécanique d'une application sans fin du principe de précaution à tout ce qui implique des corps dans un espace public sous le soleil.
Ce phénomène, je lui donne un nom : le puritanisme climatique. L'expression est discutable, elle porte une charge idéologique qu'il faut manipuler avec soin. Mais pour moi, elle désigne quelque chose de réel : une tendance à traiter le citoyen non comme un adulte capable d'évaluer son propre seuil de tolérance à la chaleur, mais comme un sujet qu'il faut protéger de lui-même, quitte à lui retirer la possibilité de décider.
Les festivaliers de Solidays étaient-ils incapables de juger s'ils voulaient passer un week-end en plein air sous 38 degrés avec des brumisateurs et de l'eau fraîche à disposition ? Les 500 000 personnes attendues à la Marche des fiertés n'avaient-elles pas le droit d'évaluer elles-mêmes si elles souhaitaient marcher ? On ne leur a pas posé la question. On a décidé pour elles. Puritanisme ? On annule deux événements liés à des communautés homosexuelles. J’exagère ? C’est possible, j’extrapole un peu sans doute, mais je rappelle aussi que pendant les « canicules », on a vu des interdictions de vente … d’alcool ! Pourquoi cette prohibition ?
5. La question qui n'est jamais posée
Il y a une question que les journaux ne posent jamais, que les préfets ne se posent jamais, que les élus qui annulent ne semblent pas se poser non plus : jusqu'où ? Jusqu'où va-t-on interdire ? Si 38 degrés justifie d'annuler la Marche des fiertés et Solidays, quel seuil justifie de maintenir le Tour de France, dont les étapes se courent cet été sous des températures similaires ? Quel seuil justifie de maintenir les matchs de tennis à Roland-Garros ou les épreuves d'athlétisme en plein air ? Quel seuil justifie de ne pas fermer les terrasses de café, les marchés de plein air, les plages ?
La réponse est simple : ces événements-là ont des intérêts économiques et télévisuels suffisamment puissants pour résister à la logique de précaution. Solidays, la Marche des fiertés, le pique-nique républicain d'Auxonne n'en ont pas. Ce n'est donc pas le risque qui détermine l'interdiction. C'est le rapport de force.
C'est aussi le signal politique. Chaque fois que le Peuple réclame de la sécurité (et la demande de protection contre la canicule est réelle, légitime, compréhensible), il abdique une portion de sa souveraineté. Chaque arrêté préfectoral d'annulation d'un événement festif est un transfert microscopique de pouvoir de décision du citoyen vers l'administration. Pris isolément, infime. Accumulés, structurants.
Le Pouvoir, et c'est ici que Foucault est irremplaçable, n'a pas besoin de le vouloir explicitement. Le préfet de police de Paris qui annule Solidays ne pense pas « je prends du pouvoir sur les citoyens ». Il pense « je protège la santé publique ». C'est exactement ce que la gouvernementalité produit : des acteurs sincères, convaincus d'agir pour le bien, qui contribuent objectivement à un rétrécissement continu de l'espace de liberté. La bonne foi ne change rien à la mécanique.
6. Singapour, la Sun Belt et la France qui préfère souffrir
Il y a un angle que personne dans le débat public français ne veut vraiment regarder en face. Le statisticien Pierre Chaillot, dans sa lettre Décode l'Éco, l'a formulé avec une précision qui mérite qu'on s'y attarde : face à la chaleur, la France affiche les carences infrastructurelles d'un pays en voie de développement.
Pierre Chaillot — Décode l'Éco, Substack : Chroniques du Statisticien aux States vol.4, 23 juin 2026 : France et canicule, le syndrome du pays en voie de développement. pierredecoderleco.substack.com
La comparaison est cruelle, mais les chiffres sont là. Aux États-Unis (rappelons avec Pierre Chaillot que New York partage la latitude de Madrid, qu'Atlanta et Dallas sont à la hauteur du Maroc) plus de 90 % des foyers sont équipés d'un système de climatisation, un taux qui culmine entre 96 et 99 % dans les États de la Sun Belt. Le taux de climatisation des écoles publiques américaines frôle les 80 %, et atteint 100 % dans les États du Sud. En France, les données de l'ADEME montrent que le taux d'équipement des ménages stagne à 25 %. Dans les hôpitaux, les services d'hospitalisation conventionnelle (gériatrie notamment) affichent un taux d'équipement global inférieur à 30 %. Dans les Ehpad, la réglementation n'impose toujours pas la climatisation des chambres individuelles : elle exige simplement « au moins une pièce fraîche » collective par établissement. Le taux de chambres rafraîchies stagne à moins de 25 % à l'échelle nationale.
Pendant ce temps, dès que le thermomètre franchit 32 degrés, la France ferme des écoles, annule des festivals, supprime des fêtes, convoque des réunions interministérielles. Pendant que la Sun Belt américaine maintient son économie à plein régime par 42 degrés, la France se fige aux standards de l'Europe du Sud.
Lee Kuan Yew et la leçon de Singapour
En 2000, interrogé sur l'invention la plus cruciale du XXe siècle, Lee Kuan Yew (le père fondateur de Singapour) n'avait cité ni Internet, ni l'informatique. Il avait répondu : la climatisation. En installant l'air conditionné dans les bâtiments officiels dès son arrivée au pouvoir, il avait permis à un petit port tropical insalubre de rivaliser en productivité avec les nations des climats tempérés. La climatisation n'est pas un gadget de confort bourgeois. C'est un outil de production, le prérequis pour maintenir l'activité économique, les services publics et les écoles opérationnels quand le climat s'enflamme.
La France a fait le choix inverse. Et ce choix ne repose pas seulement sur des contraintes budgétaires, il repose aussi sur une idéologie. La climatisation est diabolisée, présentée comme un péché environnemental, un caprice énergivore, une dérogation inacceptable à la vertu climatique. On somme le citoyen de s'adapter par la sobriété individuelle. On condamne l'ingénierie thermique au nom de la conscience écologique. L'Hiver, il fait froid : le citoyen se chauffe et il préserve ainsi sa santé et son bien-être. Imagine-t-on qu'on lui dise que c'est mal de le faire ? Avec la chaleur, c'est une autre histoire. Le citoyen doit en... suer !
La souffrance comme rédemption
C'est ici que l'analyse de Chaillot rejoint exactement la thèse que je cherche à développer (Voir aussi : « La pastorale de la peur : quand la météo devient instrument de gouvernement »). Il écrit, sans détour, que cette résistance à la climatisation relève d'une mécanique d'autoflagellation : dans le logiciel idéologique dominant, l'être humain est l'unique coupable du réchauffement, et la souffrance physique devient une forme de rédemption nécessaire. Puisque l'homme a péché contre la nature, il mérite de subir la chaleur sans artifice de confort. La pénitence corporelle se substitue à la solution technique.
Ce n'est pas une métaphore exagérée. C'est la logique exacte qui transparaît dans les discours publics chaque été : hydratez-vous, fermez vos volets, évitez les sorties aux heures chaudes. Des injonctions comportementales adressées aux individus pour compenser l'absence d'investissement dans les infrastructures. Pendant que l'État déploie des numéros verts et des spots culpabilisants, il laisse les chambres des Ehpad atteindre des températures létales et les classes surchauffer jusqu'à rendre l'enseignement impossible.
La pastorale de la peur climatique et l'absence de climatisation sont les deux faces d'un même refus. On ne résout pas le problème physique, on le retourne contre le citoyen. On lui fait peur. On le culpabilise. On le somme de souffrir avec dignité. Et quand il se rassemble pour fêter la musique, le 14 juillet ou la fierté, on annule, parce que des corps en mouvement sous la chaleur représentent un risque. Des corps dans des bâtiments adaptés et climatisés, ce serait une solution. Mais la solution, personne ne la finance, parce que la solution ne punit pas.
En attendant, qui souffre ? Pas ceux qui comme moi vivent dans une maison confortable, aérée, près du lac Léman ou près de ma piscine à Montpellier. Ceux qui sont dans les HLM au milieu du béton, sous les toits dans les villes., dans les anciennes chambres de bonne, au 5e sans ascenseur. Les pauvres, pour faire vite. La question de la climatisation et des inégalités de condition de vie renvoient à des questions sociales. Les pauvres souffrent, Yann Barthès ironise !
Conclusion : une démocratie vit aussi de ses fêtes
Le changement climatique est réel. Les incendies existent. La sécheresse impose des précautions. Ce n'est pas en débat. Ce qui est en débat, c'est autre chose : une démocratie peut-elle durablement fonctionner selon une logique où chaque risque conduit à une nouvelle interdiction, où la prévention remplace progressivement la responsabilité individuelle, où la fête devient une activité sous surveillance conditionnelle ?
Les sociétés libres ne vivent pas seulement de sécurité. Elles vivent de confiance : confiance en leurs citoyens, confiance dans leur capacité à juger, à choisir, à prendre des risques consentis. Ce sont les démocraties illibérales qui savent mieux que le peuple ce qui est bon pour lui.
Et peut-être est-ce cette confiance qui manque le plus lorsque, pour éviter un risque hypothétique de départ de feu, on finit par supprimer non seulement le feu d'artifice (ce qui était dans certains lieux raisonnable) mais le bal, le cinéma en plein air, le pique-nique républicain, la Marche des fiertés, et jusqu'au simple plaisir d'être ensemble un soir de fête nationale.
Un pique-nique annulé. C'est un détail. Peut-être. Mais regardez ce détail. Demandez-vous qui a pris cette décision, au nom de quoi, avec quelle légitimité. Et demandez-vous combien de pique-niques il faudra annuler avant que quelqu'un, quelque part, commence à poser la question.